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Qatar, le sport pris en otage par la politique

Les médias, avec une partie de la gauche, se passionnent pour la question du respect des droits de l’homme par le Qatar – en y ajoutant les récriminations écologiques sur le coût en CO2 de la manifestation. Faut-il donc boycotter la Coupe du monde, voire perturber les rencontres ou l’ensemble de cette manifestation ? A la réflexion, les protestations médiatiques et appels au boycott n’apparaissent, une fois de plus, que comme une tentative de récupération à des fins de communication politique d’un événement qui n’a aucun lien avec la politique. C’est la politique qui s’immisce dans le sport, lequel n’en peut mais.

Oui, les exemples abondent de l’immixtion de la politique dans le sport : c’est une prise d’otage

Certes en effet, on considère depuis toujours que les événements sportifs sont d’une telle importance internationale que les responsables politiques en exercice se croient obligés d’envoyer leur meilleure représentation diplomatique assister à leur ouverture, par exemple à celle des Jeux olympiques. Mais ce sont ces responsables qui le décident, pas les organisateurs ni les sportifs participants !
Les exemples abondent en effet : les JO de Berlin de 1936, où la légende prétend que le Führer a refusé de serrer la main de Jesse Owen, alors qu’il attendait la victoire du sprinter allemand – cela dit Jesse Owen n’a pas manqué de remarquer que, revenu aux Etats-Unis, le Président Roosevelt (une avenue porte son nom à Paris) n’a ni rencontré ni même félicité l’athlète noir, qui est resté privé de ses droits civiques. Mieux vaut commencer à balayer devant sa porte ! Melbourne 1956 : Trois pays européens refusent d’envoyer des sportifs pour protester contre l’invasion de la Hongrie, cependant que trois pays du Golfe font de même pour protester contre la guerre du canal de Suez. Mexico 1978 : ce sont cette fois les sportifs américains eux-mêmes qui profitent de leur victoire pour brandir leur poing ganté. Montréal 1976 : ce sont les pays africains qui refusent leur participation aux JO au prétexte de la présence de la Nouvelle-Zélande, laquelle avait disputé l’année précédente un match de rugby contre l’Afrique du Sud ! Et encore les boycotts des USA à Moscou et des pays de l’Est à Los Angeles, pour finir par Pékin 2022 (boycott américain des JO d’hiver pour protester contre le traitement des Ouïgours).
A ce compte-là, le boycott devrait être généralisé, et les JO ne devraient plus exister, tant les pays ont de raisons pour se reprocher mutuellement de ne pas accepter leurs propres valeurs, que chacun juge bien entendu universelles[1].
Le comble de la confusion mentale et du ridicule est atteint lorsqu’un auteur[2] qualifie de « honte absolue » le refus du capitaine de l’équipe de France, Hugo Lloris, de porter pendant la compétition le brassard arc-en-ciel (symbole de LGBTQ+). Pourquoi pas d’ailleurs aussi celui d’Amnesty international, mais il lui faudrait au moins trois bras ! Au nom de quoi quelqu’un qui vient disputer une compétition de football devrait-il porter le brassard LGBT ? Parce qu’il représente la France ? Mais il la représente en tant que footballeur, pas comme manifestant en faveur des homosexuels ! Et n’est-ce pas son droit de ne pas désirer manifester en faveur d’une quelconque communauté ? Sinon, la prise d’otage deviendrait alors du terrorisme…

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Un peu de cohérence, s’il vous plaît

Comme le dit le chef de l’Etat, ce n’est pas la veille de la compétition qu’il faut se réveiller. C’est au moment du choix du Qatar comme lieu de la Coupe du monde qu’il fallait refuser sa désignation. C’est-à-dire le 2 décembre 2010, et c’est la FIFA qui l’a décidé, pas un organisme politique. Un journal comme Libération n’avait réagi à l’époque qu’en qualifiant ce choix « d’étrange » en raison de la petitesse du Qatar et de l’absence de référence du pays en matière de football, mais nullement pour son irrespect des droits de l’homme.
François Hollande s’est exprimé sur la question en disant que s’il était chef d’Etat, il ne se rendrait pas au Qatar – tout en reconnaissant que comme il ne l’était plus, sa position est « un peu facile ». Effectivement. Devenu Président deux années après le choix du Qatar, décidé sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il déclarait que ce choix était parfaitement justifié, et en 2015 il se rendait à Doha pour assister à la signature par Dassault de la vente d’avions Rafale…Et en 2011, le Qatar avait acquis 70% des parts du PSG. Voit-on boycotter les rencontres du PSG au prétexte que c’est au Qatar qu’il faut attribuer la réussite du seul club français au top de la hiérarchie mondiale du football ? La tartufferie est le privilège des chefs d’Etat, pour la bonne cause bien entendu, Machiavel l’a dit. Elle ne doit pas l’être celui des partis politiques ou des citoyens.

Conclusion

Quoi qu’il en soit, quand le vin est tiré, il faut le boire, et il aurait été impensable que le chef de l’Etat actuel, garant de la continuité politique et diplomatique, déclare autre chose que le sport ne doit pas être politisé. Plus simplement, la prise d’otage du sport par le politique ne relève que de la manipulation médiatique, de plus inefficace.

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Vos réactions à cet article (1) :

Qatar, le sport pris en otage par la politique

le 21 novembre, 15:51 par gerard dosogne

merci Bertrand pour cet article .
N’oublions pas la "drame" de Paris qui empêche les amateurs , souvent les jeunes, du plaisir de vibrer dans les fan zones...


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