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Macron et la Démocratie « contre » représentative

En pleine nuit, la semaine dernière, lors de « la nuit du Capitole », notre président, Emmanuel Macron a considéré comme nécessaire de faire un communiqué à la télévision devant les trois drapeaux réunis des USA, de l’Europe, et de la France.

L’essentiel de son message : la démocratie représentative a été bafouée cette nuit-là dans ce que l’on considérait jusqu’à maintenant comme la première démocratie du monde, sinon modèle du moins exemple. Il a non seulement condamné fermement l’irruption sauvage des partisans de Donald Trump dans le Capitole à Washington et leur comportement, mais encore affirmé que la France soutiendrait envers et contre tout l’État de droit et cette forme de gouvernement, aux États-Unis bien sûr mais encore dans le monde en général, et en France, bien entendu. Il était clair qu’à ses yeux, l’ensemble de ses mécanismes étaient non discutables.

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Et pourtant, « en même temps », Emmanuel Macron ne s’est sorti de la crise des gilets jaunes qu’en faisant des concessions à la démocratie directe : à l’époque il a fait l’effort, louable à première vue, de rencontrer des Français, de parler avec eux, de les écouter, de leur répondre, sous la forme du grand débat national (12/18 à 03/19). Pourquoi pas ? Cela n’a pas complètement déminé la situation mais a probablement largement contribué même si c’est pour finir l’arrivée de la COVID 19, qui a en définitive arrêté le mouvement. À noter que le coût économique et financier a été conséquent et que de nombreux centres-villes, à commencer par celui de Paris, ont été saccagés et quasiment interdits de fréquentation tous les samedis pendant toute cette période.

Ce grand débat a accouché ensuite d’un certain nombre de mesures politiques et fiscales mais surtout de « la convention citoyenne sur le climat » laquelle a réuni un échantillon de 150 Français voulus représentatifs de la Nation. Cette dernière a débouché sur une série de propositions qui ont formé le socle d’une nouvelle loi présentée ces derniers jours à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Nous avons beau avoir une grande confiance dans les instituts de sondage et leurs connaissances de la représentativité, il existe tout de même un autre moyen, officiel celui-là, qui s’appelle « des élections » lequel forme le socle historique et habituel de la démocratie représentative.

Tout se passe comme si Emmanuel Macron avait inventé un système « bi représentatif » ou « la représentativité bicouche ». Il y a désormais la démocratie représentative officielle et constitutionnelle que sont l’Assemblée nationale et le Sénat. En même temps il y a des conventions d’opportunités constituées de citoyens dits représentatifs assistés d’experts qui eux sont soigneusement sélectionnés et orientés (voir en particulier le cas de l’écologie et du changement climatique) qui préparent l’opinion et le terrain pour la discussion officielle de la loi.

Notre président a inventé le tri camérisme : on discute désormais les problèmes trois fois au lieu de deux. Et comme chacun est persuadé bien entendu d’avoir raison nous avons au lieu de discussions organisées et rôdées entre l’Assemblée nationale et le Sénat, avec une procédure définie de priorité finale, une foire d’empoigne entre ces deux institutions et les diverses conventions qui de plus se répandent de manière inorganisée dans les médias.

Les conséquences de cette nouvelle organisation sont intéressantes :

• des discussions plus difficiles (à trois au lieu de deux)
• une remise en cause officielle de la démocratie représentative validée par les élections (un homme une voix)
• des coûts supplémentaires : il faut bien nourrir les conventionnels, les héberger etc.
• un fonctionnement démocratique perçu comme très aléatoire des conventions : la constitution finale de ces organisations est pour le moins opaque quand on voit qu’il y figure « par hasard » tous les porte-voix dûment mandatés du problème en jeu.
• un manque de science et d’expertise patent ou alors soigneusement présélectionnée et orientée
• une recherche d’équilibre dans les décisions qui se faisait professionnellement et sous l’influence de toutes les parties intéressées, auditionnées officiellement, devenu bancale par l’irruption des conventions populaires.
• Des décisions finales, prises tout de même par la démocratie officielle, mais qui ne satisfont pas les conventionnels qui sont en général jusqu’au-boutistes[1], ni les représentants officiels qui se sentent dévalorisés, ni Monsieur Toutlemonde qui lui ressent surtout les conséquences sur sa situation personnelle dont il a l’impression qu’elles n’ont pas été prises en compte.

Monsieur Macron a raison de soutenir la démocratie représentative urbi et orbi mais pas en organisant « en même temps » en sous-main sa destruction. L’expérience, antérieure des « Grenelle » y compris celui de l’environnement, avait sur la même idée mieux fonctionnée car elle avait réuni un panel plus large de politiques et de professionnels concernés qui avait débouché sur des solutions plus équilibrées et plus réalisables.

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Vos réactions à cet article (1)

Apres tan td ecomplaisance pour Trump , arretez de tirer sur Macron

le 14 janvier, 14:01 par gerard

Quelle exageration de dire que le Président actuel a inventé les Commissions, Grenelle .....Tous les Gouvernements l’ont fait et c’est largement parce que le Parlement , composé pour la plupart d’ex fonctionnaires, d’elus locaux ou de professionnels des Partis est certes representatif politiquement mais a de grandes insuffisances. De plus le Parlement francais est dominé par l’Executif et exerce peu sa fonction d’évaluation et de contrôle.
Mais surtout ce forum qui a été si souvent complaisant vis à vis de Trump pourrait au minimum faire amende honorable.

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