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Crise de l’énergie : Passerons-nous l’hiver ?
Situation de la production électrique au 12 novembre

Au jeudi 11-11 à 9h00, le parc Réacteur (nucléaire) à Eau Pressurisée (REP) a produit 310 TWh depuis le 1er Janvier 2021. Pour l’instant, la production prévisionnelle de 2021 est de 360 TWh à condition de rester sur une moyenne de production de 1 TWh/jour.

Il serait important que « Réseau de Transport d’Electricité (français) » (RTE) nous explique ce qui s’est passé lors de la pointe de consommation du mercredi 10 Novembre 2021 à 19h00 au moment où il a fallu démarrer toutes les machines de pointe ce qui, au demeurant, a supprimé la réserve secondaire. N’était-il plus possible d’importer et compte tenu de l’écart entre la prévision du jour J et la réalisation inférieure, RTE a-t-il procédé à des effacements. (autrement appelés délestages = demande à des gros clients de cesser momentanément leur consommation, en général inclus dans leurs contrats et justifiant des aménagements tarifaires)
A notre connaissance, RTE n’a pas encore publié le document habituel sur le passage à l’hiver 2021-2022. Est-ce un retard ou un oubli volontaire ? Il est curieux que la Direction Générale de l’Energie Climat (dépendant du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire) ne se soit pas manifestée !

Regardons d’un peu plus près l’état des lieux :

Puissance nucléaire disponible
Novembre 47 GW
Décembre 49 GW
Janvier 50 GW
Février 46 GW
Mars 42 GW
Puissance thermique à flammes et hydraulique
Cycle Combustible Gaz 6 GW
Cogénération (thermique + Mécanique) 4 GW*
Charbon 1,8 GW
Turbines de pointe de charge 1,8 GW
Hydraulique à la pointe + Step** 15 GW
Total 28,6 GW
ou 24,6 GW avant le 01-11
* Chiffre max atteint en 2020 - ** STEP = Stations de Transfert d’Energie par Pompage (Stockage)

• La cogénération n’est disponible qu’à partir du 01-11 et n’est pas pilotable
• Nous avons actuellement 40 tranches REP en service, pratiquement tous les CCG, les tranches charbon disponibles et la cogénération. Dit autrement, tout ce qui est disponible en moyens mobilisables, à l’exception des turbines à combustion, est en service.
• Nous pensons, pure hypothèse, que RTE n’appelle pas les turbines de pointe (sauf extrême urgence) car elles doivent constituer la seule réserve secondaire pour le système électrique français. En effet, le coût de production des turbines de pointe doit être plus bas que les prix spot étrangers.

Si tout est disponible, la puissance mobilisable sera de :

Novembre 75 GW
Décembre 77 GW
Janvier 78 GW
Février 74 GW
Mars 70 GW
Note : la cogénération est à l’arrêt jusqu’en novembre

L’expérience montre qu’il faut retirer 5 % au moins de cette puissance pour tenir compte des indisponibilités fortuites, soit une disponibilité moyenne de 71 GW mais seulement 66 au mois de Mars.

NB : La France ne consomme que 475 TWh par an ce qui en moyenne ne fait que 1,30 TWh par jour mais il y a une forte saisonnalité, laquelle correspond à des consommations ponctuelles, en particulier l’hiver, pouvant atteindre entre 2 et 2,5 TW par jour.

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La France a dû importer pratiquement tous les jours et par moments jusqu’à 5 GW. Nous observons donc que la puissance des capacités mobilisables est très faible ce qui doit être une inquiétude sérieuse pour l’hiver. Les seules importations viennent d’Espagne et d’Allemagne (à base de charbon) et nous continuons à exporter vers la G-B et l’Italie. Avec une puissance hydraulique à la pointe qui dépasse rarement 10 GW compte tenu de la faiblesse des réserves en eau, notre capacité en moyens mobilisables ne dépasse pas 65 GW car il y a des indisponibilités sur les CCG et sur le nucléaire.
Ajoutons que l’éolien à la pointe de 19h00 apporte de 1 à 3 GW. Mais on ne peut pas les inclure dans le disponible car ils sont aléatoires ! (Le solaire également au moins en France). Nous sommes donc à un total (optimiste) de 68 GW.

Or la puissance appelée à la pointe cette semaine devrait atteindre 71,3 GW dès le mercredi 17 novembre 2021

Nous vous passerons les détails pour surmonter cette première pointe mais c’est assez sportif et l’on a du mal à comprendre pourquoi il faudrait fermer des centrales. Ceux qui pensent passer les hivers à venir en augmentant la puissance éolienne devraient un peu méditer sur la situation actuelle. Nous savons ouvrir les robinets de vapeur, d’eau et de gaz, mais nous ne savons pas ouvrir le robinet de vent !
Autre indicateur intéressant : le bilan électrique import export de la France : tableau de synthèse réalisé par le soin de spécialistes dévoués car RTE ne les communiquent plus directement : en positif l’export l’emporte, en négatif l’import.

Bilan électrique import export de la France du 5 au 11 novembre 2021
Vendredi 5 +9,772 GWh
Samedi 6 -9,020 GWh
Dimanche 7 +10,405 GWh
Lundi 8 -2,160 GWh
Mardi 9 -44,695 GWh
Mercredi 10 -26,820 GWh
jeudi 11 +56,039 GWh

Sur cette courte période, nous sommes importateurs ( !) d’ énergie mais nos bilans annuels (ci-dessous) sont en général positifs.

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A noter toutefois que frisant les 100 TWh en 2014-15 le solde est maintenant en dessous de 50 et baisse depuis 3 ans. (Comparé à une consommation totale annuelle de 470 TWh). Tout ceci pour faire de la place aux éoliennes allemandes lesquelles sont compensées par ailleurs par de la lignite ! D’aucuns diront que cela ne fait « que » 2 milliards d’€ de positif dans la balance commerciale. Il nous semble que c’est loin d’être négligeable et que même, ce pourrait être beaucoup plus, la France étant un des pays d’Europe qui a l’expérience, les réseaux, l’espace, voire les côtes susceptibles d’accueillir des centrales. Il paraîtrait curieux, qu’à la recherche d’emplois et d’exportations, tentant désespérément de limiter nos émissions de CO2, nous n’envisagions pas de développer cette production (partiellement captive car l’électricité se transporte par des fils et se perd dans la distance) comme un atout de notre pays à l’égal d’Airbus, du Cognac ou de L’Oréal.

Notre situation est assez bien résumée ci-dessous : Le Directeur de la DGEC se faisant expliquer les capacités de l’industrie nucléaire d’après Georges de la Tour. Remarquez la main de Mme Pompili accompagnée de Mme Merkel !

La Diseuse de bonne aventure

JPEG - 230.9 ko

Peinture à l’huile de Georges de La Tour.

Metropolitan Museum of Art, New York

Sources : Rapports RTE PNC avec la compétence amicale de Jean FLUCHERE.

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Vos réactions à cet article (2)

Le diable est dans la mise en œuvre

le 18 novembre, 17:45 par CANEPARO

Oui il nous faut certainement augmenter nos capacités dans le nucléaire. En tout cas tant que le stockage massif d’électricité renouvelable et intermittent n’existe pas. Cependant le jour où je lis cet article il y a une grève à Cordemais. Et oui le diable est présent dans l’exploitation, le transport et la vente d’électricité. Il a un nom le syndicalisme extrémiste. Supposons que les problèmes d’EDF pour les études et la construction aient disparus. Alors il faudrait confier le monopole d’exploitation et de la distribution de l’électricité à la CGT ? Peut-être faudrait-il nationaliser EDF et exiger l’interdiction de syndicats ou de grèves comme dans nos armées. Il peut y avoir aussi une privatisation du réseau de transport et de distribution comme la mise en vente de EDF EN.

Mais il y a aussi les problèmes de construction. 10 ans de retard par rapport au planning pour l’EPR de Flamanville toujours pas en fonctionnement. 13 ans de retard pour l’EPR de Finlande et toujours pas de fonctionnement. Nous avons appris dernièrement qu’au moins un des deux EPR chinois est à l’arrêt. Le Planning des travaux des EPR anglais qui viennent de démarrer est décalé. ENGIE TRACTEBEL est aussi un un exploitant et EPC du nucléaire. pourquoi ne pas l’impliquer en France ? Oui au nucléaire mais sans faire l’impasse d’une réflexion de fonds sans tabou et sans à priori sur le tout nucléaire et sur l’influence de la CGT dans le monopole EDF.
Enfin des innovations vont arriver sur le stockage massif de l’électricité permettant un mix nucléaire et énergies renouvelables. D’autres innovations arrivent sur le captage et la transformation du CO2 en matière première utilisable. Ces dernières permettront de retarder ou d’abandonner le basculement des transports vers le tout électrique. Agissons sans nous précipiter des innovations arrivent.

Crise de l’énergie : Passerons-nous l’hiver ?

le 22 novembre, 18:54 par DF

1. Il ne faut pas s’endormir sur l’impression que la partie est gagnée suite aux récentes annonces du Président .Il faut reprendre le problème à a base c’est-à-dire remettre en cause la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie) à partir de laquelle RTE a élaboré ses différents scénarios . En particulier la consommation à l’horizon 2050 est sous estimée du dire même de l’Académie des Sciences
2. Sur ces nouvelles bases , lancer la prolongation de vie des centrales existantes jusqu’à 60 ans , et étudier la possibilité d’aller jusqu’à 80 ans .
3. Lancer la construction de 6 EPR et se battre sérieusement à Bruxelles sur la taxonomie ( financement du nucléaire au même taux que les ENR)
4 Relancer les études sur la filière surrégénérateurs (programme Astrid qui vient d’être interrompu)
5.Donner le feu vert au projet CIGEO ( stockage des déchets à BURE)
6 Lancer les études sur les miniréacteurs ( ces centrales n’ont pas beaucoup d’intérêt pour le parc national , peut être un marché à l’export)
7 Maintenant pour faire la nique aux Verts , étudier le redémarrage de Fessenheim .
DF

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