La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

IRDEME EPLF


Liberté, Égalité, Fraternité
les avatars d’une belle devise

D’aucuns ont souligné la nécessité, à propos du grand débat, de trouver un sens commun à nos efforts de consensus national. C’est vrai en général, cela l’est encore plus dans le cadre d’un débat où, par construction, les idées vont fuser dans tous les sens. Une piste serait de se raccrocher à la devise de la France : « liberté, égalité, fraternité », qui nous a en principe été inculquée à tous pendant notre éducation laïque et obligatoire. Et pourtant, même cela, ce n’est pas si simple.

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La contradiction Liberté Égalité

Le premier problème est l’existence paradoxale des deux objectifs en fait contradictoires, entre ses deux premiers termes : Liberté et Égalité. Si l’homme est libre, comme il est créé différent des autres par la nature, et vit dans des circonstances diverses, il ne peut que diverger à terme, et donc ne sera plus égal à son voisin. Si, par hasard, après une certaine période, deux hommes sont encore égaux, alors c’est qu’ils n’ont pas été libres. Si l’on tient absolument à conserver ces deux termes, il faut accepter une primauté de l’un sur l’autre ou, à tout le moins, un compromis. L’histoire de notre pays donnerait plutôt la primauté à la Liberté : la première devise de la Révolution française fut « La Liberté ou la mort », l’Égalité ne vint qu’ensuite et fut d’abord pensée comme l’égalité d’être libre. Elle s’étendit ensuite assez vite à l’égalité des droits (dont d’abord la liberté) puis des chances. On la tire de nos jours de plus en plus vers l’égalité « des résultats » ou des situations d’arrivée. Pour ce faire, on examine au palmer (masqué)[1] la situation comparative de tout un chacun et l’on tente en vain d’éliminer par des lois ou décrets, aides ou taxation, tout ce qui dépasse. Mais le premier cri des gilets jaunes (et de pas mal de leurs soutiens plus ou moins avoués) a été : « Foutez-nous la paix ! » ou « l’État et l’administration nous em… ! » Le premier cri est pour la liberté !

Le deuxième terme

Le deuxième terme, par contre, qui le suit quasi immédiatement, est « Il a quelque chose de plus que moi, corrigez-moi cela, c’est intolérable ! ». L’Égalité au sens de l’égalitarisme et de l’envie[2] prend le dessus. Résumé 1 : « il y a des riches, il y a des pauvres ; je ne veux voir qu’une seule tête ! » qui devient, Résumé 2 : « tous égaux ou mieux, tous identiques, même pouvoir d’achat ». Au passage, la richesse n’est pas définie : est-ce un salaire, un capital, une éducation, des relations, un rond-point, une place de champignon, une famille, des voyages, un montant sur une feuille d’impôt, des allocations diverses, un HLM… le bonheur ? Aligner tout cela ne va pas être triste. Pour couronner le tout, pas non plus de définition évidente de la pauvreté : une définition en valeur absolue pour l’ONU (1,90 $ / jour) ou en relatif pour la CEE (50 ou 60% du salaire médian – laquelle mesure en fait une inégalité et pas la pauvreté ) ou un mensonge éhonté pour OXFAM (26 très riches ont autant que tous les très pauvres mais on ne vous parle pas des moyennement riches – nous – les 50% qui possédons en fait 98% des 317.000 milliards de richesse mondiale, le reste – environ 2% - se partageant effectivement entre 1% pour les très riches et 1% pour les très pauvres, mais qui sont bien plus nombreux. Voir étude ifrap.org 24 /01/2019 C’est très bien présenté.

Quel compromis ?

Au-delà de la contradiction, il faudra bien trouver un compromis équilibré entre ces deux notions, sachant que quelque part, la création de richesse et l’économie demandent en général plutôt de la liberté, et la compassion humaine plutôt de l’égalité. On constate bien que les pays qui ont joué l’égalité totale comme l’ex. URSS ou Cuba, ont terminé dans la pauvreté pour tous et que les régimes très inégalitaires comme l’Afrique du Sud, la Centrafrique ou le Brésil n’ont pas fait mieux. Zéro partout.

Si l’on prend comme indicateurs de richesse le PIB/tête, la croissance, le plein emploi, et comme indicateur d’inégalité l’indice de GINI (lequel masque il est vrai les situations personnelles extrêmes qui relèvent probablement plus de la jalousie) on retombe sur les pays de l’OCDE dont l’indice de Gini est compris entre 0,25 et 0,35 et le PIB par tête aux environs de 40.000 € par an, voire plus. La machine est ainsi faite que la liberté/inégalité crée la richesse et que trop d’égalité la tue, mais trop d’inégalité aussi. Il faut donc gérer un équilibre avec une difficulté supplémentaire, à savoir que les pauvres sont plus nombreux que les riches, ce qui biaise les votes structurellement à leur avantage. Lorsque l’on vote, on devrait avoir l’égalité dans sa poche droite, et l’histoire de la poule aux œufs d’or dans sa poche gauche. Certains de nos voisins, semblent avoir réglé plus finement que nous cet équilibre.

Demain : l’égalité des chances ?

À souligner tout de même, que pendant ce temps-là, personne ou presque ne s’occupe de l’égalité des chances qui serait tout de même une bien meilleure réponse, conforme de plus à la Fraternité. Cette dernière est apparue plus tard dans nos constitutions sous l’influence des chrétiens et des francs-maçons, lesquels tentaient déjà de jouer les conciliateurs entre liberté et égalité, prônant un lien en quelque sorte de famille entre tous les membres de l’humanité. Elle permettrait par ailleurs un renouvellement continu des « riches », autre facteur d’inégalité, lequel ne semble effectivement bien géré qu’aux États-Unis, où 70% des riches seraient des entrepreneurs de première génération ainsi qu’une optimisation de l’utilisation des compétences au profit de tous. Les sociétés riches, à part rente de situation exceptionnelle, et encore, sont celles qui ont favorisé la création de richesses et de fait, les riches qui vont avec.

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Messages (2)

Correction ? Marxisme = Peuple dans une misère égalitaire et oligarchie richissime par son pouvoir illimité

le 4 février 2019, 09:54 par VEROLLET

En écrivant : "On constate bien que les pays qui ont joué l’égalité totale comme l’ex. URSS ou Cuba, ont terminé dans la pauvreté pour tous ... ." , vous reprenez la promesse enivrante d’égalité marxiste en la confrontant à sa réalisation qui pour le Peuple est un échec. Mais vous oubliez que la promesse marxiste comprend aussi le pouvoir absolu et la richesse liée pour l’oligarchie marxiste dirigeante. Et cette promesse sournoise est bien réalisée elle !
Par exemple, un collègue, directeur d’usine d’abord en France puis en Roumanie après 1990 m’a dit que la position de directeur était infiniment plus facile et privilégiée en Roumanie.
On comprend donc pourquoi il reste encore et encore des marxistes en France !
PS : Comment calcule-t-on le coefficient de Gini en pays marxiste ? Cuba, Corée du Nord, URSS, ...

L’article de monsieur Yves Buchsenschutz

le 4 février 2019, 11:02 par de Yturbe

Bonjour,

J’ai beaucoup aimé cet article qui a le mérite de tenter de mettre de l’objectivité dans le caractère aujourd’hui exclusivement émotionnel et passionnel relatif au débat sur les inégalités. Le rapport mondial sur les inégalités démontre que la France n’est pas un pays aussi inégalitaire qu’on le croit. D’autre part on ne parle pas assez de l’ascenseur social qui peut être un puissant facteur de réduction des inégalités. Enfin que vaut il mieux ? Avoir des inégalités avec des pauvres qui sont plus riches et qui peuvent devenir riches, ou avoir une égalité totale avec des pauvres qui sont moins riches et surtout risquent de le rester. L’article de monsieur Buchsenschutz pourrait constituer une base de départ pour une pédagogie à base de chiffres, de comparaisons internationales, montrant le point d’équilibre de l’optimisation égalité/inégalité dans les problématiques de croissance...afin de donner à ce débat un aspect plus scientifique et de ...convaincre un maximum d’envieux et de gilets jaunes ! Pour en discuter. Merci encore pour cette contribution. Bien cordialement Xavier


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