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Confinement, ce n’est pas le conseil scientifique qui décide !

Une interview récente de M. Delfraissy, président du conseil scientifique, sur la durée du confinement, nécessite que l’on remette les choses au point. Cette personne déclare que 18 millions de personnes à risque « devront rester confinées » en tout état de cause après le 11 mai, et ce pour un temps indéterminé, « en attendant peut-être un médicament préventif ». Assez étourdiment, et en piétinant d’autres plates-bandes que les siennes, Marlène Schiappa indique que la sortie du confinement se fera « sur la base des recommandations du conseil scientifique ».

Halte-là ! M. Delfraissy paraît oublier que le conseil scientifique, comme son nom l’indique, ne constitue pas une autorité. Il « recommande ». Mais son point de vue n’est en fait que celui du corps médical. Ses onze membres, dont le président, sont médecins, à l’exception de deux sociologues qui n’ont manifestement qu’un rôle accessoire d’observateur et ne s’expriment pas dans les médias contrairement aux autres membres. Or les médecins ne parviennent pas dans cette affaire à faire le départ entre, d’une part leur mission professionnelle et les revendications légitimes concernant les moyens d’exercice à l’hôpital, et d’autre part les décisions politiques qu’il est souhaitable de prendre en fonction des divers intérêts collectifs que le gouvernement a pour mission d’arbitrer.

Un médecin (anglo-saxon) a ainsi déclaré qu’un confinement strict serait nécessaire pendant 18 mois à deux années pour l’ensemble de la population ! On n’en est pas très loin ici pour les 18 millions de Français visés par M. Delfraissy. Le gouvernement ne saurait se contenter de prendre ses décisions avec les œillères des médecins. Il doit tenir compte de la société dans son entier et de ses exigences de vie, y compris économiques ; même du point de vue des individus, il doit prendre en considération le fait qu’un confinement long serait proprement invivable, particulièrement pour la partie la plus pauvre de la population. Le confinement des personnes âgées que M. Delfraissy tente d’imposer ne tient pas compte des considérations humaines qui font que nombre de ces dernières préfèreraient de laisser mourir plutôt que de rester isolées de leur famille un temps interminable. Il est étonnant qu’un médecin paraisse oublier cette considération, alors que le serment d’Hippocrate dispose que « Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux ».

Selon un sociologue, « le confinement finira par faire plus de victimes que le virus ». D’autant plus chez les 18 millions de personnes visées, atteintes par l’âge ou d’autres affections -parmi lesquelles beaucoup d’ALD – dont le risque est en réalité de ne pouvoir soigner, ou d’être fortement incitées à ne pas le faire, les autres affections qui sont bien réelles et potentiellement mortelles en comparaison d’une hypothétique attaque du virus.

Le conseil scientifique n’exprime que son point de vue, qui n’est qu’une considération parmi celles, très nombreuses, que le gouvernement doit prendre en compte dans l’arbitrage qu’il est amené à rendre. Et là, il est nécessaire que les vivants passent avant les morts. Entre les intérêts vitaux de six milliards d’individus et le risque que la pandémie arrache (un peu) prématurément la vie de quelques centaines de mille, le choix est tout fait. Quitte à ce que les victimes n’aient pas pu recevoir les soins que le corps médical aurait idéalement voulu leur prodiguer. Sortons du confinement, et vite !

Dernière minute : Le Président vient de remettre le conseil scientifique à sa place en déclarant qu’il s’en tiendrait à faire appel à la « responsabilité individuelle » de chacun après le 11 mai sans établir de discrimination, notamment pour les personnes âgées. C’est la bonne décision. Il revient en effet à chacun de déterminer sa conduite en fonction des risques qu’il estime devoir prendre, et qui ne sont d’ailleurs pas limitées en l’occurrence à une question d’âge. On peut seulement ajouter qu’une telle discrimination aurait probablement été contraire à la Constitution car ne s’imposant pas au regard des intérêts supérieurs de la Nation – et qu’elle aurait aussi été ingérable par les autorités policières ( sauf à instituer un nouveau délit de faciès !).

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Messages (3)

Président de sas

le 18 avril 2020, 12:10 par Sacha Genot

Je partage cet avis. Ces restrictions vont beaucoup plus de dégât dans la vie des gens. Sans parler des conséquences économiques

Responsabilité individuelle

le 18 avril 2020, 13:13 par J. Peter

Il s’agit en effet de faire appel à la responsabilité individuelle et non d’exclure telle ou telle catégorie de personnes sur des critères non médicaux comme l’âge.

fin du confinement aussi pour les personnes agées.

le 18 avril 2020, 18:21 par Jacques de Naurois

Enfin la sagesse l’emporte. Et ne gachons pas notre plaisir pour une fois que l’Etat prend une décision fondée sur la confiance dans la reaction des citoyens et non sur les moyens coercitifs habituels


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