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Drôle de pays que l’Afghanistan

En fait plutôt que drôle, il vaudrait mieux dire curieux, car ce qui se passe là-bas n’a certainement rien de drôle, en tous les cas, interroge énormément.

Une déculottée des USA ?

Tous les médias et toutes les bonnes âmes se retrouvent pour vilipender Joe Biden, président des États-Unis qui, comme en son temps l’un de ses illustres prédécesseurs, Richard Nixon, a choisi d’arrêter cette guerre qui semblait sans issue. Et tout le monde de se réjouir, de manière plus ou moins discrète, de la déculottée reçue par les Américains. À noter que jamais personne n’a réussi à dompter ce pays : ni les Anglais, ni les Russes, ni les Américains, ni peut-être les Afghans eux-mêmes. Appelés comme souvent à la rescousse, les Américains se sont retrouvés 20 ans plus tard taxés d’être des envahisseurs. Ce n’est pas la première fois et probablement pas la dernière, mais nous, français, devrions au moins avoir la reconnaissance du ventre car sans eux nous ne nous serions probablement pas débarrassés seuls d’un certain Hitler. Cela pose tout de même comme chaque fois une énorme question concernant la volonté profonde des populations écartelées entre des idéologies nationalistes, dictatoriales, et souvent religieuses, et un autre modèle de vie qui n’arrive pas à s’inscrire dans la réalité. L’histoire n’a malheureusement à mettre en face, que de pâles copies des démocraties, le plus souvent inégalitaires et corrompues jusqu’à la moelle. C’est l’histoire du Vietnam en particulier du Sud, de la Birmanie, de l’Algérie, d’une grande partie de l’Amérique du Sud, du Mali, de Cuba et j’en oublie…
En attendant, les populations locales payent l’addition, les soldats américains, occidentaux ou onusiens meurent au champ d’honneur. Je ne vois pas très bien en quoi le fait d’arrêter la guerre du Vietnam fut un exploit humanitaire et celle d’Afghanistan une honteuse défaite. Même si ce n’est pas librement, ce sont en fait les peuples locaux qui décident de l’issue : simplement il serait bon qu’ils ne changent pas trop d’avis en cours de route, et qu’ils ne viennent pas se plaindre ensuite : je l’ai déjà dit me semble-t-il, je ne me sens en rien responsable de l’état de l’Algérie 60 ans après la décolonisation. Si les Algériens n’ont rien fait de leur pays, ayant expulsé au passage les ex-colonisateurs, c’est maintenant de leur responsabilité. À eux de trouver comment faire prendre une mayonnaise dans leur pays qui amène progressivement la moyenne de la population à un niveau de vie décent dans une société raisonnablement libre. Personne ne pourra le faire à leur place, pas plus en Afghanistan qu’ailleurs. La richesse et la liberté collective ne se décrètent pas, elles se conquièrent pas à pas par des voies différentes dans chaque pays, en général au moins, dans la sueur et parfois les larmes.

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Vous avez dit règlement de comptes

On reproche beaucoup aux talibans de vouloir régler « leurs comptes » avec les Afghans qui ont « collaboré » avec les puissances occidentales et ou « l’ancien régime ». Cela n’a rien d’étonnant : n’avons-nous pas tondu en d’autres temps des femmes qui avaient fréquenté de trop près, aux dires des autres, l’envahisseur allemand ? Nous avons même inventé un procès : celui de Nuremberg pour donner une odeur de justice à tout cela. Espérons que les talibans feront la même chose mais n’oublions pas que leur référentiel de base s’appelle la charia et pas le code de procédure pénale français. C’est très triste, c’est même à la limite du supportable mais il fallait s’y attendre. Les soldats vietnamiens du Sud qui ont défendu une vision différente de leur pays n’ont pas non plus été franchement récompensés. Ce que l’on peut regretter c’est l’apparente désorganisation dans laquelle s’est fait le départ des gens menacés et malheureusement très probablement, l’absence de justice, même formelle, dans les décisions de châtiment qui interviendront. Encore une fois, que veulent réellement les Afghans ? il semblerait bien qu’avec leurs pieds - ce qui est le vote ultime - ils aient choisi les talibans à l’exception d’une minorité qui bien évidemment aujourd’hui est vomie par la vague. Après tout, les moudjahidines ne sont qu’une version édulcorée des talibans et ils n’ont pas su organiser le pouvoir que les Américains leur avaient apporté.

C’est aux populations de choisir et d’évoluer

Dans ce genre de situation on se retrouve le plus souvent face au dilemme suivant : d’un côté des idéologues plus ou moins vertueux, partisans des minorités agissantes et utilisant à tout va la terreur dictatoriale ; de l’autre côté des gens moins vertueux, plus libéraux, en général plus corrompus mais tout aussi dictatoriaux, ce qui finit aussi par déboucher sur la terreur. Comment choisir ? Quelle route emprunter pour arriver à quelle destination ? On ne compte plus les grandes figures libérales qui se sont engluées dans la démocratisation de leur pays : c’est plus ou moins l’histoire de l’Afrique du Sud, de la Birmanie, de la Turquie, etc. Si tant est qu’il soit possible de développer dans ces pays des modes de fonctionnement comparables aux nôtres, comment les aider à éclore sans les discréditer. Le seul espoir est l’évolution des populations, mais elle est loin d’être certaine, encore moins d’être gagnée.

Colonialisme et néocolonialisme

Il a été infiniment reproché aux peuples occidentaux, leur arrogance et leur colonialisme. Pour des raisons inhérentes à la construction des démocraties, ces pays, et leurs ressortissants ont été expulsés des pays colonisés, souvent de manière assez brutale. Rappelons-nous l’Algérie de « la valise ou la mort ». Nous assistons à ce jour à un curieux phénomène inversé. Pour des raisons diverses, soit syndrome de la pâtisserie[1], soit intolérance aux voies choisies par leur pays d’origine, des populations maintenant assez nombreuses se livrent à une espèce de néocolonialisme qui consiste à aller s’installer dans d’autres pays qui leur paraissent plus cléments. Je ne parlerai pas de néocolonialisme dans le cas de personnes qui, ayant choisi d’émigrer, font l’effort et acceptent de s’intégrer dans leur pays d’accueil. C’est une bonne solution pour eux, c’est probablement un enrichissement pour les pays d’accueil.
Par contre quand ces populations se regroupent, ce qui est naturel sinon souhaitable, et commencent à construire des archipels[2] halogènes, alors je pense qu’il s’agit d’une forme de néocolonialisme et qu’elle risque de ne pouvoir se régler que de la même manière que la précédente. Au mieux nous créerons des sociétés hybrides mais le Liban n’y a pas vraiment survécu. Au demeurant, on peut tout de même se demander pourquoi des personnes qui ont choisi individuellement de quitter un pays parce que le système majoritaire qui y règne ne leur convient pas, pour un autre, qui en a un différent, n’ont de cesse, une fois rendues sur place, que de modifier ce pays d’accueil en y implantant les règles et coutumes de leur pays d’origine. Normalement cela devrait ramener la France, l’Allemagne, ou la Suède (qui sont encore loin d’être des exemples absolus) au niveau de l’Algérie, du Mali ou de l’Afghanistan. À signaler tout de même une différence importante : le colonialisme consistait en l’implantation d’une caste étrangère dominante, alors que le « néocolonialisme » tel que défini ici, implique l’arrivée de populations pauvres ou démunies qui remplacent le prolétariat d’origine. Elle peut monter dans l’échelle sociale mais que très progressivement.

Ce sont les afghans eux-mêmes qui décideront de leur destin

Il est très beau et très vertueux d’essayer d’aider tous ces pays ou toutes ces populations, il faut avoir le courage de constater que cela ne marche pas ! Un pays et ses habitants ne se développent et ne progressent que si c’est leur choix et qu’ils sont prêts à faire les efforts eux-mêmes pour atteindre les objectifs qu’il se sont fixés. L’Afghanistan est une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, qu’on ne peut pas développer un pays de l’extérieur : le risque de se pincer les doigts dans la porte est quasi-certain. La décision est entre les mains des Afghans.[3], de même, d’ailleurs, que celle de la nature de leurs relations avec le reste du monde : si les Talibans choisissent de s’insérer dans un ordre mondial apaisé, ils arriveront peut-être à développer leur pays et à gagner une vraie confiance durable de leurs peuples et des autres pays ; s’ils choisissent de rester ou de redevenir le repaire « d’agitateurs mondiaux », la guerre, qui leur a tout de même beaucoup plus coûté en définitive qu’aux Américains ou aux Russes, recommencera.

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