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Syndrome de Georges Marchais

Georges Marchais est un homme politique français qui a démarré sa carrière syndicale, puis politique après la deuxième guerre mondiale passant par la CGT puis le Parti Communiste dont il fut membre du Comité Central puis Secrétaire Général jusqu’en 1997, ayant pris la succession de Maurice THOREZ.

Remarquable débatteur, en particulier à la télévision, sa célébrité dépassa largement son camp idéologique, et ses formules et messages furent la voix emblématique de la gauche française jusqu’à la renaissance du Parti Socialiste sous la conduite de François Mitterrand.

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Je me suis intéressé à ce personnage car, en dehors des formules célèbres du genre « Taisez-vous Elkabbach », cet homme a eu, durant toutes ces années, un message annuel quasi unique : « cette année, une fois encore, la situation des Français s’est encore détériorée par rapport à l’année précédente, comme d’ailleurs l’année passée ». Et pourtant, il a démarré sa carrière politique au tout début des « 30 glorieuses », période de prospérité en France s’il en fut, laquelle a été suivie de 20 ans supplémentaires de croissance à 2% et plus, ininterrompue, jusqu’à sa retraite politique de fait.

Le PIB français par habitant en dollars Geary-Khamis[1] dont l’indice tournait aux environs de 4.500 avant-guerre, est passé de l’indice 3.819 entre 1946, conséquence de la guerre, à 19.955 en 1995 ! Pour simplifier, le niveau de vie moyen des Français a été multiplié par cinq en cinquante ans. Et pourtant, quelqu’un a pu affirmer au vu et au su de tous, sans être immédiatement contredit ni mis au pilori, que le niveau de vie avait diminué chaque année ! (en fait, 2 années sur cinquante ont connu une légère régression : 1975 et 1991). Plus visuellement, le Français de 1945 vivant dans une chambre avec l’eau sur le palier, un vélo et 15 jours de congés payés, vivait en 1995 dans un appartement, avec une voiture et 4 à 5 semaines de congés, parfois plus. Tout ceci sans même évoquer l’évolution de l’espérance de vie et autres bienfaits de la société de consommation. Dans le même temps, la répartition de la richesse a vu l’indice de Gini[2] français passer de 0,50 à 0,30, divisant par 2 ou presque les écarts de revenus entre ces mêmes Français, ce qui reflète sans aucune contestation possible la diminution drastique des inégalités.

Et pourtant, un nouveau chantre du catastrophisme, j’ai nommé M Thomas Piketty, fait la une des journaux alors que M Jean Tirole, tout de même prix Nobel d’Économie, est considéré avec condescendance car il a, globalement, observé et accepté la fantastique puissance et réussite de l’économie libérale, voire a participé à son amélioration. Pour information, en parallèle, le pourcentage de pauvres dans le monde selon la définition de l’ONU, n’a jamais été aussi bas, et l’objectif de recul de la pauvreté dans le monde fixé pour 2015 a été atteint en 2013 ![3]

Quelles conclusions tirer de tout cela ? La première est que les faits sont une chose et la perception une autre : le catastrophisme et la récrimination font recettes comme les crimes et les attentats en matière de journalisme. Ce ne serait pas grave si cela ne nous amenait pas à des choix politiques qui vont quasi systématiquement à l’encontre des décisions susceptibles d’améliorer la situation économique et en particulier le chômage, pourtant plaie principale de notre système de développement. Une large partie de l’opinion publique, en gros la gauche, n’a eu de cesse que de casser ou au moins enrayer le bon fonctionnement de la machine qui la fait vivre ! Alors qu’un travail collectif d’amélioration et de mise au point serait bien entendu le bienvenu et bénéfique pour tous. Cette « machine » est loin d’être parfaite, tout le monde en convient, encore faut-il la laisser fonctionner et ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Observons plutôt comment s’y prennent les Allemands, ou d’autres pays étrangers qui ont mieux réussi que nous.

Une autre explication serait tout bonnement l’envie. L’égalité ne peut être atteinte que par l’alignement, voire le nivellement. Deux solutions sont possibles : par le bas ou par le haut ? Il est clair que par le bas est moins difficile. Si atteindre l’égalité consiste à rendre tout le monde pauvre, la solution est à portée de la main. Ce n’est tout de même pas très enrichissant. Dois-je considérer que mon voisin, riche, m’a volé ? Ou bien dois-je essayer de devenir comme lui ? Au passage, la nature a donné à certains des yeux bleus, à d’autres bruns : devons-nous, par égalité, aligner également la couleur des yeux et si oui, sur laquelle ?

Le vrai problème n’est en fait pas là, mais dans notre aveuglement idéologique permanent : au lieu d’observer des faits et d’en sortir une théorie, nous inventons des théories que nous justifions ensuite, non par des observations contradictoires, mais par des affirmations péremptoires, façon Georges Marchais. Qu’on le veuille ou non, la révolution industrielle et le capitalisme libéral ont amené l’humanité à un niveau de bien-être matériel moyen inconnu historiquement et inespéré, même s’il a égratigné la planète. Les migrants le redisent chaque jour avec leurs pieds. Que cela pose des problèmes de généralisation et de continuation, certes, mais, par pitié, ne cassons pas, perfectionnons et améliorons ! Il y a encore à faire.[4]

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Messages (2)

Parallèle episcopal

le 26 octobre 2015, 08:07 par Olivier Collomb

Le syndrome signalé est aussi épiscopal.
Ainsi M. Dagens, évêque d'Angouleme, voyait en 1996 " aggravation des fractures sociales, (...)développement du chômage et de la précarité, apparition de couches sociales dont la misère semble devenue le destin (...) situation difficile faite aux immigrés présents sur le sol de notre pays (...) sentiment oppressant que la misère est une fatalité à subir et qu'elle peut facilement entraîner l'exclusion (...) société cassée"
Le catholicisme épiscopal français continue aujourd'hui dans la même veine sauf qu'il traite beaucoup moins du chômage comme tout le monde.

Georges Marchais, ou Pierre Douglas...

le 16 novembre 2015, 09:04 par GAUTHIER

ou bien Thierry Le Luron ? La "célèbre phrase" n'a jamais été prononcée par Georges Marchais. Celui-ci, du reste, commençait certes à ne plus être en phase avec l'époque mais le "vivre ensemble" et la cohésion "nationale" se portaient mieux qu'aujourd'hui...il n'est pas certain que le retour des roublardises "radicales" modèle"Belle Époque" soient plus supportables...


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