Entreprises et Emplois marchands : Visions d’Entrepreneurs

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Mesdames et Messieurs les actionnaires, fuyez la France !

L’Assemblée Nationale vient d’adopter un amendement, contre l’avis du Gouvernement, qui porterait à 35% au lieu de 30% le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes qui dépasseraient de 20% la moyenne de ceux versés au cours des cinq dernières années.
Cette proposition est portée par le MODEM, soutenu bien évidemment par la NUPES et le RN. Il faut absolument taxer les « super-profits » et leurs abominables profiteurs, d’horribles capitalistes.

Mon entreprise s’est montrée très vertueuse pendant la période COVID, c’est-à-dire depuis 2020, par solidarité avec ses salariés au chômage partiel (qui eux n’ont strictement rien perdu financièrement), et a décidé de réduire de moitié les dividendes versés en 2020, 2021 et 2022 sur les résultats des exercices 2019, 2020 et 2021. Les actionnaires ont parfaitement compris et aucun ne s’est plaint.

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C’était également pour préserver sa trésorerie et être en capacité de rembourser les prêts garantis par l’Etat (PGE) qu’elle a souscrits pour passer la crise (qui est loin d’être terminée). Et éviter ainsi d’être dans l’obligation de serrer la vis, voire d’être contrainte de réduire ses effectifs (ce qui est toujours un crève-cœur pour un chef d’entreprise), voire de déposer son bilan et donc de mettre au chômage plusieurs dizaines de personnes.

Faisons le calcul : nous avons versé 100 en 2018 et 2019, et 50 en 2020, 2021 et 2022 (chaque fois sur les résultats de l’année précédente). La moyenne sur 5 ans s’établit donc à 350 divisé par 5, soit 70.

Les « 100 » versés en 2018 et 2019 représentaient 58% du résultat net après impôts, ces derniers (l’impôt sur les sociétés) étant d’ailleurs supérieurs aux dividendes versés ! Et ils représentaient 14% des salaires et traitements. Les « 50 » versés en 2020, 2021 et 2022, représentaient 28,8% du résultat net après impôts, ceux-ci étant toujours supérieurs aux dividendes versés. Et ils ne représentaient plus que 6% des salaires et traitements puisque ces derniers n’ont pas diminué.

Nos actionnaires s’étant montrés responsables, et les choses allant mieux, il serait normal que nous revenions désormais à notre politique antérieure de versement de dividendes, laquelle est extrêmement raisonnable. D’autant plus qu’entre-temps les salariés ont bénéficié pour leur part de primes Macron et de hausses de rémunération que d’aucuns prônent à grands cris « au nom de l’inflation ». Une augmentation oui, si c’est possible. Mais l’inflation n’a rien à voir là-dedans ! L’entreprise n’est en rien responsable de la hausse du coût de la vie, et sa politique salariale, comme celle des dividendes, n’est pas une affaire publique mais une affaire de bon management.

Donc si nous revenons tout simplement à notre politique raisonnable d’avant-Covid, sans même prendre en considération l’inflation, nos actionnaires, qui se sont montrés solidaires, seront pénalisés. Car si nous versons à nouveau 100, nous dépasserons la moyenne des 5 ans (100 / 70 = + 42,8%, au lieu du plafond de + 20%) et nos actionnaires seront « surtaxés ».

L’Etat n’a jamais rien compris à l’entreprise, il suffit de voir comment s’en sortent les entreprises publiques, et comment il a contribué depuis 40 ans, toutes tendances politiques confondues, à la ruine de l’industrie française. Il ne sait traiter des cas particuliers que par des mesures d’ordre général qui pénalisent et découragent tout le monde.

Félicitons nous plutôt que de grandes ou de petites entreprises françaises fassent des profits, et même des « surprofits » (mais qu’est ce qu’un surprofit ?). Elles sont elles-mêmes suffisamment responsables pour les répartir intelligemment entre leurs clients pour les attirer (car il faut bien en avoir sinon on s’arrête et les concurrents nationaux ou étrangers seront ravis de les récupérer), leurs salariés pour leur bien-être, et leurs actionnaires pour leur confiance, sans qu’il soit besoin de leur dicter voire de leur imposer leur conduite.

Morale de l’histoire : actionnaires, soyez vertueux, vous serez pénalisés. Actionnaires, fuyez la France ! Nos voisins proches ou lointains seront ravis de vous accueillir ainsi que votre argent et les emplois que vous créerez chez eux !

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