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La plongée du parti démocrate américain dans le socialisme

Ces derniers mois ont vu une transformation fondamentale de l’un des deux grands partis américains, le parti démocrate, en un parti socialiste typiquement anticapitaliste et étatiste à l’image des partis socialo-communistes européens.

De Franklin Roosevelt à Bill Clinton en passant par Lyndon Johnson, le parti démocrate a été un parti allié aux syndicats, multipliant autant que faire se peut la création ou le développement d’avantages sociaux en faveur des plus déshérités mais comprenant que son succès dépendait au final du succès du secteur privé.

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Le sénateur Bernie Sanders a bouleversé cet équilibre : le rôle du secteur privé est de fabriquer de la richesse que l’État peut et même doit seul distribuer.

Le président Obama en a lancé les nouveaux fondements juridiques : ils ne sont plus définis par le code fiscal ou les lois votées, mais bien par les menaces que font peser les agences gouvernementales : la Justice, le Travail, le NLRB (National Labor Relation Bureau qui décide des relations de travail au sein des entreprises) et le nouveau Consumer Finances Protection Bureau dont Élisabeth Warren, sénatrice, qui pourrait être la vice-présidente du ticket Clinton, a été l’instigatrice.

Ces agences gouvernementales se sont vu donner des pouvoirs souvent en conflit direct avec ceux du Congrès par un président utilisant l’ordre exécutif, dépassant largement le cadre légal dans lequel est théoriquement limité cet ordre mais forçant le secteur privé à s’incliner avant qu’une Cour n’ait eu le temps de nullifier l’ordre présidentiel (comme par exemple l’ordre qui étendait au gaz carbonique l’application de la législation du « clean air act » Cross-State Air Pollution Rule, promulgué par l’EPA et forçant les centrales à charbon à fermer ou à dépenser des sommes considérables avant que l’ordre exécutif puisse être annulé par la Cour fédérale du district de Columbia ).

Obama est au fond lui-même un Bernie « Sanderista » car au temps où il était à l’université de Colombia, il appartenait aux groupes dont l’objectif avoué était la destruction du capitalisme américain.

Les politiques menées par John Kennedy et Bill Clinton, fondées sur la compréhension de l’importance du secteur privé sont abandonnées comme le prouve la chute de la croissance du PIB de 3% à moins de 2% depuis 2008.

Le succès de Bernie Sanders est d’avoir isolé Hillary Clinton de la plupart des jeunes, votant démocrate, beaucoup plus préoccupés par la lutte des classes, se dissimulant derrière la lutte contre les inégalités de revenus ou pour la justice sociale, que de voir l’économie américaine se développer pour offrir à tous un travail.

En témoignent le poids croissant de ceux qui sont sortis du marché du travail et simultanément, les discours pour (comme en France) distribuer des droits et des revenus qui ne sont plus fondés ni sur le travail ni sur la prise de risque, mais sur ces droits sociaux que multiplient les leaders politiques de gauche.

L’économie et la société française ont été déjà complètement étouffées par l’absence de leaders capables de démontrer l’absurdité, ou plus exactement, le suicide, auquel conduisent ces politiques.

Mais il va être intéressant de voir si un homme dont le parcours personnel est un symbole de l’antithèse, un homme qui représente le succès le plus abhorré par ses adversaires, le milliardaire, sera capable de gagner l’une des plus grandes batailles de sociétés de notre temps, même si son succès ne reflète pas toujours les aspects les plus admirables du capitalisme.

Nb. Cet article est en grande partie inspiré par l’article du Wall Street Journal du 10–12 juin 2016 paru dans « Opinion » intitulé « Bernie should hold out » de Daniel Henninger.

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