La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

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Mettre la gazelle au menu de Bercy

Il existe une grande cafétéria au ministère des Finances, à Bercy. Il existait, dans cette cafétéria il y a 10 ans, et elle existe peut-être encore, une salle spéciale pour les inspecteurs des finances. Le menu du jour y était très convenable, mais nous n’y avons jamais trouvé de gazelle.
Les jeunes entreprises à forte croissance, les gazelles, n’excitent pas l’appétit de nos fonctionnaires.

Et pourtant leur importance est reconnue depuis des années par l’OCDE[1], par les gouvernements de plusieurs pays développés, dont le Royaume-Uni[2] et l’Allemagne[3], par les organismes de recherche indépendants et même par les chercheurs universitaires. Ce sont les gazelles qui font prospérer l’économie, et donc, à terme, les rentrées fiscales dont se nourrit Bercy, en créant constamment des courants tourbillonnaires de capitaux et d’emplois marchands. Lorsqu’elles sont correctement financées, elles sont capables de se multiplier et de grossir extrêmement vite.

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Selon la définition officielle[4], les gazelles sont des entreprises de moins de 5 ans d’âge qui ont connu une croissance moyenne annuelle supérieure à 20% pendant une période de 3 ans. Cette croissance peut être exprimée, soit en effectifs, soit en chiffre d’affaires. Les entreprises sont censées avoir au moins 10 salariés au début de la période de croissance. Techniquement parlant, les gazelles représentent le sous-ensemble des entreprises à forte croissance (high-growth firms), des entreprises de tous les âges grossissant exceptionnellement vite.

Les gazelles sont importantes à identifier. Il faut les soutenir car elles seules peuvent créer la grande majorité des nouveaux emplois de l’économie. Ici nous citons des chercheurs suédois Magnus Henrekson et Dan Johansson[5] dont le travail remarquable était de rassembler une vingtaine de travaux fondamentaux sur les gazelles dans la plupart des pays européens et l’Amérique du Nord, ou bien des économistes britanniques Colin Mason et Ross Brown[6] qui indiquaient qu’« il existe de nombreuses preuves empiriques en support de la proposition que seule une petite proportion des entreprises, souvent appelées gazelles, créent la majorité des emplois dans toutes les cohortes de nouvelles entreprises ».

Bercy s’est renseigné la dernière fois sur les gazelles en 2006. Dans le cadre du programme Croissance PME[7], les fonctionnaires ont reconnu l’importance des gazelles mais n’ont rien fait depuis, que des dispositifs ciblés sur les chômeurs, pas sur les vrais entrepreneurs. Le résultat est qu’il n’y a presque pas de gazelles, que des micro-entreprises qui ont beaucoup de mal à survivre en ces temps difficiles.

Nos fonctionnaires sont-ils tous au régime maigre ? Apparemment.

Selon l’étude de l’IRDEME, en France nous créons 2 fois moins de gazelles avec 4 fois moins d’emplois que nos voisins britanniques, ce qui aggrave le chiffre du chômage et le nombre de personnes prises en charge par l’État. Ces personnes ne pourront jamais accéder à la cafétéria de Bercy, ou au menu de l’inspection des finances, plutôt bien préparé, mais sans gazelles.

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Vos réactions à cet article (2)

Mettre la gazelle au menu de Bercy

le 20 mars 2013, 11:27 par Jacques Ternoy

C’est l’affaire de Bercy, mais aussi celle d’entreprises installées qui gagneraient à entraîner dans leur sillage des gazelles, relais de développement pour leur propre futur.

Mettre la gazelle au menu de Bercy

le 20 mars 2013, 13:29 par meyer

Un cours intensif de marketing est indispensable pour tous ceux qui sont occupés à nous trouver toujours des solutions inapplicables.
jp meyer

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