La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

par

L’Industrie pour relever la France
Dossier de synthèse

La crise du Covid-19 a finalement fait prendre conscience à nos dirigeants du fait que la France est un pays fortement désindustrialisé : il était temps. Et, encore, n’ont-ils vu que l’aspect sécurisation de nos approvisionnements, omettant de prendre la mesure de l’autre inconvénient de la désindustrialisation : l’appauvrissement de la population. Pourtant, la jacquerie des gilets jaunes aurait déjà dû les alerter. Elle a été en effet, l’illustration parfaite des graves inconvénients d’une forte désindustrialisation pour un pays affecté par ce phénomène : désertification du territoire, difficulté pour les classes laborieuses de faire face à leurs « fin de mois », et un sentiment d’abandon chez les personnes vivant dans ce que l’on a appelé les « périphéries urbaines ».

Et Il y a, maintenant, cet ouvrage de Nicolas Dufourq, le directeur général de la BPI, qui vient de paraitre chez Odile Jacob, qu’il a intitulé tout simplement : « La désindustrialisations de la France 1995-2015 ». Cet ouvrage fait grand bruit. L’auteur qui est un expert particulièrement bien placé pour traiter de ce problème considère que le phénomène de la désindustrialisation de la France est une catastrophe nationale. Il nous dit : « Entre 1995 et 2015 le pays s’est vidé de prés de la moitié de ses usines et du tiers de son emploi industriel. De nombreuses communes et vallées industrielles ont été rayées de la carte ». Les conséquences sociales sont effroyables.

La France, effectivement, n’a pas cessé de se désindustrialiser depuis la fin des Trente glorieuses, et nos responsables politiques, curieusement, sont restés muets face à ce phénomène. Il faut bien voir que cette grave désindustrialisation du pays est la cause de tous les maux dont souffre aujourd’hui notre économie. Notre secteur industriel ne participe plus que pour 10 % à la formation du PIB alors qu’il s’agit dans des pays prospères comme la Suisse ou l’Allemagne, des pays qui sont nos voisins immédiats, de 23% ou 24 % : la France est devenue le pays le plus désindustrialisé de tous les pays européens, la Grèce mise à part.

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1- Pourquoi notre industrie a-t-elle si fortement décliné ?

Les penseurs libéraux incriminent volontiers les lourdes charges qui, en France, pèsent sur nos entreprises et minent leur compétitivité : certes, est-ce là une première explication. Mais il en est une autre que les jeunes générations ne mentionnent pas car cette période est trop lointaine pour eux : la perte de notre vaste empire colonial. Nos entreprises, en effet, ont vécu très longtemps protégées de la concurrence par leur accès facile aux vastes marchés que constituaient nos colonies et elles se sont trouvées mal préparées à la mondialisation quand la France s’y est imprudemment plongée, sans préparation. Un très grand nombre ont alors périclité, non pas tant en raison de trop lourdes charges pesant sur elles, mais pour n’avoir pas su modifier leur stratégie et en trouver une nouvelle. Beaucoup de nos entreprises, dans tous les secteurs, ont disparu du fait que les chefs d’entreprise ont été de très médiocres stratèges. Nos chefs d’entreprise n’avaient pas l’habitude de se focaliser sur les éléments constitutifs de leur « avantage compétitif » : c’est une notion qui n’existait pas à cette époque, et il leur a fallu beaucoup de temps pour qu’ils prennent conscience de la nécessité de doter une entreprise d’une stratégie qui soit réfléchie et périodiquement mise à jour. Jusque-là, on produisait et l’on vendait sans devoir s’occuper d’autre chose que de résoudre des problèmes techniques et de logistique.

Quant aux raisons expliquant pourquoi nos élites n’ont pas réagi, elles tiennent au fait qu’elles avaient toutes été formées à la même école, à Sciences Po et à l’ ENA, où on leur avait enseigné la loi des trois secteurs de l’ économie de Jean Fourastié qui avait publié, en 1949, son fameux ouvrage « Le grand espoir du XXe siècle ».Une société qui se développe passe obligatoirement, leur a-t-on expliqué, du secteur primaire, l’agriculture, au secteur secondaire, l’industrie, puis, ensuite, du secteur secondaire au secteur tertiaire, celui des services, en sorte qu’une société moderne ne serait plus constituée que par des activités relevant des services. Il apparut donc à nos dirigeants comme tout à fait naturel que notre secteur industriel s’amenuise régulièrement, le rétrécissement de ce secteur étant le signe même de la modernisation du pays. Ils n’ont pas vu que Fourastié avait appréhendé les phénomènes d’évolution des sociétés en termes d’emplois, et non pas de valeur ajoutée.

Il nous faut donc nous pencher sur le problème de la réindustrialisation de notre pays. Il est temps d‘agir car tous les clignotants sont au rouge : un chômage important que l’on n’arrive pas à réduire depuis de très nombreuses années, une balance commerciale de plus en plus déficitaire, des dépenses sociales considérables et toujours croissantes pour palier l’appauvrissement de la population, d’où des dépenses publiques qui sont devenues les plus importantes de tous les pays de l’ OCDE par rapport au PIB, et un endettement du pays qui ne cesse d’augmenter. Le gouvernement d’Emmanuel Macron a donc entrepris d’agir pour réindustrialiser le pays et il a lancé, en octobre 2021, le « Plan France 2030 » auquel la puissance publique va consacrer 30 milliards d’euros, un plan comportant une liste de réalisations nouvelles dont un certain nombre de réacteurs nucléaires de petite dimension. Mais comme nous allons le voir ce plan est totalement insuffisant.

Il convient, en effet, de prendre correctement la mesure du problème : nous ne sommes plus à l’ère du Commissariat général au Plan de la période de l’immédiat après-guerre, et il n’y a donc pas un plan quinquennal ou décennal en cours, encore que l’on pourrait attendre légitimement de François Bayrou qui a été nommé « Haut- Commissaire au Plan » en septembre 2020 des indications sur le rythme auquel il conviendrait de réindustrialiser notre pays et la manière de procéder afin que notre économie se redresse au plus vite :mais nous n’avons rien, de son côté, bien qu’il ait à sa disposition le concours de France Stratégie..

En l’absence donc d’une programmation indicative précise qui émanerait des pouvoirs publics, on peut tenter de situer le problème en procédant à quelques chiffrages approximatifs, selon l’approche que nous proposons ci-après.

2- Le rôle de l’industrie dans l’économie

L’industrie joue un rôle clé dans la création de richesse, et ce phénomène est aisé à mettre en évidence en examinant la relation existant, dans différents pays, entre leur production industrielle et le PIB par tête de leurs habitants, le PIB/capita étant l’indicateur qu’utilisent les économistes pour mesurer la richesse des pays. C’est ce que montre le graphique ci-dessous où il est pris, en abscisses, pour variable explicative, la production industrielle des pays calculée par habitant, et, en ordonnées, les PIB/capita de ces pays. Pour ce qui est des données sur la production industrielle, il s’agit des informations fournies par la BIRD qui inclut la construction dans l’industrie, les productions industrielles étant mesurées, ici, en valeur ajoutée selon les données des comptabilités nationales des pays. Et les PIB/capita sont ceux fournis, également, par la Banque mondiale.

Graphique corrélation production industrielle par habitant et PIB/capita

La France, sur ce graphique, se situe sensiblement au dessus de la droite de régression du fait qu’elle a des activités tertiaires importantes, dont le tourisme ; de même, pour ce qui est du Danemark qui a, lui, des activités agricoles d’une importance toute particulière. On voit que La France avec une production industrielle faible de 6.432 US$ par habitant a un PIB/capita de seulement 39.030 US$ ; l’Allemagne avec un ratio bien meilleur de 12.279 US$ a un PIB/capita de 46.208 US$, et la Suisse avec un chiffre record de 22.209 dollars en est à un PIB/capita de 87.097 dollars, le plus fort d’Europe.

L’Institut des Libertés, de son côté, dans une étude récente sur la Suisse, a montré le rôle moteur que joue l’industrie dans l’économie de ce pays, et nous reproduisons ci-dessous le graphique qu’il a publié montrant comment ont évolué la production industrielle et le PIB, dans ce pays, entre 1980 et aujourd’hui.

Graphique Suisse : Production industrielle et PIB

base 100 en 1980

On peut rajouter, pour ce qui est de l’intérêt de l’industrie dans un pays, plusieurs autres éléments : c’est des trois secteurs d’activité qui composent l’économie d’un pays celui où la productivité augmente le plus vite, c’est un secteur fort créateur d’emplois puisque les économistes considèrent qu’un emploi créé dans l’industrie induit 3 emplois dans le secteur tertiaire, et c’est un remarquable instrument d’aménagement du territoire.

3- Les effets désastreux de la désindustrialisation du pays

Tous les clignotants de notre économie sont au rouge. Que s’est-il passé ? Notre secteur industriel se rétrécissant peu à peu, c’est à dire contribuant de moins en moins à la formation du PIB, il en est résulté un appauvrissement relatif du pays. Il s’en est suivi les phénomènes suivants : des dépenses sociales de plus en plus importantes pour parer à l’appauvrissement des classes laborieuses sous la poussée de syndicats revendicatifs qui avaient dans leur ADN la Chartes d’Amiens de 1906,une charte conduisant à un syndicalisme révolutionnaire ; d’où, des dépenses sociales qui sont devenues les plus élevées de tous les pays de l’OCDE, d’où des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires croissant qui sont devenus, eux aussi, les plus importants de tous les pays de l’OCDE, et ceux- ci n’étant jamais suffisants, un recours systématique, chaque année, à de l’endettement. La France se retrouve ainsi championne du monde des dépenses sociales ainsi que des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires, et elle a aujourd’hui une dette extérieure extrêmement élevée.

Curieusement, la relation de cause à effet entre un taux d’industrialisation qui est devenu le plus faible de tous les pays européens et des ratios qui sont les plus élevés, en Europe, voire dans l’ensemble des pays de l’OCDE, en matière de dépenses sociales, de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires, n’a pas été vue par nos dirigeants, et cela parait incompréhensible. Il s’agit d’un enchainement fatal, un véritable cercle vicieux dans lequel ils se trouvent emprisonnés, et cela débouche chaque année sur un peu plus de dette. Celle-ci étant devenue supérieure au PIB, la situation ne peut plus durer ainsi.

4- L’objectif à atteindre

On peut chiffrer par des calculs d’économétrie très simples à 18 % le taux d’industrialisation nécessaire, statistiquement, pour que la balance du commerce extérieur d’un pays soit à l’équilibre, et nous retiendrons donc ce taux comme l’objectif à atteindre dans les prochaines années. La moyenne des pays européens est à 15,9 %, et l’objectif proposé est supérieur à ce chiffre car il est lui-même affecté par le cas de la France. Nous proposons de considérer que 18 % est bien l’objectif à se fixer pour retrouver, demain, une situation équilibrée.

5- Les emplois industriels à créer

A la fin des trente glorieuses les effectifs industriels dans notre pays s’élevaient à 6,5 millions de personnes. Ils ne sont plus aujourd’hui que de 2,7 millions, alors que l’Allemagne, par exemple, en est à prés de 7 millions. Avec les ratios issus des statistiques existantes on peut évaluer à 4,5 millions les effectifs d’un secteur industriel se situant dans notre pays à 18 % du PIB, ce qui signifie qu’il faudrait créer environ 1,8 million d’emplois nouveaux dans le secteur industriel. Mais avec les progrès de productivité considérables amenés dans l’industrie par la numérisation et l’intelligence artificielle, ce chiffre doit être fortement corrigé : on doit le ramener à un million de personnes, tout au plus. Cela signifierait que la France, avec un taux d’industrialisation de 18 % aurait, demain, un effectif de 3,7 millions de personnes travaillant dans l’industrie, chiffre à comparer à l’Allemagne qui a aujourd’hui un effectif de 7 millions de travailleurs dans l’industrie pour un taux d’industrialisation de 23% ou 24 % .

6- Le rythme de réindustrialisation du pays

Le rétablissement des grands équilibres de notre économie est urgent, et il dépend, fondamentalement, du redressement de notre secteur industriel. Il serait donc souhaitable que l’objectif de 18 % envisagé plus haut puisse être atteint dans un délai de 10 ans, ce qui impliquerait un rythme de création de 100.000 emplois industriels par an. Par rapport aux 2,7 millions d’emplois existant on en serait donc à une croissance de 3,7 % par an du secteur industriel, ce qui est un rythme ambitieux mais soutenable.

7- Les investissements à réaliser

L’intensité capitalistique dans l’industrie s’est considérablement élevée ces dernières années, et l’on ne peut plus raisonner avec les ratios anciens : avec la numérisation nous en sommes à une nouvelle révolution industrielle. On constate, par exemple, que dans le cas de l’usine de production de véhicules Tesla qu’Elon Musk a tout récemment implantée en Allemagne, à Grünheide dans le Brandebourg, il s’est agi d’un investissement de 5,8 milliards d’euros, l’effectif annoncé pour ce projet, lorsque cette mega-factory tournera à plein, étant de 12.000 salariés, soit un coût d’investissement de 480.000 euros /personne. Comme on le sait, les usines de production de véhicules automobiles sont aujourd’hui extrêmement robotisées, et l’on pourrait donc retenir un chiffre sensiblement moindre, de par exemple 350.000 euros par emploi, en moyenne, comme ratio d’intensité capitalistique dans des usines modernes.

Ainsi, pour une réindustrialisation s’effectuant au rythme de 100.000 emplois par an on aboutit à des montants d’investissements de l’ordre de 35 milliards d’euros par an.

Au total le coût, en investissement, de la réindustrialisation de la France s’élèverait à 350 milliards d’euros. Bien évidemment, les entreprises françaises n’y suffiront pas et l’on aura besoin d’un apport massif d’investissements étrangers, ce que les économistes nomment des IDE (investissements directs étrangers).

On peut comparer utilement ce montant de 350 milliards d’euros nécessaires pour réindustrialiser la France au stock des investissements de la France à l’étranger : 565 milliards dans l’industrie, en 2020, selon les derniers chiffrages de la Banque de France. On retrouve bien, là, les investissements industriels qui ne se sont pas faits en France et qui expliquent la désindustrialisation du pays. Du fait des conditions qui étaient celles de la France, les industriels sont allés investir ailleurs.

8- Le recours aux investissements étrangers

Le flux des investissements étrangers en France est, en moyenne, de l’ordre d’une trentaine de milliards d’euros par an, dont un tiers destinés à des projets industriels, soit 10 milliards par an pour l’industrie.

Pour ce qui est de l’Union Européenne, la CNUCED nous indique qu’il s’agit d’un flux de l’ordre de 150 à 160 milliards d’euros, chaque année. Si l’on applique le ratio français, pour ce qui est de la part de l’industrie dans ces flux, on aboutit au chiffre de 50 milliards d’euros pour ce qui est des IDE destinés au secteur industriel, en Europe, chaque année.

Les 10 milliards d’euros d’IDE dont bénéficie chaque année l’industrie française sont nettement insuffisants et il faudrait que notre pays puisse capter une plus grande part des montants qui se dirigent vers l’Europe : on pourrait retenir comme objectif 15 milliards d’euros, soit 50 % de mieux que ce qui se fait aujourd’hui. Les investissements étrangers interviendraient ainsi pour environ 40 % dans la reconstruction de notre secteur industriel. Et il faudra donc prendre des mesures particulières pour obtenir ce résultat.

On voit ainsi comment se situent les 6,5 milliards d’investissements étrangers annoncés triomphalement à l’issue du dernier « Choose France » : un bon résultat, notamment au plan stratégique avec l’usine de composants électroniques, mais encore un chiffre loin des besoins qui sont les nôtres pour réussir dans des délais raisonnables la réindustrialisation de notre pays.

9- Les difficultés à surmonter

Le plan de réindustrialisation du pays dont nous venons d’esquisser, à grands traits, les contours supposeraient que les investissements à réaliser se ventilent de la façon suivante, en moyenne, chaque année :

Entreprises françaises 20 milliards d’euros
Entreprises étrangères 15 milliards d’euros

Le taux de pénétration étrangère dans le nouveau tissu industriel français serait donc de 40 ¨%, un montant très élevé. Cela supposerait qu’au niveau européen, dans le domaine industriel, la France soit en mesure de capter 30 % des IDE chaque année. Pour y parvenir il faudra davantage encore accroitre l’attractivité de la France et mettre des terrains à la disposition des industriels : la politique des « sites industriels clés en mains », un dispositif qui a été lancé en janvier 2020, va dans le bon sens et il conviendra de la renforcer.

Le rythme d’investissement qui est envisagé ici est très élevé et il va donc nécessiter des aides très importantes de l’Etat pour compenser les handicaps que représentent pour les chefs d’entreprise à la fois notre code du travail et notre fiscalité. On pourrait les justifier par la nécessité d‘être en mesure de faire face à la concurrence des anciens pays de l’Est qui sont membres aujourd’hui de l’Union Européenne. On pourrait calculer ainsi les incitations à investir en France à partir des différences de coût du travail existant entre notre pays et ces pays à bas coût de main d’œuvre :

Coût du travail en euros/heure
France 37,3
Allemagne 35,9
Hongrie 10,7
Pologne 10,4
Roumanie 7,3
source : Insee-Dares, Ed 2020

Une compensation pleine représenterait la somme d’environ 36.000 euros par an, en comptant un différentiel de coût d’une vingtaine d’euros de l’heure.

Nous proposons d’envisager des compensations d’un montant sensiblement moindre : 20.000 euros par emploi pendant par exemple les 5 premières années, puis 10.000 les cinq années suivantes, soit, sur 10 ans, une aide de 150.000 euros par emploi. Il s’agirait d’un montant d’aide extrêmement important, mais c’est bien à ce niveau qu’il faudrait pouvoir se situer, d’autant qu’il faudra être extrêmement attractifs pour les investissements étrangers, car on ne pourra pas faire sans eux (les IDE)

Vis à vis de Bruxelles, un combat difficile sera à mener avec la Commission de la Concurrence : l’argument à faire valoir sera que la France est un pays sinistré, son taux d’industrialisation étant devenu le plus bas en Europe, ce qui conduit à un accroissement régulier de la dette du pays, une situation à laquelle il convient de mettre fin dans l’intérêt même de la zone euro.

Emmanuel Macron a lancé en octobre dernier le programme « France 2030 » doté de 30 milliards d’euros, sur 5 ans, pour faire émerger « des champions de demain ». Ce plan est un bon début mais il est totalement insuffisant. Le programme que nous suggérons de mettre en place se chiffrerait au total pour l’Etat à quelque 150 milliards d’euros, à étaler sur une vingtaine d’années. Le redressement de notre économie ne pourra se faire qu’à ce prix : pas de dirigisme, donc, mais un simple accompagnement pour compenser les handicaps existant en France pour créer de nouvelles unités industrielles.
Et il faudrait compter, en contrepartie de ces dépenses pour la puissance publique, ce qui n’est pas fait ici, toutes les rentrées fiscales résultant de la renaissance et du développement de notre tissu industriel.

L’alternative, dans une optique libérale, serait une mise à niveau immédiate de notre fiscalité, plus une révision des taux des diverses cotisations par lesquelles sont financés tous les organismes sociaux, plus la refonte complète de notre droit du travail, plus une simplification des réglementations existant dans le secteur industriel. Et, de surcroit, il faudrait qu’il s’opère un retour soudain de la confiance chez les chefs d’entreprise qui cesseraient, comme par enchantement, de redouter qu’un gouvernement de gauche vienne, à nouveau, un jour, au pouvoir, dans notre pays. La toute récente revigorisation de la gauche, réussie par Jean-Luc Mélenchon, ne va pas dans ce sens.

Pour l’heure, notre première ministre ne place pas le problème de la réindustrialisation du pays dans ses priorités : c’est inquiétant. Elle va s’occuper tout d’abord du pouvoir d’achat que l’on va stimuler par de nouvelles subventions, en prenant, une fois de plus, le problème à l’envers.

NB : Et l’on ne peut, ici, que citer Nicolas Dufourq, le directeur de la BPI qui nous dit dans l’ouvrage qu’il vient de faire paraitre sur la désindustrialisation de la France : « Mais il reste beaucoup à faire pour réduire le coût de notre Etat providence, fluidifier le marché du travail, reconstruire des filières d’enseignement d’excellence, changer la culture des services déconcentrés de l’ Etat, ralentir l’inflation réglementaire, accélérer les décisions sur les infrastructures industrielles, déployer les méthodes de production les plus modernes dans les PME, et moderniser les relations sociales ».

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Vos réactions à cet article (2) :

favoriser PMI et ETI et agricuture des petites et moyenes tailles

le 15 septembre, 20:01 par zelectron

Réindustrialiser la France c’est mettre la charrue avant les bœufs.
D’abord se séparer avec soupirs et regrets de bon nombre de fonctionnaires et collatéraux à commencer par les plus hauts gradés, pour créer de larges potentialités de financement des manufactures et de l’agriculture.
les grands groupes ne pouvant prétendre à ces mesures (possibilités de financements extérieurs que les "petits" n’ont pas)

L’Industrie pour relever la France

le 27 septembre, 14:10 par zelectron

j’ajoute que les hauts fonctionnaires hautement rémunérés préfèrent traiter un dossier d’un milliard d’€uros plutôt que 1000 d’un million : là est le mal absolu ! les PME/PMI/ETI sont complètement oubliées dans cette vision de gigantisme (inepte).


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