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Le crime d’écocide, point d’orgue de la liturgie de l’écologisme

Subissant de plus en plus mal le matraquage massif, total, ininterrompu et autoentretenu auquel nous sommes soumis de la part des amis de feu Jean-Jacques Rousseau, j’ai essayé de comprendre son origine et son fonctionnement.

Le constat : vous prenez un produit normal, et vous le vendez 100 €. Si vous pouvez affirmer désormais qu’il a été fabriqué localement, vous pourrez le vendre 110 €, si ce localement est en France, vous pourrez ajouter sans problème 10 € de plus : cela fait déjà 120 ; s’il a été fabriqué par une petite entreprise, voire mieux, un artisan, vous pourrez peut-être gagner entre 10 et 20 euros d’un coup : nous voilà à 140 ; s’il ne contient aucun produit chimique, du moins si vous pouvez l’affirmer, ce sera encore 10 € de plus ; s’il est à base de produits naturels, encore 10 € ; à base de déchets, 10 € de bonus ; sans parler du fait qu’il n’est pas en plastique, qu’il n’émet pas de CO2, qu’il facilite la mobilité « douce », etc. Pas de nécessité au demeurant de préciser si ce produit correspond ou pas à un besoin, s’il le satisfait ou pas et si les trois quarts des termes employés pour le décrire ne sont pas ou mal définis, voire en complète contradiction. Ah oui, j’oubliais, à ces presque 200 € vous pouvez encore sans problème en ajouter 50 si vous vous présentez comme social et solidaire, et que vous allez réduire les inégalités ! En vingt ans, le siècle des Lumières de Voltaire et Montesquieu, basé sur la science, a viré au paradis perdu de Rousseau.

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La preuve : nous la vivons tous les jours : le consommateur d’aujourd’hui, alors qu’il change de point de vente pour cinq centimes d’écart sur le prix de la bouteille de Coca-Cola, accepte allègrement de payer entre 30 et 70 pour cent plus cher un produit parfois équivalent mais souvent moins bon, pourvu qu’il soit « habillé » des multiples oripeaux que nous avons évoqués ci-dessus. (C’est le rapport moyen entre le prix du bio par exemple et le produit disons habituel.) Et ce marché est en croissance ininterrompue. Même les banques ont réussi à devenir écologiques !

Les raisons : il pourrait d’abord exister des raisons scientifiques. Si l’on se penche sur ce problème on reste un peu surpris. Si l’espérance de vie en France a augmenté de plus de 20 ans depuis 1945, ceci est probablement dû à la médecine, à la quantité de nourriture disponible, mais aussi à sa qualité, laquelle a été encadrée de multiples garanties. Se sont ajoutées de meilleures pratiques mises en place au fil du temps, ainsi qu’une amélioration générale des conditions et de l’organisation générale de la vie : moins d’accidents, moins d’efforts physiques, moins de travail, un souci constant de sécurité, de meilleurs logements, etc. Alors, si quelqu’un venait me dire aujourd’hui que notre mode de vie est réellement malsain, je lui rirais au nez. Et je pense que personne d’honnête intellectuellement ne pourra contester que la moyenne de la société française vit mieux en 2020, même confinée, qu’en 1945.

Il pourrait y avoir, une autre piste, par exemple un grand mouvement spirituel. L’homme ou la femme pourrait avoir compris que si ce qu’il recherche inconsciemment c’est en définitive le bonheur et que le bonheur dépend peut-être moins des conditions matérielles objectives dans lequel on vit, mais plus de son attitude individuelle ou collective devant la vie. Cette piste paraît peu vraisemblable dans la mesure où nous voyons chaque jour les églises désertées, au moins dans leur forme traditionnelle. On en voit de nouvelles par contre croître et prospérer mais dans lesquelles on a une certaine tendance – et ce n’est pas sous ma plume une critique - à remplacer la foi par la croyance. Certes un certain nombre de gens changent radicalement leur mode de vie mais ce n’est pas très fréquent et souvent assez superficiel : on va se promener dans les bois mais on y accède en voiture et l’on porte des chaussures et un anorak dernier cri, appuyé sur un piolet ! Messieurs Hulot et Arthus Bertrand sauvent la terre mais à partir d’un hélicoptère. Le nombre d’ermites, façon Saint-Jérôme, ne croît tout de même pas très vite.

Une autre raison possible : l’amélioration objective de notre qualité de vie issue du développement de pratiques vertueuses. Si l’on y regarde de près ce point est assez souvent douteux. Ce qui fonctionne pour finir c’est le vélo « électrique ». Le vélo de base qui demande des efforts réels, qui ne consomme pas d’énergie fabriquée, n’est tout de même pas le grand gagnant du match de la mobilité. Le Canard enchaîné lui-même, dans un article récent ("La batterie électrique est déjà à plat" 14/10/2020) explique en long, en large et en détail combien le combat pour l’éolien ou le solaire est factice. Quant aux contradictions elles jalonnent continuellement la plupart de ces propositions : la France doit créer des industries exportatrices mais elle doit consommer local et donc ne rien importer : cherchez l’erreur ; elle doit améliorer sa compétitivité mais favoriser l’artisanat ; elle subventionne déjà à fonds perdus la SNCF à hauteur de 17 milliards d’€ par an, mais elle va encourager son développement tout en équilibrant d’ailleurs les comptes de la nation… on pourrait en remplir une Encyclopedia Francia complète de ce « toujours plus » devenu « tout et tout de suite ».

On en arrive alors tout doucement au problème du discours. On fait comme souvent : le problème n’est pas la vérité mais ce que l’on pense qu’elle est : quelque part tout se passe comme si au fur et à mesure que notre vie se sécurise, notre crainte de la perdre, voire de la gâcher, augmentait. Nous allons dès lors avoir toutes les bonnes raisons d’inventer des fantasmes pour essayer de la préserver. Les disciples de Rousseau ont de ce point de vue réussi une OPA exceptionnelle sur notre paradis perdu et ceci par les moyens les plus classiques de la publicité. Trouver les bons axes, les bonnes images et représentations, les bons messages et ensuite en abreuver le brave peuple jusqu’à plus soif.

La première idée lumineuse fut d’adopter le terme « écologie », à l’origine simple étude des milieux où vivent les êtres vivants, pour en faire une doctrine sur l’équilibre entre l’homme et son environnement. Premier détournement de sens si l’on peut dire[1]. Auparavant on se préoccupait plutôt d’environnement.

Ensuite se place une superbe OPA tentée et réussie sur le terme « BIO ». Ce mot grec je crois, signifie la vie. Les obsédés du naturel réussirent il y a un certain nombre d’années à faire admettre que tout ce qui était naturel, artisanal, local, etc. aurait seul désormais le droit de s’appeler BIO. (Pour ceux qui s’en rappellent une marque de yaourts dut changer sa marque pour faire plaisir aux illuminés de l’époque.) Le Bio se retrouva connu de tous quasi instantanément). Pour ceux également que cela intéresse : en Allemagne les produits « bio » s’appellent oekologisch et en Angleterre organic ; id en Espagne…) Aucun autre pays n’a accepté de donner le terme bio à une catégorie de produits particulière. La réussite du terme bio fut telle qu’après l’avoir appliqué aux produits alimentaires d’abord, on l’étendit ensuite aux cosmétiques, aux magasins, aux modes de production ou de vie : tout est désormais bio, même les voitures, pourvu qu’elles fonctionnent à l’électricité. C’est quasiment devenu un mode de vie : on respecte la nature, les animaux, la tradition… mais comme ci-dessus, on réclame l’hélicoptère pour se faire transporter à l’hôpital et passer un scanner ! Il y a des moments où la vie « normale » et ses contraintes vous rattrapent.

L’écologisme, chapelle, secte ou église des écologistes, est en train de recommencer le même processus avec le terme « écocide ». Dans ce mot, tous comprennent que « cide » veut dire tuer, mais que recouvre « éco » ? l’écologie ? (on a tué une forêt centenaire) ou l’économie (on a coulé l’usine Bridgestone faute de concessions réciproques ou avec des charges abusives) ? L’école (institution centrale des études) ? Nous en sommes à ce jour à définir s’il s’agira d’un délit (version standard) ou d’un crime (version écologiste) ? C’est assez grave : je ne voudrais pas un jour être condamné à de la prison pour avoir écrasé un moustique !

Tout se passe comme si une nouvelle église avait surgi du christianisme déclinant dont le thème central serait le retour au jardin d’Eden. Mais alors, il faut être cohérent et lui appliquer le principe de séparation de l’église et de l’Etat : appliquons la loi de 1905, et donnons-lui une place raisonnable mais limitée dans l’éducation de nos enfants. Contrôlons et encadrons sa présence médiatique, en particulier la véracité de ses allégations[2]. Lançons dès maintenant le terme d’écolophobe. Au passage, petit clin d’œil à l’un de nos présidents récemment disparu :

l’écologisme n’a pas le monopole de la nature et de l’environnement.

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Messages (3)

excdllent !

le 14 décembre 2020, 13:56 par gerard dosogne

J’aime beaucoup ton article. Très bon constat sur la dictature du BIO et des ECOLO ... qui profite à de nombreux acteurs !

Bonheur ou salut

le 15 décembre 2020, 10:23 par Eric Verhaeghe

Hello Yves, je me demandais si, à travers l’écologie, les gens se préoccupaient plus de leur bonheur ou de leur salit (champ laissé libre par la disparition progressive de l’Eglise).

Idem

le 17 décembre 2020, 12:25 par Aurélien

Plutôt qu’un parallèle à l’église, l’"écologie" dans sa version médiatisée n’est rien d’autre qu’un outil marketing. Vous ne faîtes que mettre en lumière, et c’est bienvenue, qu’il n’y a absolument rien qui change dans les méthodes, seuls les habitudes sont modifiées. Et ça dérange les générations vieillissantes. Pour le reste, il y a des passages bâclés et discréditant (Vous pensez vraiment ce que vous écrivez dans le paragraphe "Les raisons" ??)


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