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Politiques de l’Etat : les petits boulots


lundi 26 mars 2012, par Bernard Zimmern

L’examen de la structure des créations d’emplois au cours des dernières années montre qu’une grande partie de la création d’emplois en France s’est faite dans des petits boulots, comme les services à la personne.
Petits boulots dont la création est extrêmement coûteuse pour l’État et la collectivité.
Des politiques de création de "vraies" entreprises par des Business Angels ne coûteraient-elles pas beaucoup moins cher et ne permettraient-elles pas d’exporter ?

Quand on parcourt les politiques menées par les différents gouvernements français depuis 1974, date d’apparition du chômage, on constate qu’elles sont dirigées soit vers des formations pour adapter les chômeurs à l’emploi, mais sans créer d’emplois, soit vers la création de petits boulots tels que les services à la personne.

Nombre de personnes occupées (en milliers) dans la population des entreprises actives en t avec 0 salarié
GEO/TIME 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Allemagne (incluant l’ancienne RDA à partir de 1991) 1730 1605 1614 1602
France 1282 1350 1382 1626
Royaume-Uni 535 515 501 473 458 436

Source : Eurostat

On voit l’importance que prend en France les emplois dans les entreprises avec 0 salariés.

Ceci est complété par l’examen des emplois créés dans les entreprises de service à la personne.

Le coût des petits boulots.

L’ACCRE, dispositif d’avance puis de subvention aux créateurs d’entreprise, créé en 1977, n’attribue que quelques milliers d’euros au chômeur créateur.

De même, le dispositif EDEN, aide à l’émergence d’entreprises nouvelles est un dispositif de prêts d’honneur avec des montants inférieurs à 30.000 euros et généralement de l’ordre de quelques milliers d’euros.

Ces dispositifs sont généralement gérés par la Caisse des Dépôts qui se trouve aussi être le grand bénéfacteur de l’ADIE, association pour le droit à l’Initiative économique.

Une analyse de 2005 (http://www.ifrap.org/Le-micro-credit-est-il-une-voie-d-avenir-pour-la-France,552.html) notait que pour 16,2 millions d’en-cours de prêts en 2004, l’association touchait 15 millions d’euros de subventions pour un budget de dépense de 16,5 millions.

Ces chiffres, de même que le coût exorbitant des autres dispositifs publics sont confirmés par une étude du BIT et du secrétariat d’État à l’Économie solidaire de mars 2002 qui donnait 1,80 euro de coût par euro de prêt pour l’ADIE, 2 euros pour le dispositif EDEN.

Inutile de dire que la généralisation de tels prêts entraînerait la faillite de l’économie.

Le dispositif ADIE s’est depuis un peu amélioré – peut-être avec des bureaux moins somptueux – puisqu’un rapport de l’Inspection des finances du 30/9/2010 indiquait qu’il ne fallait plus à l’ADIE pour équilibrer ses coûts que d’envisager un taux d’intérêt sur prêts de 32%...

L’aide aux petits boulots, hors des avantages politiques tirés par les gouvernants qui voient se réduire le taux de chômage et des organismes de distribution de prêts ou de subventions, qu’ils soient publics ou privés, qui en vivent, est donc extrêmement coûteuse et en tout état de cause ne nous apporte pas les entreprises capables d’exporter.



 
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