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Chômage français ? Manque de « gazelles », laxisme de Bercy.


jeudi 5 avril 2012, par Bernard Zimmern

L’IRDEME propose une explication du chômage français fondée sur 10 ans de recherches et une centaine d’études dont une vingtaine répertoriées sur ce site. Nous créons 200.000 emplois de moins par an, que nous ne devrions, faute de créer des "gazelles". Défaillance d’une administration fiscale, Bercy, qui ne comprend pas l’entreprise et n’a pas voulu copier ce qui marche à l’étranger.

Chômage français ? Manque de « gazelles », laxisme de Bercy.

L’explication du chômage français est simple :

L’INSEE nous cache que depuis plus d’une dizaine d’années nous créons 200.000 emplois marchands de moins par an que les Allemands ou les Anglais.

Nous avons ainsi accumulé un retard de l’emploi marchand de 5 à 7 millions qui est la cause principale des charges insupportables infligées aux entreprises qui survivent, de nos coûts horaires trop élevés, du déficit budgétaire.

En divisant par deux l’autofinancement de nos entreprises, cela nous entraîne dans un cercle vicieux de destructions d’emplois, à la grecque.

C’est que les emplois sont créés pour l’essentiel par un très petit nombre d’entreprises (entre 3 et 6% des entreprises nouvellement créées) appelées « gazelles » se développant autour d’un projet de produit ou de service ; leur rareté en France est telle que nous avons, à populations égales, 5 fois moins d’emplois créés par nos gazelles que les Américains et 2 à 3 fois moins que les Allemands ou les Britanniques parce que nos gouvernants depuis 30 ans ont encouragé le développement des petits boulots, l’intervention d’organismes d’État inefficaces comme Oséo Innovation , ex-ANVAR ou CDC Entreprises, pas celui des gazelles qui ne peuvent être financées, comme les Allemands, que par des banques locales que nous n’avons plus ou, comme les Anglo-Saxons, par des Business Angels indépendants

Nous avons un trou de financement compris entre 2 et 4 milliards par an par ces BA indépendants. Il nous faudrait un dispositif comme l’EIS mis en place par les Britanniques avec succès, une législation fiscale incitant les 40.000 foyers qui le peuvent à investir plus de 100.000 euros par an dans des gazelles, l’État assumant la moitié du risque. Un manque d’autant plus stupide que les recettes fiscales engendrées par les gazelles supplémentaires font retour dans les caisses du Trésor avant d’en être sorties.

Pour créer massivement des gazelles et des emplois, il faut que l’investissement dans la création d’entreprises devienne la proposition la plus avantageuse de notre code fiscal et pour cela, comme les Anglais, porter la déduction fiscale de l’Avantage Madelin/Forissier à 30% de l’investissement avec un plafond d’investissement annuel à 2 millions d’euros pour un ménage, la suppression de l’impôt sur les plus-values après 3 ans de détention. Mais pour éviter les montages fiscaux et s’assurer que l’argent va bien dans des entreprises à risque, il faut que Bercy fasse comme le Trésor britannique et approuve les bénéficiaires de l’avantage fiscal par un rescrit… délivré en moins d’un mois.

Sans une révolution fiscale audacieuse, nous continuerons de traîner notre chômage comme nous le faisons depuis 35 ans.

Les fausses pistes :

Croire que le capital-risque finance les créations de gazelles ;

Croire que l’État (Oséo ou CDC-Entreprises) peut se substituer aux BA indépendants : l’État n’a ni le volume nécessaire ni l’efficacité minimum.



 
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