La Démographie des Entreprises portée par des chefs d’entreprise

IRDEME EPLF


Création d’entreprises : tartufferie d’État

Des chiffres erronés de création d’entreprises nous éloignent de la solution principale au chômage de masse : créer des entreprises à potentiel et les faire grossir.

Non, nous ne sommes pas, en France, champions dans la création d’entreprises. Comme dans beaucoup d’autres domaines, le talent de la « classe parlante », le bagout des « diseux » opposés aux « faiseux »[1], impose une contrevérité.

Rejoignez Entrepreneurs pour la France :
Recevez notre lettre
Yves Buchsenschutz Soutenez l'IRDEME
et la Recherche

Tous ceux qui ont participé peu ou prou dans les gouvernements précédents à la création des autoentrepreneurs se targuent de leur grand nombre. Mais ils additionnent leur chiffre avec celui des entreprises classiques. Ils ne veulent pas voir que 96% des créations d’« entreprises » ainsi recensées (chiffres 2015) ne s’accompagnent d’aucune embauche de salarié[2]. Comme on le voit sur le graphique ci-dessous, c’est le cas depuis un certain nombre d’années.

Évolution des créations d’entreprises en France selon le nombre de salariés (2001-2011)

Évolution des créations d'entreprises en France selon le nombre de salariés (2001-2011)

Un abîme nous sépare ainsi de nos voisins allemands ou britanniques, chez qui les entreprises nouvelles génèrent entre 150.000 et 600.000 emplois salariés par an depuis plus d’une décennie, alors que chez nous c’est seulement de l’ordre de 80.000 emplois qu’elles créent chaque année.
Depuis 20 ans, c’est donc au moins 2 millions d’emplois nouveaux qui nous ont échappés par pénurie d’entreprises nouvelles.

Négliger cette vérité « qu’on ne saurait voir » est d’autant plus dommageable que les diseux – y compris la plupart des candidats à la Primaire en cours - détournent eux aussi le regard de ce qui devrait être prioritaire dans la lutte contre le chômage : il y a en effet une forte corrélation entre le dynamisme de l’emploi marchand dans un pays et la création d’emplois par les entreprises nouvelles (cf. étude IRDEME 2015).

Certes, d’autres facteurs, politiques, macroéconomiques, administratifs ou fiscaux sont des entraves importantes. Mais en France les discours portent plus sur ces freins que sur l’insuffisance de la création d’entreprises employeuses. Dans les programmes électoraux des candidats à la Primaire, figurent au premier rang des mesures destinées à réduire l’écart avec nos concurrents européens en matière d’environnement macroéconomique. Mais cela ne suffira pas à créer les dizaines de milliers d’entreprises de croissance qui nous manquent.

Au lieu de nous concentrer sur les freins, il faut en effet débrider le moteur. Créer son entreprise est devenu une perspective attrayante pour beaucoup de Français qui en ont l’énergie et les talents, mais ce sont les fonds propres qui font défaut. En 2014, même en excluant les autoentrepreneurs, les deux tiers des entreprises françaises se sont créées avec moins de 16.000 euros de capital. Moins de 13% se sont créées avec un investissement initial supérieur à 80.000 euros[3]. Sachant qu’il faut de l’ordre de 20.000 euros de capital en moyenne pour créer un emploi salarié, il n’est pas étonnant que la création d’emplois par les entreprises nouvelles soit atone.

Il faut donc se tourner vers la solution prioritaire : susciter des « business angels », à un stade où les entreprises sont encore trop petites pour intéresser le capital-risque. Beaucoup d’entrepreneurs en activité, ou retirés, sont en effet prêts à épauler les jeunes financièrement tout en leur apportant leurs relations et leur expérience. Un tel partenariat est bien plus efficace que n’importe quelle subvention. C’est cette armée de réserve en faveur de l’emploi qu’il faut mettre en marche. Mais avec l’ISF, l’impôt sur les plus-values et des « incitations », en réalité aussi coûteuses qu’inadaptées, le système fiscal décourage de se lancer dans des investissements à risque.

S’il faut investir massivement dans des jeunes entreprises pour réduire le chômage en France, le gouvernement se doit donc de créer les conditions pour que des business angels accroissent considérablement leur soutien aux start-up.

Continuer la lecture :

Profil des dirigeants de PME en France

Profil des dirigeants de PME en France

Bernard Biedermann,
Et toujours le nanisme des entreprises françaises !

Et toujours le nanisme des entreprises françaises !

Bertrand Nouel,

Réindustrialiser la France :

Réindustrialiser la France :

posons le problème

Bernard Biedermann,
Réindustrialiser la France : une tâche herculéenne !

Réindustrialiser la France : une tâche herculéenne !

Claude Sicard,

La France plombée par le déclin de son industrie

La France plombée par le déclin de son industrie

Claude Sicard,

Comment une mauvaise lecture de Jean Fourastié a conduit à l’erreur de la désindustrialisation

Claude Sicard,


Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Messages (3)

La taxe sur les plus values le plus gros des freins à l'emploi

le 20 octobre 2016, 12:11 par HUBIN

il n'y a que cela à faire mais il faut s'attaquer trés fermement aux impots et cotisations sur les plus values et les supprimer pour tout investissemnt dans une entreprise non cotée en les ramenant pour les autres , à un maximum de 25/30% (csg inclus) en prévoyant zéro au delà d'une détention de 2 ans .

La vérité ne viendra jamais de l'INSEE

le 22 octobre 2016, 14:26 par Charles Garnier

La France est le seul pays de l'OCDE a avoir son organisation de statistiques qui est dépendante des pouvoirs publics...donc toutes les informations données sont là pour servir les mensonges de l'Etat.
Ce n'est d'ailleurs pas par hasard, si nous sommes aussi le seul pays à interdire les statistiques ethniques, mais chut, pas d'amalgames.
Charles Garnier

Mensonge d'Etat

le 24 octobre 2016, 10:31 par Charles Garnier

Nous sommes le seul pays ou les services des statistiques dépendent directement des pouvoirs publics.
Le mensonge d'Etat a encore frappé !
Nous sommes aussi les seuls à interdire les statistiques ethniques, mais chut, pas d'amalgame.


 css js

FERMER

Inscrivez-vous à notre lettre (gratuite)
et accédez à des contenus exclusifs :

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies