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Comment l’emploi privé nous sauvera du chômage


jeudi 19 avril 2018

A population équivalente, la France accuse un retard de 5 à 8 millions d’emplois privés par rapport à ses principaux compétiteurs occidentaux. Seul le rattrapage de ce retard permettra à la France de résorber son chômage et restaurer sa compétitivité.

Les emplois privés, ou plus précisément les emplois marchands sont à l’origine de la prospérité d’un pays ; ce sont les emplois privés augmentés des emplois dans les entreprises publiques concurrentielles, les emplois qui se financent eux-mêmes par leur activité économique qu’ils vendent à des consommateurs libres de leur choix.

Au contraire les emplois publics sont financés par les impôts, taxes et cotisations sociales, les « prélèvements obligatoires ». Ainsi les emplois publics sont principalement financés, directement ou indirectement, par des prélèvements sur la richesse produite et vendue par les emplois marchands. Quand il y a trop peu d’emplois marchands, ils supportent une charge de prélèvement plus importante qui freine l’embauche et pousse aux délocalisations

Pour les hommes politiques et la presse, la situation de l’emploi se résume souvent au taux de chômage et au nombre de chômeurs. Mais pour une juste appréciation, il faut regarder le nombre d’emplois marchands et la France a un retard considérable en emplois marchands.

Dans les 6 premières économies mondiales, on trouve 4 pays occidentaux comparables. Dans ce match France / Royaume-Uni / Allemagne / Etats-Unis, en ramenant le nombre d’emplois marchands à population équivalente par une règle de trois, on constate que, la France avait en 2014 seulement 20 millions d’emplois marchands, contre 25 millions au Royaume-Uni et aux Etats- Unis et 28 millions en Allemagne.

Ce retard de 5 à 8 millions d’emplois marchands par rapport à nos principaux compétiteurs, c’est autant de producteurs de richesse en moins pour faire vivre le pays et financer la dépense publique. Les autres pays sont dans une meilleure situation économique que nous non seulement parce que la dépense publique y est en général plus faible mais surtout parce que les travailleurs producteurs de richesse taxable y sont beaucoup plus nombreux.

Si nous avions 5 millions d’emplois marchands en plus, même si l’on ne faisait que résorber les déficits publics sans réduire les dépenses, le niveau de prélèvement moyen sur les emplois marchands pour financer la charge publique devrait diminuer d’environ 20% ; cela entraînerait une meilleure compétitivité.

Présidences de gauche et présidences de droite

Notre retard en emplois marchands date d’avant… 1990. C’est sous François Mitterrand que la France a pris un retard énorme, qui n’a jamais été rattrapé par la suite. De 1995 à 2007, sous Chirac, la France a ensuite connu un rythme de croissance comparable aux trois autres pays, puis une évolution également comparable dans les années Sarkozy pendant la crise. Dans les dernières années (sous Hollande) elle ne bénéficie cependant pas de la reprise que connaissent les autres pays au sortir de la crise de 2008.

Aujourd’hui, selon les dernières statistiques disponibles, le retard aurait encore augmenté, l’Allemagne atteignant 29 millions d’emplois marchands tandis que la France dépasse à peine les 20 millions ; ces chiffres sont issus de statistiques européennes et ne sont pas calculés exactement sur les mêmes bases, les emplois marchands étant soit l’emploi total moins les fonctions publiques soit l’emploi privé plus les emplois publics des entreprises dont les ventes représentent au moins la moitié du prix de revient, mais la différence entre les méthodes n’est pas significative par rapport à 5 à 8 millions d’emplois marchands manquant.

Comment expliquer un tel décalage ?

Depuis plus de trente ans, le quart des emplois créés en France sont des fonctionnaires supplémentaires. Depuis 1980, ce sont un million d’emplois qui se sont créés dans le public, alourdissant de plus en plus la charge des prélèvements pour les emplois marchands. La différence entre la France et l’Allemagne serait-elle la force de l’industrie allemande comparée à la force de l’administration en France ?

La France crée beaucoup d’entreprises mais très peu d’entre elles sont des entreprises employeuses ; pour comprendre, il faut étudier les entreprises créatrices d’emplois.



 
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