La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

IRDEME EPLF


Liberté égalité étatisées
Voulez-vous ne penser à rien et que l’Etat s’en charge pour vous ?

Depuis le début de la pandémie, c’est-à-dire depuis plus d’un an maintenant, il ne se passe pas de semaine que de bons esprits, politiques, intellectuels, penseurs de toutes origines, interviewés au hasard des rues : jeunes, vieux, actifs, subventionnés, chômeurs, retraités… ne se plaignent de la manière dont l’État a géré cette catastrophe (mondiale au demeurant) issue, quoi qu’on en dise, d’on ne sait pas très bien d’où, ni comment, ni pourquoi ? Curieusement, on n’a presque jamais évoqué une quelconque vengeance divine alors qu’il y a quelques siècles, voire quelques années, la première réaction aurait été d’organiser des processions de type Don Camilo : le temps n’est plus au spirituel. Il pose par contre de manière éclatante la question du rôle de l’Etat.

Les plaintes sont de toutes natures et innombrables : de santé d’abord (comment puis-je raisonnablement courir un risque) puis économiques ensuite ; et comme cela ne suffisait pas, on voit surgir de plus en plus les plaintes « psychologiques ». Ces confinements et contraintes diverses sont insupportables, me dépriment, en un mot, ou plutôt en une phrase, nous sommes tous devenus membres d’une génération sacrifiée : les vieux parce qu’ils seront morts, les jeunes parce qu’ils n’auront pas pu faire la fête, les artistes parce qu’ils n’auront pas pu devenir célèbres, les pauvres parce qu’ils n’ont pas pu devenir riches et les riches qui ne peuvent plus voyager et profiter de la vie, etc… au demeurant, toutes ces plaintes mériteraient bien d’être relativisées : la Covid-19 c’est tout de même moins dur que de partir à la guerre de 1914 à 20 ans, même si ce n’est que six mois plus tard que l’on s’est rendu compte que la guerre ne serait ni rapide ni joyeuse, mais surtout douloureuse et boueuse. Enfin, soyons honnêtes, les contraintes imposées aux populations dans les pays dits développés, sont bien légères par rapport à la détresse généralisée dans les pays pauvres où la pandémie s’est ajoutée à une misère, endémique, elle aussi.

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À contre-courant peut-être, et même si la France a multiplié les rendez-vous manqués (les masques les tests, les lits de réanimation, la collaboration public-privé, et maintenant dans une certaine mesure, la vaccination) je pense que devant ce phénomène inconnu ou presque dont on ne savait quasiment rien il y a un an et qui reste par bien des côtés insaisissables, il me semble que l’État (français en tout cas) mal préparé certes, a plutôt, au pied levé, pas trop mal réagi. Rappelons-nous les premières mesures de confinement : tous les porte-voix dehors criaient à une prise du pouvoir quasi hitlérienne et à une nécessité d’égalitarisme total (lequel d’ailleurs ?). La seule solution disponible était le lit de réanimation dont on manquait d’ailleurs cruellement ; on se chamaillait sur les traitements (en définitive la chloroquine ou la vitamine D, cela marche ou pas ?) À date, malgré la rapacité bien connue des Big Pharma, l’humanité dispose de cinq vaccins homologués (et si quelqu’un félicitait, voire, remerciait ces gens-là) et plusieurs autres en train de sortir sans compter de meilleurs traitements chaque jour. Surtout l’État a réussi à moduler ses réponses en fonction des connaissances et des conditions locales et temporelles. Fini le traitement égalitaire de masse, vive l’adaptation locale, même si elle rencontre encore bien des difficultés.

Contrairement à ce qui me paraît être l’opinion générale, j’ai d’abord été bien content de disposer d’un état pendant cette pandémie et une fois admis qu’il était mal préparé et mal organisé au départ, il me semble qu’il a su s’adapter au fur et à mesure, adapter ses croyances, ses dogmes et ses pratiques tout en souffrant, cela est évident, d’une organisation de base franchement lourde et administrative. Peut-être également parce que le corps médical, imprégné du serment d’Hippocrate, n’a pas hésité sur le sens de sa mission et a tenté par tous les moyens de sauver des vies, au risque de l’économie il est vrai.

Cette crise est un très bon tableau général de ce qui me semble devenir progressivement le troisième terme de notre devise nationale, à savoir l’étatisme, lequel remplace progressivement la fraternité.

On ne peut pas nier en effet que l’étatisme ronge progressivement notre corps social comme un cancer incontrôlé. Il ne se passe plus de jour désormais qu’une nouvelle loi, un nouveau décret, un nouveau règlement sous le prétexte fallacieux en général de nous protéger, se diffuse sournoisement dans nos comportements et nos vies.

Dernier avatar personnellement vécu : je partais en vacances de Paris vers la région lyonnaise en voiture et avais soigneusement sélectionné mon jour et mon horaire pour bénéficier d’une circulation possible. J’ai pu aller jusqu’à 150 km de Paris sans problème. Route un peu chargée mais sans plus, quand tout à coup nous avons vu s’allumer les panneaux de « circulation régulée ». En 10 minutes nous rentrions dans un festival de bouchons/dégagements lesquels ont duré jusqu’à Beaune et la vallée du Rhône. Pourquoi ? pour qui ? pourquoi les fameux 80 km/h de Monsieur Philippe ? Pourquoi les 2 % de déplacements à vélo prennent-ils le pas sur les 98 % réalisés en voiture ? Pourquoi faut-il un jugement pour qu’un paysan puisse conserver un coq dans sa basse-cour ? Pourquoi faut-il fermer des Aqualand ou des animaux sont certes en captivité mais soignés par des vétérinaires, nourris et logés alors que 300 000 animaux de compagnie sont abandonnés chaque année et que les autres se promènent avec une laisse ou dans un bocal, ce qui n’est pas loin du statut d’esclavage ? Pourquoi faut-il absolument se convertir à la température ressentie, laquelle permet de contester l’instrument scientifique s’il en est, qu’est le thermomètre ? Pourquoi faut-il que l’État garantisse à quasiment la moitié de la population le statut de rentier fonctionnaire ou assimilé lequel permet même désormais de se mettre en arrêt maladie aux frais de la collectivité sur simple déclaration individuelle ? Pourquoi faut-il que l’État satisfasse et finance le désir (incontrôlable) de bébés artificiels ou supprime la viande dans les cantines pour satisfaire les Végan ? (5 à 10 % de la population ?)

Cela me rappelle furieusement la phrase d’un sergent recruteur à Gérard Philippe, futur soldat du roi, dans le film Fanfan la Tulipe : « Voulez-vous ne penser à rien et que l’État s’en charge pour vous ? »

Au nom du principe de précaution (il vaut mieux se méfier de tout) et de l’égalité (dévoyée en identité, elle présuppose désormais que tout problème survenu à une personne, et ceci quelles que soient les circonstances, soit résolu par la collectivité et son bras armé séculier, l’État.)

Nous en sommes arrivés à une situation où il suffit que 5 % de la population n’aient plus envie de se plier à la « normalité » traditionnelle de ses concitoyens, (donc ipso facto périmée et ringarde) pour que, au lieu de faire respecter les usages en cours, on ponde un nouveau règlement ou une nouvelle loi qui aligne tout le monde sur les marottes des us émergents et que tout le monde soit contraint au lieu d’obliger quelques originaux à respecter un minimum de vivre ensemble. Pour faire bon poids, on pourrait d’ailleurs ajouter sans hésiter le principe de généralisation : puisque Pierre fait du vélo sur sa seule roue arrière, ce qui, tant qu’il est seul est tout au plus une originalité, à ses risques et périls, doit pouvoir désormais être fait désormais par tout le monde ce qui ajoute au principe d’égalité un encombrement instantané de cette nouvelle activité. On ne peut tout de même pas dimensionner les théâtres ou les églises comme si tout le monde allait s’y précipiter en même temps.

Deux remarques conclusives : cela finit par bloquer paradoxalement toute originalité car généralisée elle deviendrait envahissante, d’énormes pans de liberté car il faut bien organiser, contrôler, punir, administrer tout cela. Enfin mais c’est une autre histoire, cela malheureusement déteint en dehors de l’État dans les rapports entre les individus et les organismes collectifs privés comme les banques, les assurances, les médias, les services dits publics, mais en fait gérés par le privé, etc. nous aurons l’occasion d’en reparler : le système déteint.

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