Entreprises et Emplois marchands : Visions d’Entrepreneurs

par

Au service du public
Du bon sens dans l’administration !

Photo prise il y a quelques jours devant le palais de justice à côté de la Sainte-Chapelle à Paris. Vous remarquerez bien entendu le slogan que nous avons plusieurs fois évoqué et réclamé de la part de ceux qui s’(auto)nomment usuellement « services publics ». Vous remarquerez également les couleurs tricolores ainsi que le sigle de Marianne en haut à droite. Se passerait-il quelque chose dans l’administration française ? Et si oui, quoi ?

Un examen un peu agrandi de la photo ou plus précis permet de lire «  La caserne de la cité  ». Renseignements pris il s’agit en fait de l’actuelle préfecture de police qui fut à l’origine une caserne de pompiers installée à l’époque du baron Haussmann, face à Notre-Dame, en cours de rénovation.
À ce propos je voudrais vous renvoyer à un article qui traitait déjà de ce sujet il y a presque deux ans publié à l’occasion du départ du président-directeur général de Danone à l’époque, sur fond de débat sur le sens dans l’entreprise mais aussi pour l’ensemble des citoyens confrontés parfois à un travail qui ne les intéresse pas.
S’il fallait une preuve de l’importance du sens, lequel conditionne en général et assez largement la motivation des parties prenantes à une aventure quelle qu’elle soit, nous en avons aujourd’hui une preuve vivante chaque jour sous les yeux en Ukraine : lorsque cette guerre a éclaté en début d’année personne n’aurait parié ne serait-ce qu’un euro ou un rouble sur la situation à date : un pays considéré comme la deuxième puissance militaire mondiale est tenu en échec jour après jour par un peuple qui a choisi, après des siècles de brimades diverses mais répétées de se séparer de ce qui est quelque part son cousin, ou à tout le moins un membre de sa famille proche. (On ne compte pas les familles mixtes russo-ukrainiennes et l’on peut se demander raisonnablement comment se dérouleront dans le futur les retrouvailles ?). Tout militait pour une victoire rapide, écrasante, de la Russie. Or à ce jour, même si rien n’est gagné définitivement, ce sont les ukrainiens qui ont repris Kherson ! Le seul levier qui a permis ce retournement c’est le sens. Les ukrainiens globalement savent pourquoi ils se battent, les Russes n’en ressentent apparemment pas un besoin aussi évident. Bien entendu, l’OTAN aide et a aidé mais il semble bien que ce soit la volonté pour une fois exprimée de ce peuple qui a contrebalancé la taille de son adversaire, sa puissance, le déséquilibre des situations (l’Ukraine est devenue un champ de manœuvre mais une ligne rouge interdit d’aller jouer dans le camp adverse … l’obéissance dictatoriale, la menace nucléaire …) C’est dire la force de ce sentiment qui à un moment ou un autre déclenche l’action et la participation de tout un chacun.
Encore faut-il que ce sens soit correctement formulé et « acheté » quelque part par la ou une partie majoritaire des personnes concernées. Ceci est vrai dans une entreprise, ceci est vrai pour un peuple, ceci est également vrai ou en tout cas devrait l’être face à une administration publique, financée par l’impôt, c’est-à-dire une part toujours non négligeable[1] du revenu de base obtenu par chaque individu en échange de son travail.
J’indiquais dans l’article en référence que si une entreprise souhaite réussir elle doit connaître et assurer sa fonction économique et sociale ; en résumé quel morceau du puzzle économique et social est-elle ? Si elle l’a clairement identifié et si elle l’assure correctement alors ses salariés doivent facilement en comprendre le sens, savoir quel est leur rôle dans la société : à eux la responsabilité de trouver et atteindre l’endroit où ils voudront servir et il n’y a pas de sot métier. La récompense pour l’entreprise ce sera le profit, pour les salariés le salaire amélioré si possible par l’intéressement et/ou la participation, partage de ce même bénéfice.

Il devrait en être de même pour l’administration

Il est certes très noble de se choisir un morceau de puzzle que l’on va qualifier « d’intérêt général ». Mais j’ai personnellement du mal à classer dans l’échelle subtile de l’intérêt général la justice face au football ou le camembert face à l’électricité ou l’armée. Chaque pièce du puzzle doit être évaluée mais il y en a peu de réellement inutiles à partir du moment où la collectivité en a la nécessité ou le désir. Sur ce sujet d’ailleurs je suis plutôt partisan de l’école anglo-saxonne : quand on creuse un peu, l’intérêt général se résume assez souvent à la somme d’intérêts particuliers. Encore faut-il qu’une fois confiée telle tâche à l’état ou à l’un de ses pseudopodes, cette fonction déléguée soit gérée dans une direction intelligente et compréhensible et au profit d’abord de ses consommateurs, abusivement appelés « administrés »[2], et non au profit exclusif des administrateurs, en fait les membres du service public.
C’est pourquoi j’avais réclamé urbi et orbi la disparition du « service public » devenu bien souvent repaire de privilèges au profit du terme « service AU public ». Je suis immensément heureux de constater qu’une administration (et quelle administration ! La Préfecture de Police ?) aurait adopté ce slogan «  au service du public  » même en en modifiant quelque peu la formulation. Il se sentira au moins désormais obligé de répondre aux questions, souvent oiseuses peut-être - mais ce sont celles des administrés – des administrés, voire de répondre à leurs préoccupations. Puis-je me permettre de suggérer au premier ministre, Madame Borne et à son ministre de la Fonction Publique, la généralisation de cette formulation qui serait peut-être un premier pas vers la réconciliation des Français avec leurs administrations par la recréation de son sens originel. Au passage les fonctionnaires, mais aussi les jeunes trouveraient peut-être progressivement un sens à leur travail, ce qui est déjà heureusement le cas d’un certain nombre d’entre eux, mais changerait l’optique de la neutralisation des musées une demi-heure avant leur fermeture officielle afin d’avoir déjà son manteau sur le dos à l’heure fatidique, ce qui n’est certes pas un objectif exaltant et ne passionne pas non plus le visiteur, parfois venu de très loin.

PS. Diffusez cette photo (libre de droits) et possiblement cet article. Il y a peut-être un combat à gagner. Avez-vous par exemple essayé de téléphoner au service public des impôts pour savoir pourquoi votre taxe foncière a augmenté de 20 % ou pourquoi l’on rectifie pour la troisième fois votre IRPP dans un régime de prélèvement à la source, sans bien sûr aucune explication. Le répondeur automatique vous répondra …

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Vos réactions à cet article (4) :

Du service public au "au service du public"

le 24 novembre, 11:22 par Francois Lainée

Un article bien vu, mais sans doute un voeu pieu
Pour frapper les esprits je qualifie souvent de sevice public les procédures tatillonnes, rigides et lourdes qu’impose l’administration, lorsque le citoyen veut exercer quelque deoir que ce soit.
Autant que la mentalité, c’est les niveaux de service minimum (délais) et la loi qu’il faut changer pour réduire les droits et protection exorbitants des administrations lorsqu’elles font défaut par accident, désorganisation, ou volonté premeditee

Au service du public

le 24 novembre, 11:45 par Peyo

Evidemment, à force de supprimer des fonctionnaires, le service DU public est de moins en moins bien rendu. On ne vous fera pas l’injure de penser que vous confondez pouvoir politique et pouvoir administratif. Ce dernier, interface entre pouvoir politique et pouvoir commercial (les entreprises), est, spécificité française, théoriquement indépendant des deux autres, à la différence des "systèmes des dépouilles" à l’américaine. De moins en moins indépendant hélas du fait de pratiques diverses comme le "pantouflage" ou le poids des lobbies.

Au service du public politiquement du bon coté.

le 24 novembre, 15:31 par ge39

Qu’il est loin, le temps où l’on se moquait de la SNCF. Que l’on surnommait : Service National des Cons Fainéants.
Sans compter la grande famille de la Poste, qui sous son sigle de PTT, devenait pour ma génération, Petit Travail Tranquille.
Plus tard, on traduisit la CGT avec des lettres plus scandaleuses.
On entrait dans les PTT et la SNCF, avec un simple BEPC. Et je me souviens, qu’ils venaient dans nos collèges faire la promotion de leur "Service Publique".
Cinquante ans après, quand on voit ce qu’ils sont devenus, ma génération peut "pleurer" 2 fois.
Une première fois, parce que ceux qui n’ont pas voulu rentrer dans ces institutions, ont perdu le "pognon de dingue" lors de leur arrivée à la case "retraite". La plupart de ces fonctionnaires ou assimilés, a bénéficié du calcul amoral des pensions, basé pour le secteur privé sur leurs 25 meilleures années de salaires, et les autres sur leurs derniers 6 mois de rétribution de carrière administrative agrémentée, pour de nombreux d’entre eux, de grade supérieur avec prime de départ à la retraite.
Une deuxième fois, parce que le socialisme à la française a ruiné "ses" services public politiquement du bon côté "pécunier".
Et cerise sur le gâteau, pleurons une 3ème fois, quand on sait que l’Etat socialiste français, ponctionne dans les caisses de retraites du Privé, de quoi boucher les énormes déficits de la caisse de retraite de tous les "ponctionnaires".
Heureusement, tout va s’arrêter, le dieu dollar va se bruler les ailes, l’euro en fera de même, et l’Etat nounou français devra tailler dans ses effectifs et son train de vie de dingue, avant de sombrer comme la Méduse. Toutes les professions de bouches, se verront dans l’obligation de réclamer à leurs clients, des pièces d’or ou d’argent ou autres pierres précieuses. Quant aux entreprises privées, elles devront s’enlever de l’esprit leur RSE tandis que chaque capitale régionale s’autorisera à bruler tous les papiers et documents ayant servis dans le monopoly national à enrichir les joueurs du politiquement correct.
Et à la fin, venant de l’Est, les chinois viendront sur Paris récupérer les tonnes d’or de la BNF, que certain n’aura pas pu exfiltrer vers son paradis fiscal américain. Ainsi disparaitra le coq gaulois et sa basse-cour.

de l’autosatisfaction à l’autocélébration, de l’autoproclamation à l’autoglorification

le 25 novembre, 14:02 par zelectron

les ponx ne connaissent aucune mesure, aucune modestie, aucune humilité et de ce fait toisent leurs concitoyens avec une morgue qui se suffit à elle même.

ps j’ai 4 parents proches du "basique" au plus haut degré, qui font partie de cette clique et en famille confirment mes dires ci-dessus.

rappel : un fonctionnaire est intelligent, immensément instruit, modeste, serviable, travailleur, courageux, franc du collier, infatigable, loyal, respectueux, affable, opiniâtre à sa tâche harassante . . .


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