La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

par

Temps de travail, salaires et retraites :
L’énorme surenchère de la gauche … et des autres programmes

On a l’habitude de juger individuellement et séparément chacune des mesures proposées par les candidats à la Présidentielle, sans tenir compte de l’effet de l’ensemble de ces mesures combinées. Noua avons réuni ici trois mesures chiffrables proposées par les candidats de gauche, concernant respectivement les salaires, la durée du travail et l’âge de la retraite. L’ensemble forme un cocktail détonnant et mortel pour les entreprises et la nation, sans même y ajouter les autres mesures, comme l’abrogation pure et simple des réformes récentes du droit du travail (loi El Khomri, ordonnances Macron, loi Borne sur l’assurance chômage) prônée par Mélenchon, Roussel, Poutou, la sixième semaine de congés payés ou encore l’interdiction des licenciements.

Tableau 1

Salaire, travail, retraites : Les propositions de la Gauche
Salaires Durée hebdo Age de la retraite
Melenchon 1.400€ smic net,
Majoration H.Sup,
1.400€ retraite mini
32 heures si pénibilté
ou travail de nuit
60 ans
Hidalgo Smic net +200 € « Réduction » Statu quo
Roussel F. Publique + 30%,
Egalité salariale H/F oblig.
32 heures 60 ans
Jadot Conf. Nationale par branche « Réduction » Statu quo
Poutou + 400€ pour tous,
Interdiction H. Sup
32 heures 60 ans
Arthaud + 300 à 500€ pour tous « Réduction » 60 ans

Un cocktail terrifiant et mortel.

Surtout, le cocktail des trois mesures concomitantes sur le travail proposées par les candidats de gauche, à savoir l’augmentation des salaires minima, le passage aux 32 heures et la retraite à 60 ans, aboutit à un effet terrifiant, tant pour les entreprises que pour l’économie de la Nation en général.
Sur la nécessité de prendre en compte l’effet d’ensemble des mesures, rappelons-nous par exemple le passage à 35 heures payées 39 : le gouvernement (de gauche) à l’époque n’a pas pu faire autrement que de compenser le coût pour les entreprises par une réduction des charges sociales, pour un montant de 22 milliards. Question même pas évoquée dans les programmes des candidats prônant le passage à 32 heures.

Pour les entreprises.

Le passage du Smic net à 1.400 euros (contre 1.269 euros actuellement) pour Mélenchon, mais encore bien plus pour Roussel (plus 30% dans les fonctions publiques !), Poutou ou Arthaud, signifie un Smic horaire à 11, 66 euros (contre 10,57 actuellement). Si l’on ajoute le passage à 32 heures (bien entendu payées 35), le Smic horaire passe cette fois à 12,75 euros, ce qui est absolument insupportable pour les entreprises, et ne peut que se traduire que par des licenciements et des faillites en grand nombre. Il faut encore ajouter l’effet chiffrable (mais non calculé ici) pour les entreprises de la sixième semaine de congés payés
Ajoutons qu’une augmentation du Smic se répercute en général jusqu’à 1,5 Smic, avec pour effet un embouteillage généralisé à ce niveau et un écrasement de l’échelle des salaires qui fait que la France est déjà le pays de l’OCDE dont le rapport salaire minimum/salaires médian est le plus élevé (62%). D’autre part, la perte de cotisations sociales serait considérable du fait qu’au niveau du Smic les cotisations employeurs étant réduites à 0, l’augmentation inévitable du nombre de salariés au Smic priverait la sécurité sociale de ressources importantes.

Pour la Nation.

On sait que la France se distingue par le faible nombre d’heures travaillées globalement par an ainsi que sur la vie entière de ses citoyens, d’où la faiblesse de son PIB et de la richesse par tête, donc de ses ressources etc. L’ensemble des trois mesures évoquées aurait pour résultat une chute encore plus drastique des heures travaillées : passage aux 32 heures, augmentation des bas salaires et retraite à 60 ans se combineraient pour un résultat que l’on n’ose même pas imaginer.
Au sujet de l’âge de la retraite, il importe de combattre un argument fallacieux développé même chez Marine Le Pen par exemple, selon lequel il ne servirait à rien de reculer cet âge dans la mesure où cela n’aboutirait qu’à augmenter le chômage ou les bénéficiaires du RSA. C’est le contraire, car plus l’âge est avancé, plus le nombre de salariés de 60 à 64 ans diminue, et vice versa. C’est ce que les économistes appellent la « distance à la retraite ». Les salariés ne trouveront – ou ne chercheront - plus de travail à partir de 55 ans s’ils partent à 60 ans. Le passé à largement confirmé ce phénomène, et c’est même le point positif majeur de la réforme des retraites de 2003, qui a abouti à ce que le pourcentage des salariés de 55/64 passe de 38% à 54% en l’espace de moins de 20 ans, bien que ce pourcentage soit encore très inférieur au pourcentage européen (60%), sans même évoquer le cas de l’Allemagne (72%). Comme on peut s’y attendre, le déficit le plus important est enregistré pour les 60/64 ans, avec -13% par rapport à l’Europe. C’est évidemment une conséquence de l’âge de la retraite français. On peut imaginer ce que serait à ce sujet le résultat catastrophique d’un retour à la retraite à 60 ans…
Plus généralement, on retrouve l’idée fausse que le travail est une quantité fixe (les « parts de gâteau ») , et que les vieux prennent le travail des jeunes, ce dont les pays du Nord démontrent la fausseté (les vieux travaillent beaucoup plus pour un chômage bien plus faible).

Le candidat Mélenchon.

Il est celui qui additionne tous les effets nocifs. Certes, on lui accordera que sa proposition sur le Smic n’est pas la plus élevée (plus 10%), mais elle se combine avec un minimum retraite du même montant (pus 55% !), et une embauche d’un million de fonctionnaires ( !!). On lui accordera que les 32 heures ne seraient obligatoires que pour le travail pénible ou de nuit, mais le concept est trop vague.
En revanche, la retraite à 60 ans est un de ses marqueurs, et il faut ajouter son retour en arrière sur une réforme absolument essentielle de Macron, à savoir la liberté laissée aux entreprises de négocier des accords dérogeant aux accords de branche. C’est une réforme qui a beaucoup compté pour l’emploi et que les investisseurs étrangers ont salué.
Le candidat est aussi partisan de la sixième semaine de congés payés, et sa conception du droit du travail est celle d’une véritable dictature exercée par les syndicats.
[Encadré. Le coût des réformes sur les retraites proposées par Mélenchon, selon l’Institut Montaigne.
Voici ce coût, en milliards d’euros :

Annulation des mesures d’âge et de cotisations depuis 2003 36
Prise en compte des 10 dernières années (au lieu des 25) 24
Indexation sur les salaires (au lieu des prix) 1,8
Prise en compte du RSA et revalorisation 24
Total 85,8

En outre, la pension minimum à 1.400 euros coûterait entre 12 et 15,3 milliards, selon que la fonction publique serait ou non incluse.
Soit au total une augmentation de près d’un tiers du coût des retraites, qui passerait de 14 à 18% du PIB, contre une moyenne d’environ 10% en Europe, à condition encore que celui-ci ne diminue pas !]

Note sur les propositions de Marine Le Pen et Valérie Pécresse.

Ces deux candidates ont hésité, et hésitent encore sur les mesures électoralistes dites de gauche.
Il s’agit pour Le Pen du retour à la retraite à 60 ans, sur lequel elle recule en se contentant de la limiter aux carrières longues. Mais on ne voit pas bien ce en quoi elle modifie le régime actuel, et ce n’est donc pas clair.
Pour Pécresse, pour favoriser le pouvoir d’achat, la proposition est l’augmentation de 10% des salaires, maintenant prévue sur 5 ans au lieu d’un an, que son équipe avait auparavant jugée, à raison, infaisable. Il est indiqué qu’il s’agit d’euros constants, « hors inflation » - autrement cela n’aurait pas de sens. Mais, compte tenu notamment de l’inflation en cours, ce n’est pas vraiment crédible. D’autre part, la candidate veut que cette augmentation s’applique aux salaires jusqu’à 2,2 Smics. Or le gouvernement n’a le pouvoir que de décider du Smic, pas au-delà. Comment ferait-elle alors jusqu’à 2,2 Smics ? Elle ne pourrait que se reposer sur la décision des entreprises, et dans ce cas quoi de neuf ?

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Conclusion. La surenchère des aveugles.

A l’approche des élections, tous les candidats font de la surenchère socialo-démagogique à vrai dire, et tous lancent des propositions sans se préoccuper de l’effet qu’elles pourront avoir une fois combinées, et qui plus est dans un contexte mondial extrêmement particulier, où le spectre de la guerre rencontre l’urgence climatique alors que la pandémie n’a pas dit son dernier mot.
Mais les candidats de gauche mettent les bouchées doubles – ou triple – sans se préoccuper des réactions comportementales des Français ni du monde qui entoure leur pays, comme Mélenchon prétendant mettre l’Europe et la finance au pas de ses exigences.
Ajouter la montée des salaires au « moins de travail » et à la retraite à 60 ans aura fatalement pour effet d’augmenter le chômage par disparition de l’emploi et des entreprises, l’appauvrissement de la Nation et corrélativement celui de l’Etat. En particulier, la retraite à 60 ans fera reculer le taux d’emploi des 55/64 ans vers le niveau qu’il avait antérieurement, soit de 54% à 39%, sachant que cette catégorie d’âge concerne 8,4 millions de personnes : un recul qui pourrait atteindre au moins 1 million d’actifs.
Inflation : le double remède. Il y a quelques jours, on apprend de source ministérielle que le Smic va de nouveau devoir augmenter cet été du seul du jeu automatique de sa formule d’indexation sur l’inflation. Il s’agirait de 32 euros. Cette deuxième augmentation en quelques mois ferait déjà passer le Smic mensuel brut de 1.589 à 1.635 euros, soit + 2,9%, et le Smic horaire de 10,57 à 10,78 euros. Mais on oublie que parallèlement, l’Etat a institué des compensations versées aux ménages pour corriger l’effet de l’inflation, à laquelle l’indexation du Smic a précisément pour but de remédier elle aussi ! (l’indemnité inflation de 100 euros versée à 38 millions de Français, plus 1,2 milliard pour le gel du prix du gaz, et 5,9 pour le gel du prix de l’électricité, soit au total 10,9 milliards de « cadeaux » aux ménages)[1].
On savait déjà comment aller dans le mur en klaxonnant, on sait maintenant comment accélérer. Ce qui n’empêche pas Anne Hidalgo de crier à la « violence sociale inouïe » du gouvernement. Propos électoraliste ? Il est temps que cette période préélectorale se termine.

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Vos réactions à cet article (2) :

Temps de travail, salaires et retraites :

le 21 mars, 15:33 par gerard dosogne

En ce qui concerne la proposition de V Pécresse soit 10% net de l’inflation sur 5 ans , c’est possible jusqu’à 2,2 fois le smic ( et meme plus suivant la baisse des charges décidée) . En effet , l’augmentation immédiate de 3% se fait par une diminution identiques des charges patronales ( sur les retraites) donc cout zéro pour l’employeur . Celui qui ne jouerait pas ce jeu se verra couper des subventions . Et pour la suite , soit les 7% sur 4 ans, idem : les entreprises qui ne joueraient pas ce jeu là se verraient couper les subventions ou tout autre aide de l’état.


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