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Business angels : le match France- États-Unis

A l’inverse de l’Allemagne, la concentration bancaire en France, entrainant la disparition des banques locales et donc leur autonomie et proximité avec les entrepreneurs, a rendu le financement des startups de plus en plus difficile. Dans ce contexte, le recours à un financement en capital sur un modèle anglo-saxon apparait comme la seule planche de salut. La comparaison avec les États-Unis montre cependant que nous sommes loin d’avoir rattrapé notre retard.

Si un entrepreneur ne peut compter sur les banques, il peut d’abord avoir recours à ce qu’on appelle la love money, ou autrement dit les FFF : Family Friends and Fools[1]. Ce premier cercle est en général capable de fournir jusqu’à 100 000 ou 200 000 euros, mais rarement plus. C’est pourquoi si l’entreprise à un potentiel de croissance, des relais de financement apparaissent indispensables. Mais ces relais ne seront pas des capitaux risqueurs[2] : on constate en effet qu’ils financent rarement une entreprise pour moins de 1 ou 2 millions d’euros de besoin en financement.

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S’il subsistait un doute, les statistiques d’Eurostat le démontrent : non seulement la France est plutôt mal positionnées par rapport aux pays les plus développés d’Europe en termes de capital risque mais en plus l’investissement en phase d’amorçage qu’il réalise est toujours particulièrement faible. On voit sur le graphique ci-dessous que le capital risque en France investit en moyenne 0,02% du PIB en phase préliminaire, contre 0,06% pour le Royaume-Uni ou 0,04% pour les États-Unis. Par ailleurs, quelque soit le pays, l’amorçage représente toujours moins de 20% des montants investis par le capital risque.

Investissement en phase d’amorçage et de développement

Investissement en phase d'amorçage et de développement

moyenne (2002-2009), en % du PIB

Source : Eurostat, graphique tiré de la note d’analyse du CAS n°237 : Business angels et capital-risque en France : les enjeux fiscaux.

L’existence d’un maillon intermédiaire pour prendre le relai de la love money est donc indispensable : ce relai fort connu aux États-Unis est celui des business angels : ce sont des personnes physiques qui investissent directement une part de leur patrimoine dans des entreprises. Ils apportent également leur expérience et leur réseau pour booster la croissance de l’entreprise. Ils apportent ce que certains appellent les CCC : capital, contacts, compétences. On sait de manière assez fiable que le total des montants investis aux États-Unis par les business angels est de l’ordre de 25 milliards de dollars par an.

Qu’en est-il pour la France ?

Notre administration ayant organisé le monopole de la production statistiques et ne connaissant manifestement pas le fonctionnement du phénomène de création d’emplois, elle ne s’intéresse nullement à ces chiffres. On sait cependant que les business angels en France dans les réseaux investissent environ 40 millions d’euros par an[3]. On sait par ailleurs qu’au Royaume-Uni, les montants investis par les business angels de réseau représentent environ 15% du montant total investi par l’ensemble des business angels[4]. Si la répartition est similaire en France et au Royaume-Uni, ce serait donc de l’ordre de seulement 300 millions d’euros investis chaque année par les business angels en France. De toute évidence, les business angels français se situent en dessous du milliard d’euros investi annuellement.

Par comparaison avec les États-Unis, et étant donné qu’ils sont cinq fois plus nombreux que nous, les business angels français investissent entre cinq et quinze fois moins que les business angels américains. Pourtant, apparemment ce ne sont pas les business angels potentiels qui manquent en France : d’après une étude du Centre d’Analyse Stratégique de 2011[5], ce sont en effet 350 000 individus qui ont la surface financière nécessaire pour investir au moins 100 000 euros dans une startup. Mais la fiscalité française, en taxant massivement les plus-values mêmes pour des investissements très risqués dans des startups créatrices d’emplois, encourage plutôt à investir dans l’immobilier, les œuvres d’art ou l’assurance vie.

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