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Les pauvres, pigeons de la redistribution à la française

On avait fini par croire que le Royaume-Uni c’était la richesse sans le partage, et que la France c’était le partage sans richesse. Nous nous apercevons qu’en France il n’y a en fait ni richesse ni partage

La France se targue d’avoir un GINI, c’est-à-dire un degré d’inégalité de distribution des revenus parmi les plus faibles de l’OCDE. Mesuré sur une échelle de 0 à 1[1] il est en France de 0,29 après transferts, contre 0,37 pour le Royaume-Uni. Or, si l’on regarde dans le détail, on s’aperçoit que cet indicateur, très utilisé par nos chers économistes, cache un système redistributif français beaucoup moins réducteur d’inégalités que le système britannique.

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Ainsi, les Français les plus modestes reçoivent deux fois moins de prestations sociales en espèces[2] que leurs homologues britanniques : les trois premiers quintiles au Royaume-Uni reçoivent 4,3% du PIB contre seulement 2,2% en France :

Prestations sociales en espèces en % du PIBQ1Q2Q3Q4Q5
UK 1,6% 1,6% 1,1% 0,6% 0,3%
France 1,2% 0,6% 0,4% 0,2% 0,2%

Si l’on déduit les impôts directs des avantages reçus, on s’aperçoit par ailleurs que le système français apporte un bénéfice seulement au premier quintile, à la différence du système britannique, où il bénéficie aux deux premiers quintiles :

En réalité, l’État français utilise l’impôt direct pour bien autre chose que la redistribution monétaire puisqu’il en distribue seulement 34%, contre 54% pour le Royaume-Uni. Converti en euros, cet écart de pourcentage entre les deux pays correspond quand même à plus de 25 milliards d’euros de non redistribution en France.

Mais alors où va l’argent ? Le dernier rapport de l’OCDE établit clairement que c’est la redistribution en espèces qui contribue le plus à réduire les inégalités. Comment expliquer alors, que sous prétexte de redistribution, il y ait en France des taux de prélèvements de 42% du PIB contre seulement 36% au Royaume-Uni ?[3]

Méthodologie

FRANCE :
Impôts directs : impôts sur le revenu (= impôts sur le revenu+ CSG-CRDS) + taxe d’habitation
Prestations sociales en espèces : prestations sociales en espèces hors chômage et retraite, qui sont contributives (elles sont perçues en contrepartie de cotisations, et ne sont donc pas à proprement parler de la redistribution) = prestations familiales + prestations logement + minima sociaux, ce qui comprend donc l’ensemble des prestations suivantes :
  - Prime à la naissance
  - Prime à l’adoption
  - Allocation de base
  - Complément de libre choix d’activité (CLCA)
  - Complément optionnel de libre choix d’activité (Colca)
  - Complément de libre choix du mode de garde
  - Allocations familiales
  - Complément familial
  - Allocation de soutien familial
  - Allocation journalière de présence parentale (AJPP)
  - Prestations familiales : changement de situation
  - Prime de déménagement
  - Prestations logement (APL, ALF, ALS)
  - Revenu de Solidarité Active
  - Allocation de solidarité spécifique
  - Allocation équivalent retraite
  - Allocation temporaire d’attente
  - Allocation aux adultes handicapés
  - Allocation supplémentaire d’invalidité
  - Allocation veuvage,
  - Allocation minimum vieillesse
  - Revenu de solidarité

ROYAUME-UNI :
Impôts directs = direct taxes= income tax + Council tax et Northern Ireland rates (les deux types de taxes d’habitation au Royaume-Uni)
Prestations sociales en espèces = cash benefits hors retirement pension et job seeker’s allowance contribution based soit l’ensemble des prestations en espèces suivantes :
  - Incapacity benefit
  - Widows’ benefits
  - Statutory Maternity Pay/Allowance
  - Income support and pension credit
  - Child benefit
  - Housing benefit
  - Carer’s allowance
  - Attendance allowance
  - Disability living allowance
  - War pensions/War widows’ pensions
  - Severe disablement allowance
  - Industrial injury disablement benefit
  - Student support
  - Government training schemes
  - Tax credits
  - Other non-contributory benefits

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