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Le capital risque n’est pas la solution pour les premiers financements des jeunes pousses

Avec le retard de la France en business angels nos start-up ont du mal à grandir. Mais personne ne semble en avoir conscience. Une des explications les plus probables de cette ignorance est l’habituelle confusion entre l’activité du capital- risque et celle des business angels. La plupart des gens croient que le capital-risque est présent dès les débuts de l’entreprise. Or, ce n’est absolument pas le cas.

Comme le marché du capital-risque est en pleine forme, les hommes politiques pensent qu’il n’y a pas de problème en ce qui concerne le financement des jeunes pousses. Une analyse très simple permet pourtant de comprendre que le capital-risque ne peut pas jouer le rôle des business angels. Leurs contraintes sont en effet tout autres.

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A l’inverse des business angels qui étudient les dossiers et accompagnent les entreprises sans se faire rémunérer, les fonds de capital-risque sont dans l’obligation de payer du personnel mais leur rémunération (plus-value, frais de levée de fonds ou de gestion) est proportionnelle non pas au nombre de dossiers traités mais aux montants investis. Les frais d’étude étant les mêmes pour un financement de 100 000 euros ou de 1 million d’euro, cela explique leur désintérêt. Sans compter qu’en général plus le besoin de financement est faible, plus l’entreprise en est à ses débuts, et donc plus elle est risquée ...

Cette absence du capital-risque au début de la vie des entreprises n’est pas une exception française mais se constate dans les autres pays, et ce malgré les avantages fiscaux qui peuvent exister.

On remarque par ailleurs que les montants levés par les fonds de capital-risque dépassent les montants effectivement investis par les fonds dans les entreprises. Cela confirme que le capital-risque ne manque pas d’argent mais de projets dans lesquels investir, c’est-à-dire d’entreprises ayant réussi à traverser la vallée de la mort.

Ce manque de projets explique peut-être pourquoi les fonds se sont réfugiés dans les LBO (leverage buy out), des montages juridico-financiers de rachat d’entreprise par fort endettement. Ces montages sont très lucratifs, mais ils ne créent pas d’emplois voire même en détruisent.

Tout ceci est confirmé par la récente étude In extenso - une unité du réseau Deloitte - que le Figaro a résumé ainsi : « En France les levées de fonds se concentrent sur les entreprises plus matures » .

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