La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

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Le savant CosiBorne et le sapeur CamemMaire sont de retour, merci Christophe

Déjà un « projet » commun sur le métier pour le gouvernement et la nouvelle assemblée : le pouvoir d’achat. Bonne nouvelle mais c’est clairement le plus facile mais probablement le plus coûteux. Surtout il se présente sous une forme d’une complexité rarement atteinte.

Note : Christophe est l’inoubliable auteur du savant cosinus, du sapeur camembert et de la famille Fenouillard, BDs historiques.

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Je ne sais pas vous, mais nous, nous avons sans cesse entendu parler du pouvoir d’achat depuis maintenant plus d’un mois : élection présidentielle, élections législatives, déclarations des différents groupes politiques et maintenant du gouvernement à un point tel, qu’il nous semble ce jour être face à une évidence générale !
Avant toute chose, nous vous recommandons l’article « Inégalités des revenus : selon l’INSEE, tout est à revoir » de Bertrand Nouel concernant les inégalités lequel après demandes répétées et entendues à l’INSEE a permis la publication de l’étude montrant que le différentiel de revenus entre les riches et les pauvres, en France, n’était pas de un à trois mais bien plutôt de un à deux. Encore fallait-il se livrer à des exercices de recherche et des calculs de plusieurs mois pour s’y retrouver dans les revenus des uns et des autres, tellement les systèmes sont embrouillés, les organismes multiples et les aides protéiformes.

Dans la situation actuelle, il n’existe qu’une certitude, mais encore partielle : l’inflation a repris de manière extrêmement rapide et violente et ceci semble-t-il quasiment dans le monde entier : causes : les prix de l’énergie, la (dé)mondialisation sauvage, la guerre en Ukraine et en toile de fond, la transition écologique. (À cela il faudra bien ajouter l’échelle de perroquet traditionnelle et une part de spéculation) Tout cela pour dire que nous n’en sommes pas sortis et qu’au moins pour cette année, les taux seront compris entre 5 et 10 pour cent, et encore dans les pays a priori correctement gérés. Pour la France nous sommes déjà entre 5 et 6 % sur 1an et les meilleurs augures prévoient aux environs de 8 % fin 2022. Plutôt moins mauvais élève, peut-être parce que le gouvernement a décidé de subventionner l’énergie qui est à la fois un facteur direct mais aussi indirectement source de dérive dans les autres biens.

La donnée de base du pouvoir d’achat c’est donc que celui-ci, toutes choses étant égales par ailleurs, va baisser mécaniquement de ce même taux auquel il faudrait logiquement ajouter une dérive de la fiscalité si les paliers ne sont pas réajustés à due concurrence pour tenir compte de l’inflation.

Malheureusement, dès la proposition du gouvernement et avant amendements (lesquels en général compliquent la solution) nous sommes déjà devant 1 listing « à la Prévert » de propositions aussi diverses que variées :

On pourrait s’en tirer au niveau des principes :

  -  soutien général de la population et de l’économie
  -  justice et équité
  -  soutien renforcé des plus défavorisés
  -  simplicité à comprendre et à gérer (pas de fonctionnaires en plus)
  -  pourcentage plutôt que valeur absolue (c’est en général comme cela qu’on mesure l’inflation)
  -  préparation de la sortie
  -  application limitée à la période de crise (même si l’on sait qu’il est difficile d’en sortir)

Quand on arrive au niveau des mesures, on trouve :

  -  des mesures générales (par exemple des bonifications du coût de l’énergie ; carburant mais aussi gaz et électricité)(la redevance TV)
  -  des mesures particulières conditionnées (1 super bonification pour les grands rouleurs)(des aides ciblées pour les faibles revenus, voire des supers bonus, pour les super faible revenus) ;
  -  des mesures transitoires et des mesures pérennes : tantôt 1 chèque 1 fois, tantôt des aides récurrentes
  -  des mesures en valeur absolue et d’autres en pourcentage
  -  enfin de multiples mesures catégorielles …

Le tout pour un coût soi-disant nul mais dont d’aucun le chiffre déjà à plus de 22 Milliards euros ! (auquel s’ajoutera le nouveau taux de la dette)

Le gouvernement de Madame CosiBorne a réussi à construire 1 véritable nœud gordien de mesures quasi inévaluables même pour un polytechnicien et son ministre des finances, Monsieur CamemMaire n’a pour le moment évoqué aucune actualisation des différents barèmes d’imposition pour l’année 2022 (en prélèvement à la source) ce qui veut dire grossièrement que les rentrées fiscales, la plupart du temps proportionnelles, vont augmenter du montant de l’inflation.(À ce propos voir l’article détaillé de IFRAP de Juillet 2022) ou comment vous prendre de l’argent pour le redistribuer ensuite.

Une autre manière de voir le problème est de tenter de comprendre qui va bénéficier de quoi ?

Si l’on se base, comme le gouvernement sur 1 hypothèse d’inflation à 5,5% en 2022 (déjà dépassée à fin juin) :

Les premiers gagnants seront :
  -  les fonctionnaires à qui une augmentation du point d’indice de 3,5% ajoutée aux dérapages individuels (ancienneté, promotion etc.) de 2% en moyenne annuelle redonnera l’entièreté de l’inflation perdue. À ceci pourront s’ajouter éventuellement des bonifications générales comme le kilométrage, le niveau de rémunération de base. Ceci est vrai tant pour le personnel en activité que pour la totalité ou presque des retraités.(7,5 Milliards hors les 2 % et les retraites ?)
  -  Les retraités de base CNAV à qui l’on semble proposer entre 4 et 4,5% (5M)
  -  les bénéficiaires de minima sociaux qui seraient alignés (3M)
  -  la SNCF qui a d’ores et déjà négociés semble-t-il 3,1 % (combien le déficit 2022 ?)
  -  les salariés des sociétés privées qui ont d’ores et déjà pratiquées des augmentations le plus souvent comprises à date entre 2,5 et 3,5 %
  -  les primes Macron et intéressement dans les entreprises (montant, durée, fiscalité diverses) ( ?) intéresse les entreprises car méritocratique (2 modèles 3 variantes …)
  -  les aménagements de la défiscalisation des heures supplémentaires ( ? )
  -  les vrais économiquement faibles (aides alimentaires) (1M ?)
  -  les faux vrais économiquement faibles(primes inférieures)( ? )
  -  tout le monde : TV (3,2M ) bouclier énergie ( ??? mais de fait inclus dans l’indice)

Cela commence ensuite à être un peu moins vrai pour :
  -  les propriétaires avec des hausses de loyer limitées à 3,5 % au lieu de 5,5 de l’IRL
  -  les chômeurs avec 1 taux de 2,9 % (il est vrai qu’on nous assène le manque de personnel général : le chômage devrait diminuer sinon disparaître)
  -  les retraités complémentaires (circulez il n’y a rien à voir) (coût pour eux sur base CNAV – 4 % ( - 3 M )
  -  Tout le monde si les barèmes d’imposition ne sont pas revus à la hausse de l’inflation et ceci dès 2022 !

Si vous vous y retrouvez, écrivez-nous, vous avez gagné. Cette fois-ci, toute étude sur la pauvreté absolue ou relative va devenir impossible et il nous faudra nous contenter des slogans et des affirmations qui ne vont pas manquer.

Un petit exemple concret : un cadre avait droit à une retraite nette globale de 4000 € par mois (ce qui est déjà très important quand on connaît le taux de remplacement assuré par la retraite de base plus la retraite complémentaire ).
Imposé en moyenne à 30 %, il constata que sa retraite de base était en fait de 930 € par mois réglé par la CNAV et que cette seule partie serait augmentée de 4 %. Sa compensation pouvoir d’achat sera donc de : 4 % * 930 = 37,20 € par mois.
Rapporté à son niveau de vie antérieur à la crise de l’inflation cela représente en fait :
37,20 € divisés par 4000 = 0,009 % de compensation face aux 5,8 % constatés fins juin 2022. Il est vrai au demeurant qu’il y a eu un ajustement en novembre 2021 de 1 % si notre mémoire est bonne. Cette nouvelle équation s’appelle la compensation « LEMAIRE/AGIRC »[1].
Lot de consolations : pas d’augmentation des retraites donc pas d’augmentation d’impôt car on n’entend toujours pas parler des réajustements des tranches et seuils. D’aucuns risquent des surprises : bienvenue dans l’IRPP.

UNE IDEE PARMIS D’AUTRES : FAITES UN DON A L’IRDEME DE VOTRE AJUTEMENT MENSUEL, L’ETAT VOUS EN REMBOURSERA 66% ! ou renvoyez-le à l’état !

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