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La quintuple peine des victimes des gilets jaunes

En droit pénal français, l’adage Non bis in idem interdit de poursuivre ou de condamner une personne deux fois pour les mêmes faits. Ce principe, dans le droit positif, figure dans le Code de procédure pénale, qui prévoit à son article 368 qu’« aucune personne acquittée ou condamnée légalement ne peut plus être reprise ou accusée à raison du même fait ». Il s’agit d’une application du principe plus général d’autorité de la chose jugée.

Nous allons voir que les gilets jaunes, dans leur mépris insondable de la légalité, imposent aux Français depuis un mois une sorte de quintuple peine.

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La première peine est celle de tout le monde et dont d’ailleurs les gilets jaunes eux-mêmes se plaignent : Monsieur Milicourtois[1], excellent expert, explique, chiffres à l’appui, que le niveau de vie des Français s’est plutôt amélioré ces dernières années. Le prix de l’alimentation, celui des voitures, celui de l’électronique, celui des voyages… ont plutôt baissé en relatif, voire même souvent en absolu. Par contre tous les « à côtés » c’est-à-dire les assurances, les entretiens, les abonnements, parfois l’énergie, etc. ont dérapé et parfois lourdement. J’ajouterais volontiers tout ce qui apparaît comme dépendant de l’État : le prix des PV, le coût du stationnement, les péages, les redevances de toutes sortes (TV, mutation, divorce, etc.) mais aussi les taxes locales (avant la pseudo suppression de la taxe d’habitation mais majoration jusqu’à 60 % des résidences secondaires) la CSG non compensée pour les retraités, auxquels il faudrait ajouter diverses contraintes du type 80 km/h ou 70, prélèvement à la source, remodelage incohérent de la circulation, etc., le stationnement, les frais de recouvrement de l’État, les taxes d’habitation majorées pour tel ou tel motif, etc.

Ce qui est clair c’est que tout un chacun, gilet jaune ou autre, est excédé par l’avalanche des taxes et contraintes diverses qui nous tombent sur la tête chaque jour. Les gilets jaunes n’ont pas l’exclusivité de cette peine, elle a touché Monsieur et Madame Toutlemonde.

La seconde peine, c’est depuis un mois de ne plus pouvoir vivre normalement, pour ne pas dire à ma guise. Pour des raisons personnelles il se trouve que certains d’entre nous ont des déplacements à faire et ceci de manière impérative et indépendante de leur volonté. Occupés la semaine ils ne peuvent les faire que dans le week-end. Ce dernier est désormais consacré à essayer d’éviter bouchons, barrages, pavés, incendies, insultes, péages gilet jaune sauvages, (vous avez bien lu), et manifestations surprises. Sortir le samedi, relève d’une pochette surprise puisque aucune organisation ni prévision n’est prévue ni respectée.

La troisième peine va être de payer les dégâts. La politique simpliste des gilets jaunes pour faire des économies, est de commencer par casser, détruire, bloquer l’économie, mettre le pays à feu et à sang, n’importe où n’importe quand. L’excuse est de reporter tout cela sur les casseurs professionnels : j’ai quelques doutes sur leur présence dans les péages ou les ronds-points de province, dans le blocage du dépôt d’essence, voire dans la mise à sac d’un tiers de Paris alors qu’ils sont de 2.000 comparés à 100.000 ou 200.000 gilets jaunes. Il est encore très difficile de savoir combien cela va coûter : quelque part entre les 2 milliards de recettes perdues et les dizaines de millions de l’Arc de Triomphe et des vitrines des Champs-Élysées. Le timide redressement de l’économie française est en tout cas bien compromis. Soyons certains dans tous les cas que nous retrouverons le prix des voitures brûlées, des vitrines dévastées, des pavés arrachés, voire de coût des heures supplémentaires des policiers dans nos factures et taxes diverses l’année prochaine. Si en définitive les dégâts s’élèvent à 200 millions et que 200.000 Français auront pour une fois le courage de se revendiquer gilets jaunes je propose la création d’une taxe exceptionnelle qui leur sera réservée de 1.000 € par manifestant. (200 millions divisés par 200.000).

Ce n’est pas tout. Voici venir la quatrième peine. On attrape bien entendu quelques fautifs, vrais ou faux. Ces gens doivent être jugés puis condamnés : qui paiera les juges, qui paiera le séjour en prison, qui paiera les blessures, qui répareras les sévices et les blessés abîmés par un week-end de hapening ? Nous, bien entendu.

La cinquième peine est encore plus subtile : chaque jour dans les journaux, chaque soir au journal télévisé, 100.000 individus expliquent qu’ils ne céderont pas, qu’ils ont raison, qu’ils représentent tout le monde, que leur cause est juste, qu’on ne veut pas leur donner totale satisfaction (laquelle au demeurant ?), etc. Il faudrait peut-être se rappeler avec intérêt qu’il y a en face 65 millions de Français qui voudraient préparer Noël et qui ont un peu de mal à comprendre comment 1 % de la population, même excédée, décide pour eux de l’allocation de leur temps de leur mobilité, voire de leur sécurité, pour le moins.

En conclusion nous rappellerons qu’il se trouve que se dénoue par hasard en ce moment le procès du « mur des cons »[2]. En son temps un VIP de la justice expliqua au citoyen que je suis, qu’en droit cette histoire ne tenait pas, car le mur des cons était installé dans un endroit privé à savoir un local syndical. C’est certainement vrai mais depuis je ne fais plus appel à la justice car manifestement sa balance est faussée. En droit également, il me semble qu’aujourd’hui, payer cinq fois pour la même cause commence à être franchement illégal.
On nous assène que 85 % des Français sont derrière les Gilets Jaunes. Certainement lorsqu’il s’agit des impôts (qui pensait avoir une autre réponse ?). Quand il s’agit de causer et de payer les dégâts, je gage que 85 % des français sont contre et seraient d’accord pour réserver cette addition à ceux qui se sont invités à la fête : la responsabilité des gilets jaunes est pleine et entière. La violence est devenue la pratique usuelle des manifestations de rue, encore amplifiée par l’innovation des gilets jaunes : l’absence d’objectif et d’organisation, ainsi que l’ignorance totale des règles démocratiques (déclaration préalable des manifestations, localisation, encadrement, etc.) laquelle rend quasiment imprévisible tous les débordements et donc toute gestion de la crise.
Si d’aventure des chemises brunes de sinistre mémoire venaient s’intercaler dans le processus en cours, il est fort à parier que les gilets jaunes plaideraient non coupables ! « Méfie-toi, Qui sème le vent, engendre la tempête »[3]

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