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Richesse, emploi et entrepreneuriat : le lien


mardi 18 octobre 2016, par Bernard Zimmern

Dans une vidéo publiée sur YouTube en 2012 et vue depuis par plus de 19 millions de personnes, les auteurs dénoncent les inégalités insupportables des patrimoines américains en montrant (empilement vert de l’image ci-dessous) que les patrimoines sont beaucoup plus inégalement distribués que ce que l’Américain moyen pouvait supposer ou souhaiter (courbes en blanc).

Cette vidéo se sert parfois des revenus au lieu des patrimoines pour dénoncer les inégalités en affirmant que le 1% le plus riche détient 40% de la totalité du patrimoine ou 24% des revenus.
Ils s’indignent de ce que le bout coupé sur la copie ci-dessous, la part du 1%, le centile plus riche, soit si haut que le CEO, le président de société, gagne 380 fois la paie annuelle d’un travailleur moyen.
Cette vidéo reprend sous une forme condensée les thèses économiques développées par les égalitaristes, dont deux prix Nobel et de nombreux économistes de gauche ou d’extrême gauche.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=QPKKQnijnsM

Les chiffres publiés par ces économistes sont souvent exagérés (les 40% du patrimoine seraient 34%) mais la preuve existe de ces inégalités et même de leur croissance dans les 40 dernières années.

On peut cependant exprimer quelques doutes sur l’explication avancée par la plupart de ces économistes qui imputeraient ces inégalités à des salaires démesurés attribués aux dirigeants et hauts cadres de ces entreprises ou comme la vidéo ci-dessus aux salaires des CEO, les PDG américains.

En effet, lorsqu’on va sur internet rechercher combien il y a de tels CEO (chief executive officer), on en trouve de l’ordre d’une dizaine, par exemple sur le site conjoint des syndicats AFL-CIO (http://www.aflcio.org/Corporate-Watch/Paywatch-2014/100-Highest-Paid-CEOs) où ils seraient 9.

L’enquête du SCF (Survey of Consumer Finances de la Banque Fédérale) de 2013 montre que les ménages américains qui déclarent un revenu supérieur à 50 millions de dollars sont 746.

Même si l’imprécision est certaine sur ce chiffre dans une enquête qui ne porte que sur 6 000 foyers (mais dont 1 500 choisis au hasard sur la liste établie par l’IRS, la direction des impôts, des quelques 1,2 millions de ménages figurant dans le 1% des plus hauts revenus), nous ne sommes visiblement pas dans les mêmes ordres de grandeur.

Qui sont alors les riches revenus ?
Le SCF apporte sur ce point des informations capitales.

En premier lieu, il dit pour chaque ménage s’il a une participation dans une entreprise privée, définie comme une entreprise non cotée (question X 3103) et, plus précisément si ce ménage est actif dans une ou plusieurs entreprises en y exerçant un rôle dirigeant (question X 3104).

Selon cette définition, plus de 70% des Américains les plus riches se déclarent entrepreneurs actifs et nous verrons que plus des deux tiers d’entre eux ont créé leur entreprise et l’ont fait grossir en y investissant régulièrement pendant en moyenne une vingtaine d’années.

Mais ce que n’ont pas vu ou voulu ignorer les égalitaristes, c’est l’origine de ces inégalités : elles ne se situent pas dans des super salaires de dirigeants d’entreprises mais bien dans le fait que ceux qui sont devenus riches le sont devenus essentiellement par la création d’entreprises et d’emplois.

Ceci était déjà apparent dans les analyses pratiquées à partir de l’enquête annuelle de la revue Forbes sur les fortunes américaines : elles montrent que 67% des milliardaires le sont devenus par les entreprises qu’ils ont créées ou développées ; ils sont 90% si l’on inclue leurs parents.

La grande enquête triennale du SCF permet d’aller beaucoup plus loin et de montrer que ces riches sont des entrepreneurs, dirigeant d’entreprises et, dans les deux tiers des cas, leur créateur.

L’intérêt de cette présentation vidéo de Youtube est d’avoir mis côte à côte les 310 millions d’Américains ou pour le SCF les 120 millions de ménages (foyers fiscaux) qui la composent et de s’en servir comme d’une échelle de mesure.

Reprenant les données du SCF, voilà ce que donne en utilisant la même échelle et en partant des plus pauvres le pourcentage d’entrepreneurs actifs dans la population.

De même, dans le graphique ci-dessous, nous avons représenté les emplois des entreprises que ces entrepreneurs actifs animent.

En toute exactitude, la ventilation de la vidéo donne le nombre de personnes dans chaque centile alors que la courbe que nous lui avons superposée donne le pourcentage d’entrepreneurs dans la population ayant un revenu supérieur au revenu du centile considéré. Si au lieu d’un cumul nous avions la densité, la superposition des deux courbes serait encore plus nette.

Mais elle permet déjà de constater que plus on considère des Américains riches, plus le pourcentage d’entrepreneurs augmente.

Et, plus important, plus on monte dans l’échelle des revenus, plus le nombre d’emplois de leurs entreprises grimpe.

Voilà ce que donne le cumul des emplois des entrepreneurs d’entreprises non cotées des ménages américains, organisés par revenus croissants : on voit que le cumul de ces emplois accélère vers les revenus les plus élevés.

Le lien entre niveau de richesse et emplois est apparent sur le tableau synthétique ci-après :

MAIS LES REVENUS LES PLUS ELEVES LE SONT-ILS PARCE QU’ILS EMPLOIENT PLUS DE MONDE, PLUS D’ESCLAVES ?

OU SONT-ILS PLUS RICHES PARCE QU’ILS ONT CREE CES EMPLOIS EN INVESTISSANT ET EN PRENANT DES RISQUES ?

REPONSE DANS LES PROCHAINS DOSSIERS.



 
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