La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

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Les sous-marins australiens :
erreur de stratégie, erreur de méthode

Il est probable que les États-Unis et l’Australie aient eu raison de redessiner l’accord « des sous-marins australiens ». Cependant, ce qui aurait pu être la consolidation d’alliance entre des pays occidentaux est devenu une pomme de discorde entre pays traditionnellement amis. En tant que leader incontesté du monde occidental on pourrait attendre des États-Unis un comportement général au sein de leurs alliances plus intelligent et plus constructif devant la montée de nouvelles puissances, la Chine d’abord bien entendu, mais aussi probablement sous des formes plus subtiles du monde islamique. À Hugues Capet qui demandait à l’ancêtre de Talleyrand « qui t’a fait comte ? » Celui-ci répondait crânement « qui t’a fait roi ? ».

Si Un nombre non négligeable de personnes se rêvent un jour en président de la République ou Premier ministre, enfin, en homme ou femme de pouvoir. L’énergie qu’ils vont déployer devra être colossale et continue car peu nombreux sont ceux qui arrivent à ce genre de situation jeunes. Une carrière politique, sauf cas exceptionnel, se construit en général au fil du temps. À ce stade j’aimais bien distinguer, quand cela était possible, deux genres de motivation : vouloir le pouvoir parce qu’on a un projet à réaliser, ou bien vouloir le pouvoir tout simplement pour l’avoir, pour l’ambition. Je ferai certainement hurler un certain nombre de personnes, mais quoique n’étant pas un fanatique gaulliste, il me semble que De Gaulle faisait partie de la première catégorie, Mitterrand plutôt de la deuxième.
Maintenant, une fois le pouvoir acquis, en tout état de cause il faut décider qu’en faire et pourquoi ?
On a beaucoup glosé sur le slogan de Monsieur Trump « America first » mais il me semble contenir au moins une part de vérité : quand on atteint le pouvoir présidentiel, il ne peut y avoir qu’un objectif : celui de la défense et de l’amélioration des conditions de vie en général de ses concitoyens, et ceci quelles que soient ses opinions personnelles. Tout au plus pourrait-on avoir les interprétations différentes du bien-être de ces derniers, voire de notion de court terme ou de long terme. Mais un président, ou son équivalent selon les régimes, ne peut en définitive que favoriser son peuple, et ceci « contre toute défense ». C’est sa mission.
Dans l’affaire des sous-marins australiens, il est donc tout à fait inutile de reprocher aux Américains d’avoir réanalysé la situation géopolitique en Asie du Sud-Est et d’avoir modifié leur vision et agi en conséquence, même et y compris en ayant probablement poussé à une solution diesel pour finir par proposer une solution nucléaire que la France au demeurant aurait pu probablement fournir aussi.
Les États-Unis n’en sont d’ailleurs pas à leur premier « méfait » de ce genre, que ce soit dans les questions d’armement ou militaires (on ne compte plus les contrats rattrapés au dernier moment par les USA - rappelons-nous les Star Fighter allemands de triste mémoire, le bateau de commandement français pour la Russie, ou les avions de chasse suisses ou….) après tout avec du matériel militaire américain, il est plus facile de collaborer avec ses alliés et par ailleurs c’est une aide indirecte aux industries du pays. Le problème a été largement élargi à de multiples décisions économiques, la plus symbolique pour moi étant le droit pour les USA de considérer que toute transaction simplement libellée en dollars entraîne ipso facto un droit de contrôle et de judiciarisation pour les USA à l’encontre des sociétés qui ne voudraient pas suivre la politique américaine. Ce sont encore les diverses failles fiscales qui permettent aux sociétés américaines, via quelques pays complaisants tels l’Irlande, de contourner les impositions locales raisonnables et légitimes de pays « consommateurs finaux ».
De facto, nous avons accepté la situation de vassaux par rapport aux États-Unis qui d’ailleurs s’étaient installés dans le rôle de grand frère, propriétaire et porteur du parapluie militaire qui couvrait en particulier les pays de l’OTAN. Ne nous y trompons pas, lors de la débâcle de l’URSS, la fuite échevelée des pays de l’est vers l’Europe a été beaucoup moins due à son attractivité propre qu’au fait de rejoindre le confort du parapluie américain devenu tente de cirque.
L’affaire récente de l’Afghanistan, confirme une fois de plus que cette tente est loin d’être étanche et garantie. Après une période de compétition avec l’URSS, les États-Unis ont vécu quelques décennies en leader unique du monde (pas toujours capable de maintenir l’ordre au demeurant) mais voient aujourd’hui émerger une nouvelle puissance qui semble se montrer plutôt agressive (voir les incidents incessants en mer de Chine et à Taiwan, sans parler de Hong Kong).
A court terme, il n’y a pas de raison d’être surpris par le comportement de notre grand pays frère : il est dans la logique des responsabilités du président des États-Unis.
Examinons tout de même un peu d’un peu plus près la situation à date :

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A. Situation des populations

A ce tableau il faudrait ajouter « l’Union Européenne » qui réunit 452 millions d’habitants et se place en troisième position après l’Inde mais avant les États-Unis, à noter également que la Russie n’est plus que neuvième. En termes d’évolution, la Chine se stabilise, voire régresse, l’Inde continue son ascension mais surtout l’Afrique avance en particulier au Nigéria.

Classement par population totale en 2021
RangPays ou territoirePopulation en 2021
0 Monde 7 874 966 00
1 Chine 1 444 216 000
2 Inde 1 393 409 000
3 États-Unis 332 915 000
4 Indonésie 276 362 000
5 Pakistan 225 200 000
6 Brésil 213 993 000
7 Nigeria 211 401 000
8 Bangladesh 166 303 000
9 Russie 145 912 000
10 Mexique 130 262 000
11 Japon 126 051 000
12 Éthiopie 117 876 000
13 Philippines 111 047 000
14 Égypte 104 258 000
15 Viêt Nam 98 169 000
16 République démocratique du Congo 92 378 000
17 Turquie 85 043 000
18 Iran 85 029 000
19 Allemagne 83 900 000
20 Thaïlande 69 951 000
21 Royaume-Uni 68 207 000
22 France 65 426 000
23 Tanzanie 61 498 000
24 Italie 60 367 000
25 Afrique du Sud 60 042 000
Projections de l’ONU de 2019 – Source : wikipedia

B. En termes de PIB global

Ces chiffres sont encore des prévisions et l’on ne sait pas, devant la faible fiabilité des chiffres chinois, si leur PIB ne se rapprochera pas beaucoup plus de celui des États-Unis. En tous cas il semble que leur croissance soit plus forte et les tendances brutes donnent un passage de la Chine devant les États-Unis dans les années qui viennent. Une autre remarque importante est que l’UE a probablement à date un PIB de l’ordre de 18 000 md $ avant BREXIT et de 15 à 16 après.

Classement PIB : la liste des pays les plus riches du monde
RangPaysPIB 2021 (milliards $)Evolution 2021-2020
1 Etats-Unis 21 922 mds $ +5%
2 Chine 16 493 mds $ +11%
3 Japon 5 103 mds $ +4%
4 Allemagne 4 318 mds $ +14%
5 France 2 918 mds $ +14%
6 Royaume-Uni 2 856 mds $ +8%
7 Inde 2 834 mds $ +9%
8 Italie 2 112 mds $ +14%
9 Canada 1 763 mds $ +10%
10 Corée 1 674 mds $ +6%
11 Russie 1 584 mds $ +8%
12 Australie 1 480 mds $ +11%
13 Espagne 1 451 mds $ +16%
14 Brésil 1 432 mds $ +5%
15 Indonésie 1 167 mds $ +7%
Source : Fonds Monétaire International

C. PIB par habitant

La recherche des chiffres est un peu plus compliquée et polluée, non seulement par la fiabilité des statistiques, mais aussi par la crise COVID dont la résorption est assez différente selon les pays. En résumé toutefois on peut dire les choses suivantes :
  Numéro un : le Luxembourg avec un PIB par habitant supérieur à 100 000 dollars par an ;
  États-Unis : environ 70 000 $ ;
  Europe et France (qui est à peu près dans la moyenne) : environ 40 000 $ ;
  Chine : 17 500 $ en progression continue y compris pendant et après la COVID ;
  Inde : 6 500 $ par an en progression mais déstabilisée par la COVID.

Que peut-on en tirer ? :
  Le Luxembourg est une exception, comme l’Irlande ou la Norvège pour des raisons atypiques diverses.
  Les États-Unis sont encore probablement la première puissance économique mondiale avec un revenu par tête presque double de celui des autres pays développés, en particulier l’Europe, et la France.
  L’Union Européenne, France incluse, est la troisième puissance économique mondiale avec un niveau de vie, certes inférieur aux États-Unis, mais plus du double de celui de la Chine.
  La Chine malgré des progrès rapides et évidents a encore un revenu « moyen » assez faible, même si elle cache des disparités importantes entre la population rurale traditionnelle et la partie développée du pays.
  L’Inde a encore un PIB moyen par habitant très bas, son développement économique est assez décalé par rapport à celui de la Chine et a plus souffert de la COVID.

Conclusions

La puissance unique et absolue des États-Unis est désormais largement contestée par la Chine qui peut d’ailleurs se targuer d’une croissance plus forte et d’une diaspora mondiale très importante. Avec la contestation des Etats-Unis, se dessine la remise en cause de « l’ordre mondial » issu et instauré après la seconde guerre mondiale (ONU, Unicef, Unesco, banque mondiale…) et construit sur le modèle des démocraties occidentales.
Les États-Unis, ont semble-t-il du mal à trouver un mode de gestion satisfaisant de leurs alliés acquis ou potentiels, et devraient impérativement, s’ils souhaitent conserver leur leadership, trouver les moyens de le renouveler et de le consolider.
Par ailleurs les deux meilleures directions qui se présentent sont probablement l’Europe et l’Inde, accompagnées bien entendu d’un certain nombre d’alliés traditionnels comme le Japon, l’Australie ou Taïwan… à entretenir.)
L’Union Européenne est la troisième population mondiale et la troisième puissance économique qui, à elle toute seule, redonnerait une avance significative à la puissance des États-Unis et au bloc occidental. Elle est le plus à sa portée dans la mesure où ces civilisations sont cousines et ces valeurs « universelles », les mêmes.
Encore faudrait-il que les États-Unis abandonnent le bâton, la fessée, et la manipulation comme Système de relation avec leurs alliés pour introduire une vraie collaboration entre les parties, et pourquoi pas, un objectif commun ou mieux, ce que l’on appelle aujourd’hui du sens. C’est d’ailleurs, à ce que je crois, ce peuple qui nous a appris l’importance de ces comportements dans l’amélioration du fonctionnement des entreprises.

De leur côté les Européens feraient bien de renforcer leur unité afin que leur poids effectif devienne visible et sensible – 16 000 milliards de dollars de PIB cumulés ne sont pas négligeables quand on ne pèse « que » 22 000 face à la Chine et, en échange d’une part raisonnable de pouvoir dans les alliances, de se soucier quelque peu eux-aussi de leur défense. Si un Français ou un Allemand n’est pas prêt à aller se battre pour Taiwan, il y a peu de chances qu’un Texan vienne demain défendre un Polonais.

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