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Piketty, les revenus des plus riches Américains baissent sur 13 ans

Même si la part dans l’économie du 1% le plus riche a légèrement progressé au cours des dernières années, leurs revenus demeurent plus faibles qu’ils n’étaient avant les deux dernières crises.

La bataille actuelle contre les inégalités repose uniquement sur les chiffres. Plusieurs bases de données, souvent particulièrement détaillées, nous permettent de suivre dans le temps les évolutions des différents groupes dans la société. Même si la plupart d’entre eux sont évidemment abstraits, comme le fameux 1%, cela ne décourage pas les politiques ni les médias qui se trouvent toujours des sympathisants.

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La partie la plus absurde de ce débat commence quand les combattants des inégalités se mettent à raisonner en pourcentage. Est-ce vraiment inquiétant que la part du 1%, il y a plusieurs décennies, ait été légèrement plus faible qu’actuellement ? Si l’on commence à entrer dans les détails, il faut d’abord préciser que les personnes, définies comme le 1%, ne sont pas les mêmes aujourd’hui qu’autrefois. En outre, la société a sensiblement évolué, il ne reste presque plus d’héritiers dans le 1% américain, 85% de leur patrimoine étant des fortunes de la première génération[1]. Sans oublier le développement phénoménal de notre économie, avec les marchés financiers, qui sont désormais le thermomètre de la santé économique, puisqu’ils reflètent tous les succès comme les risques.

En réalité, les revenus, comme les patrimoines du 1% évoluent tous les jours, et pour comprendre la nature de cette évolution, il faut regarder la valeur absolue des revenus, sans raisonner en pourcentage. Comme toutes les bases de données, qui s’intéressent au 1%, ont toutes leurs avantages et inconvénients, prenons celle de Thomas Piketty[2].

L’évolution du revenu moyen du 1% n’est pas uniforme, et la hausse compense souvent la baisse des années précédentes. Ce phénomène est connu par tout économiste comme la « prime de risque », soit une récompense associée à tout investissement à risque dans les conditions de l’incertitude.

Autrement dit, le revenu moyen du 1% n’a pas progressé aux États-Unis dans la période aux alentours des deux dernières crises, et était même légèrement plus faible en 2011 qu’en 1998, exprimé en dollars constants.

Ce débat sur les inégalités reste purement idéologique, incité par les intéressés pour rendre la redistribution encore plus importante et ainsi justifier la forte présence de l’État dans l’économie. Il est réellement regrettable qu’une simple jonglerie des chiffres puisse causer des dégâts importants, comme démolir le rôle des entrepreneurs, qui sont près des trois quarts du 1% américain, et ont plus de la moitié de leur patrimoine investi dans les entreprises.

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