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Macron est-il libéral ?

Pour la gauche, Macron est un libéral. Mais pour les libéraux, qu’est-il ? C’est par une rétrospective de son action que nous tentons de répondre à cette question. Dans cette première partie, nous analysons les annonces portées par Macron et la première réforme qu’il a menée : celle de la transparence de la vie publique.

Macron est –il un libéral ? Pour un libéral, poser cette question n’est pas forcément légitime. Il n’y a pas de thermomètre mesurant le degré de libéralisme d’un homme politique. D’ailleurs le libéralisme présente des formes variées : politique (contre la dictature), sociétale (contre les interdictions inutiles), économique (contre l’interventionnisme). Répondre à la question est donc difficile. De plus, les libéraux, tolérants de nature et partisans de la liberté d’expression, ne sont pas très favorables à ce genre de classement. L’orthodoxie doctrinale n’est pas leur souci principal, à la différence des révolutionnaires d’extrême-gauche, parmi lesquels « un pur trouve toujours un plus pur qui l’épure ». Les libéraux n’aiment pas exclure de leur camp ceux qui se réclament du libéralisme tout en affichant quelques différences. Tentons cependant l’exercice.

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Les annonces

Si l’on s’en tient aux déclarations, écrits et programmes, Emmanuel Macron a tenu des propos agréables aux oreilles libérales. En novembre 2016, dans son livre « Révolution » : « Le pays vit pour l’administration et non l’administration pour le pays… Des centaines de structures subsistent qui devraient disparaître… Nous dépensons l’équivalent de 56% de notre richesse nationale, là où la moyenne de la zone euro est à un niveau de 49%. Nous pouvons le faire ».

Dans son programme électoral : « Tous les services publics accueillant du public (hôpital, école, tribunal, CAF, etc.) seront tenus d’afficher leurs résultats en termes de qualité de service… Nous créerons un versement social unique… Pour chaque euro cotisé, le même droit à pension pour tous ».

Dans son discours au Congrès le 3 juillet 2017 il déclarait : « Ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionnisme public, c’est l’État lui-même ». Son Premier ministre était aussi net le lendemain dans sa déclaration de politique générale : « Il y a une addiction française à la dépense publique ».

Emmanuel Macron a accordé une interview à la télévision le 15 septembre devant près de dix millions de Français. A quatre reprises, il y a mis en cause la jalousie : « Je n’aime pas la jalousie… Il ne faut pas être jaloux de ceux qui réussissent… Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire : il y a des riches ; taxons-les… Nous n’y arriverons pas si nous ne sortons pas de cette jalousie ». L’exploitation de cette maladie qui affecte particulièrement les Français est un énorme marché, dont vit la plus grande partie de la classe politique, de la classe médiatique, des deux millions de salariés des associations, des sept millions de fonctionnaires et quasi-fonctionnaires, et des neuf millions de pauvres dont une grande partie des ressources est constituée de prestations sociales. Emmanuel Macron a donc été le premier chef d’État français à avoir le courage de dénoncer cette maladie et en contrepoint de glorifier les entrepreneurs, qu’il a qualifiés de « premiers de cordée ».

Ces déclarations contribueront à modifier l’opinion des Français. Elles justifieraient l’érection d’une statue présentant Emmanuel Macron comme chef d’État le plus libéral que la France ait connu. Cependant les libéraux ne se contentent pas seulement de déclarations. Ils n’oublient pas que le ministre des Finances français qui a le plus augmenté les impôts est un ministre dit libéral, Alain Madelin. Ils jugent sur les actes, c’est-à-dire les lois et budgets publics.

Deux séries de lois importantes ont été votées depuis l’élection d’Emmanuel Macron : une « pour la confiance dans la vie politique" et des ordonnances sur le droit du travail. Peut-on en conclure que Macron est un libéral au regard de ces lois ? Dans cet article, nous analysons la première, celle pour la moralisation de la vie politique.

Moralisation de la vie politique

Emmanuel Macron avait annoncé dans son programme électoral : « Nous proposerons une grande loi de moralisation de la vie publique. Elle comprendra :

 L’interdiction pour les parlementaires d’exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat, pour mettre fin aux conflits d’intérêt. Toutes leurs indemnités seront soumises à l’impôt ;

 L’interdiction de toute embauche par un élu ou un ministre d’un membre de sa famille. L’interdiction du cumul de plus de trois mandats identiques successifs ;

 L’interdiction pour tous les détenteurs d’un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection ;

 La suppression du régime spécial des retraites des parlementaires ; ils seront rattachés au régime général ».

Or, les lois votées n’ont pas été vraiment conformes à ces promesses :

 Les activités de conseil sont maintenues, à condition d’avoir été commencées plus d’un an avant l’élection ;

 L’indemnité de frais de mandat (IRFM) n’est toujours pas imposable. Le député doit maintenant adresser des justificatifs à la « déontologue » de l’Assemblée. Mais celle-ci vient de déclarer qu’elle était incapable de les contrôler : le dispositif retenu « ne permet pas à la déontologue de contrôler que les dépenses des députés correspondent à des frais de mandat comme le prescrit la loi » ;

 Employer des membres de sa famille est bien interdit à un parlementaire, mais rien n’empêche un de ses collègues de les employer ;

 La « réserve parlementaire » qui permettait aux parlementaires de distribuer 136 millions d’euros de subventions à des associations ou des collectivités locales choisies par eux a été supprimée. Mais cette suppression est de façade, puisqu’elle a été remplacée dans la loi de finances pour 2018 par des crédits pour des subventions versées par les préfets, après avis des parlementaires, à des associations et collectivités !

 Les trois dernières promesses (pas plus de trois mandats identiques successifs ; le casier judiciaire vierge ; le régime général de retraites) n’ont pas été tenues ;

 La promesse de diminuer d’un tiers le nombre de parlementaires a peu de chances d’être tenue, puisqu’il y faut un changement de la Constitution, dont on peut douter de la réalisation ;

 Surtout deux mesures auraient dû être promises et votées :
1) l’interdiction de cumuler des rémunérations ou indemnités publiques avec celles du mandat parlementaire.
2) l’obligation de démissionner de la fonction publique pour un fonctionnaire élu parlementaire, ce qui est indispensable si l’on veut « mettre fin aux conflits d’intérêt » (comment un parlementaire peut-il voter impartialement un budget dont dépend son futur employeur ?).

La loi de moralisation de la vie politique a donc très peu mis en œuvre les réformes promises et celles qui auraient dû l’être. Pour les libéraux c’est une loi plus utile pour la communication du gouvernement que pour les changements qu’elle causera dans le comportement des élus. Dans nos deux prochains articles, nous étudierons les ordonnances sur le droit du travail, les dépenses publiques et les réformes à venir…

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Messages (4)

Résultat ?

le 21 janvier 2018, 16:51 par Picsou 75

du point de vue "terrain", la base n’a constaté qu’un seul changement fait par ce gouvernement : le gasoil a augmenté de façon considérable au 01 janvier. Je paye 20 euros de plus par plein !
En province, on ne peut pas faire autrement que de prendre son véhicule, pour travailler, faire ses courses etc... Attendons la suite, mais si ça continue comma ça, je lui donne moins d’un an avant que l’opinion se retourne brutalement !

Macron est-il libéral ? non !

le 21 janvier 2018, 17:17 par zelectron

l’interdictionnisme accompagné de l’obligatorisme sont les 2 mamelles de l’état français : aux citoyens les devoirs, à l’état (tous) les droits.

membre EPLF

le 21 janvier 2018, 18:34 par Jacques BENILAN

oui, merci Alain, execllent rappel de quelques promesses traitées ... bien modestement et bien peu !

Macron Libéral

le 21 janvier 2018, 18:45 par HUBIN

Les propos sont plus sympathiques que ceux de son prédécesseur , mais les actes ne vont pas loin , c’est dommage et nous invite à continuer le combat pour la liberté sous toutes ses formes , sauf celles qui pourraient conduire à nuire à autrui


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