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Inflation et taux d’intérêts

Quoiqu’en pensent les nouvelles théories monétaires et leurs supporters, il existe une seule arme massive contre l’inflation (et oui ça existe !). C’est la hausse des taux d’intérêts et donc la diminution de la masse monétaire.

Donc que voit-on aujourd’hui (et nos grands économistes et banquiers centraux auraient dû le voir plus tôt), c’est que cette inflation que notre Christine Lagarde caractérisait encore de temporaire il y a peu est en train de s’installer … pour durer plusieurs mois sinon plus. (Et pour moi ce sera plutôt pour quelques années, principalement à cause de deux facteurs : le cout de la transition énergétique et celui du ré industrialisation plus du « rapatriement » d’un certain nombre de fabrications pour des raisons stratégiques : la mondialisation est allée trop loin et un retour en arrière devra se payer avec des prix plus élevés)
Aux Etats Unis, l’inflation dépasse 7,5%, comme en Allemagne, en Belgique (8,4%) ou aux Pays Bas. L’inflation de la zone Euro se situe d’ailleurs au-dessus de 7% … alors que la France continue à annoncer autour de 4% … car elle triche en bloquant les prix de l’énergie qui comptent pour près de la moitié de la hausse observée dans les autres pays développés. Cela ne pourra pas durer à la fois par la pression sur la BCE qui sera exercée par les pays du nord de l’Euros et particulièrement l’Allemagne et la pression des marchés : les marchés n’aiment pas les tricheurs !
Pour maitriser cette inflation et empêcher qu’elle ne devienne insupportable les Banques Centrales devront augmenter les taux à court terme et cesser de peser sur les marchés pour contraindre les taux à long termes.
En effet, la BCE ne peut peser sur les taux à long terme, qui sont fixés par le marché, qu’en intervenant à l’achat ou la vente de dette : c’est le Quantitative Easing : la BCE rachète auprès des Banques SVT (spécialistes en valeurs du trésor qui participent aux émissions de la dette) entre 70% et 80% des nouvelles émissions d’OAT français, ce qui permet encore de garder leurs taux très bas : il y a une forte demande (de la BCE) pour les OAT à taux bas. La BCE va diminuer et probablement avant la fin de l’année arrêter ce programme de rachat d’actifs et comme la France aura toujours besoin, et de plus en plus, d’emprunter à l’extérieur on peut imaginer que les préteurs institutionnels étrangers vont demander une rémunération plus élevée pour revenir sur le marché de la dette française.
D’autant plus que la BCE, qui détermine le niveau des taux courts, va devoir remonter ses taux d’au moins 50 BP avant la fin de l’année et de encore 100 basis points en 2023.
Conséquences pour la dette française : un taux à 10 ans que je vois à 3% fin 2022 et autour de 4% fin 2023, avec un service de la dette qui va donc exploser pour atteindre 100 à 120 milliards par an d’ici 5 ans. (L’augmentation du service sera progressive) et probablement une plus grande difficulté à se financer…
Si vous êtes un trader obligataire, il faut jouer la hausse des taux français, et un élargissement du spread OAT/BUND.
En tout cas je n’envie pas le ou la président.e qui sera élu.e le 24 avril …

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Vos réactions à cet article (1) :

Inflation et taux d’intérêts

le 1er avril, 16:40 par Bertrand nouel

Effectivement on peut s’attendre à la suite classique baisse des rachats d’actifs - hausse des taux, et c’est d’aillleurs ainsi que s’est exprimée Lagarde récemment. La FED vient de son côté de prévoir 7 hausses sur 2 ans !
Mais Lagarde a un problème particulier, ce sont les 27 pays dont la situation est très diverse.Les pays du Nord, et spécialement l’Allemagne n’ont pas raison de trop craindre les hausses de taux (faible endettement -relativement), alors que les Latins, dont la France, vont voir leurs intérêts bondir.

D’autre part, la hausse des taux n’est quand même pas la seule mesure, et Lagarde pourrait renvoyer la balle du monétaire au budgétaire de chaque Etat, tout en augmentant modérément (moins que la FED) les taux. Je ne serais pas étonné si Macron utilisait soit le contrôle des prix, soit la baisse de la TVA sur électricité-gaz, sur la pression qui va être très forte après sa réelection. Comme il n’est pas quand même pas certain absolument que l’inflation soit durable et élevée, on peut comprendre qu’il ait jusqu’à présent temporisé en accordant des aides dont la dernière est celle des 18 cts sur l’essence (les aides ne sont pas pérennes). Mais si l’inflation ne dégonfle pas, il peut être contraint d’utiliser l’une ou l’autre, ou les deux mesures ci-dessus, en y ajoutant une inévitable (?) hausse des impôts sur les "riches", notamment IFI/ISF...Et, OK, il ne va pas s’amuser, ni nous non plus !


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