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IRDEME EPLF


Lettre ouverte aux migrants et à mes petits-enfants
La question de l’intégration

Dans notre société actuelle tourne un certain nombre d’antiennes, politiquement correctes et assénées à tire-larigot, mais qui sont notoirement indémontrées, incontrôlables et prennent pourtant progressivement le statut de valeur de surplomb, c’est-à-dire de vérité non discutable, non contestable et que l’on prendra comme référence systématique pour démontrer la suite…

Parmi celles-ci et en vrac pour le moment, je citerai le fait que nous allons léguer à nos enfants une planète dévastée, la suivante c’est qu’ils n’auront ni travail ni retraite car nous aurons tout pris comme des sauvages accapareurs ; une autre est l’existence et la croissance permanente des inégalités qu’il faut combattre à tout prix et continuellement ; une autre est qu’il ne faut pas (ou qu’il faut) au choix, combattre sans relâche l’immigration ; une autre est la malédiction de la situation de la femme et par derrière, de toutes les minorités : les noirs, les handicapés, les LGBT, les jaunes, les étrangers, les ruraux, les urbains, etc. l’unanimité ne se fait que contre les vieux, mâles, blancs, hétérosexuels, et riches (ou ayant « réussi » aux yeux de leurs concitoyens)… les autres, tous les autres, sont des victimes. Je pourrais continuer la liste longtemps : le réchauffement climatique, les productions locales, manuelles, et ancestrales…, le capitalisme responsable de tous les maux, la responsabilité générale de l’État qui ne fait rien ou le fait mal, etc.

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Commençons par les petits-enfants : je recommande deux ou trois petites démarches. La première, la plus facile, est de retrouver sur Arte ou sur la 5, un documentaire d’une heure retraçant l’histoire du charbon en France. Celui-ci a maintenant quasiment disparu, mais la société dans laquelle nous vivons a été construite par des gens, parfois des polonais immigrés, qui descendaient sous terre pour extraire ce produit à la pioche. Des enfants remontaient des paniers chargés, par des échelles ! La deuxième un peu plus compliquée mais pas tellement, est d’aller faire un tour au musée-jardin Albert Kahn Porte de Saint-Cloud en région parisienne. Outre l’agrément de la visite de plusieurs jardins différents et exotiques, ces petits-enfants pourront visionner des vieux films montrant le déroulement de la pêche à la morue au début du XXe siècle sur les bancs de Terre-Neuve. Il me semble que la seule chose plus terrible qui pouvait vous arriver, à l’époque, était le passage du Cap Horn perché dans les vergues d’un Clipper. (Les clippers ont été l’étape ultime de la navigation à voile qui faisait à l’époque office de porte-conteneurs). Accessoirement et beaucoup plus près de nous, il me semble que la génération des grands-parents a en quasi-totalité vu à l’école un film italien, néo-réaliste, de l’après-guerre, qui s’appelait « le voleur de bicyclette ». Si les uns et les autres ont un minimum d’honnêteté intellectuelle, ils reconnaîtront facilement que la vie, dans nos pays, en 70 ans, soit deux générations, a beaucoup changé. Nous devons, nous les vieux d’aujourd’hui, comme les jeunes d’ailleurs, notre espérance et notre qualité de vie, à la sueur, à l’initiative et à l’audace des générations qui nous ont précédés. Deux remarques supplémentaires : j’ai encore le souvenir, jeune coopérant militaire en Afrique, d’une discussion avec un homologue africain qui rêvait d’obtenir un terrain dans le quartier chic de sa capitale pour y faire construire une maison qu’il louerait ensuite à des expatriés, ce qui lui assurerait un revenu régulier. Au passage, en toute amitié d’ailleurs, quelques petites piques réciproques sur le colonialisme ou ses séquelles : j’avais répondu en ce temps qu’il fallait aussi se rappeler les enfants européens qui avaient travaillé dans les mines ou les usines jusqu’au début du XXe siècle. La richesse des sociétés d’aujourd’hui s’est construite sur la sueur des générations passées et ne serait-ce que les investissements réalisés par celle-ci sont des cadeaux gratuits faits aux générations futures, même si parfois certains de ces cadeaux se révèlent quelque peu vénéneux. Que je sache, le Louvre, Chambord, le viaduc de Millau, l’automobile, même si elle est aujourd’hui décriée, le téléphone portable, la satiété alimentaire et l’hôpital « qui guérit de tout » arrivent tout cuits dans le bec des nouvelles générations et ceci sans aucun effort de leur part.

À ce constat je voudrais ajouter, pour les nouvelles générations, que tout ce développement dont ils profitent sans effort « délier », s’est réalisé dans une culture et une civilisation qui l’a rendue possible. Elle n’est certainement pas parfaite, elle est certainement améliorable, mais avant de la réduire en miettes il serait bon de réfléchir quelque peu aux conséquences. L’Innovation, c’est bien, mais ça ne peut pas se résumer à n’importe quoi.
À ce stade, j’ai envie de dire que quelque part, chaque génération vit sur un héritage et une sorte de droit de propriété qu’il ne faut pas sous-estimer. C’est très bien, par exemple, d’être contre les vaccins, mais il faut accepter alors de mourir de la maladie, pas seulement de la Covid 19, mais aussi de la tuberculose ou de la variole ou tout bêtement de la grippe.
Dans cette querelle des anciens et des modernes, il me semble que quelque part manque de notion de reconnaissance pour le travail accompli par les générations précédentes et un manque évident de responsabilité de la part des générations émergentes.

Ceci posé, je voudrais en revenir maintenant à l’immigration. C’est manifestement un thème central de la campagne électorale en cours et nombreux sont ceux d’entre nous qui hésitent entre l’accueil inconditionnel chrétien de gens malheureux et la remarque en son temps de Michel Rocard : « la France ne peut pas accueillir seule toute la misère du monde ». En rapport avec les relations, personnes âgées et jeunes, l’immigration signifie tout de même la plupart du temps pour l’immigré une amélioration de sa situation au moins à terme. C’est d’ailleurs pour cela qu’il l’a choisie et a parfois pris des risques insensés pour atteindre ou s’installer dans tel ou tel autre pays. Pour le pays dit « d’accueil » nous allons voir que ceci peut être soit un geste généreux, soit un enrichissement, soit un envahissement. C’est bien évidemment un enrichissement si c’est une force de travail et un cerveau supplémentaire qui va participer à un enrichissement commun (à ce propos, l’opinion s’oriente beaucoup ces derniers temps vers l’immigration choisie et qualitative : il me semble qu’il faut vérifier au cas par cas et à chaque période, ce que cela signifie et implique. Accueillir des étudiants ou des saisonniers n’a pas les mêmes conséquences, voire les mêmes chances d’améliorer la situation moyenne des uns et des autres). Dans ce cas toutefois, comme dans celui du geste généreux, il faut vérifier que l’on a de bonnes chances et une volonté réciproque d’arriver en fin de compte à une intégration harmonieuse.
Comme le jeune par rapport à l’ancien, l’immigré va se voir offrir plus ou moins rapidement une possibilité de rejoindre la situation, au moins économique, de la population d’accueil. Cela représente en général une amélioration inespérée de son statut. Encore faut-il qu’il fasse les efforts nécessaires pour s’intégrer (la possession de la langue du pays d’accueil par exemple) qui seront parfois en contradiction avec ses propres coutumes). Il faut aussi qu’il respecte les mécanismes qui régissent la société dans laquelle il souhaite s’insérer. Après tout, ce sont ceux-là qui ont amené la population autochtone à la situation à laquelle il aspire. On peut s’interroger aujourd’hui raisonnablement sur le lien entre la croissance de la violence comme moyen d’arriver à une solution et l’arrivée significative de populations de traditions différentes.

Le souci de tous devrait être non pas l’immigration en tant que telle, mais l’intégration des nouveaux arrivants pour en faire une réussite pour eux-mêmes mais aussi un enrichissement pour la société qui les accueille. Dans un article qui a tourné dans la presse jusqu’à plus soif, Monsieur Jacques Attali citait une liste ininterrompue de personnalités « immigrées » qui ont fait la richesse de la France. Il a parfaitement raison, mais on peut faire remarquer que, sans perdre leur originalité, elles ont toutes fait les efforts pour s’intégrer à ce pays, et à respecter ses lois, au risque même de l’assimilation.

Dans tous les cas, allez voter !

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Vos réactions à cet article (2)

L’autre mesure-force

le 26 novembre, 02:03 par zelectron

les bras des immigrés sont plus que largement remplaçables par des robots (mais on ne peut pas demander à un « politichien » de bien connaitre cette question)

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