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Au revoir Madame Merkel

Dans quelques jours, Madame Merkel va prendre une retraite politique bien méritée après 16 ans de bons et loyaux services rendus à son pays, l’Allemagne. De toutes parts, ce ne sont qu’éloges et louanges, largement mérités et auxquels nous, Français, nous ne pouvons semble-t-il que nous joindre.
Madame Merkel a incarné le calme, la paix, la prospérité, la modestie, l’économie, l’équilibre, la diplomatie… toutes qualités qui nous manquent souvent à nous Français, disons, souvent plus entreprenants.
Il n’en reste pas moins qu’elle n’a pas traité, en tout cas pas résolu de manière satisfaisante, trois grands dossiers de long terme qui ont et auront des conséquences importantes et néfastes sur notre pays :

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Les énergies de demain : beaucoup d’explications mais des résultats exécrables

le premier dossier est clairement celui de l’énergie (et son corollaire le changement climatique) : Madame Merkel, probablement dans le cadre de son alliance politique avec les verts, a choisi l’abandon rapide du nucléaire « incitant » la France à la suivre, y compris en fermant la centrale de Fessenheim qui ne demandait rien à personne sauf à continuer de produire de l’électricité bon marché sans quasiment émettre de CO². Au stade d’aujourd’hui, l’Allemagne avec son mix solaire, éolien, lignite, gaz, émet deux fois plus de CO² par habitant que la France, vend à ses citoyens l’électricité deux fois plus cher et s’est lié les mains avec le gaz russe de manière encore plus intime depuis Nord Stream 2. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas commercer avec les Russes mais ce pays reste pour le moment, disons, dictatorial, et l’énergie n’est pas dans nos économies une consommation accessoire. Elle est quelque part le socle de tous nos systèmes économiques. À date qu’on le veuille ou non le nucléaire civil a fait infiniment moins de morts constatés que le charbon ou le pétrole et ne sera probablement pas plus polluant en termes de cycle de vie à terme que l’éolien ou le solaire. Tous les problèmes de déchets ne sont pas résolus, certes, mais ceux des pales ou des socles en béton des éoliennes non plus et la fabrication des panneaux solaires est loin d’être neutre. Notons tout de même au passage que la France qui avait un avantage net en matière de coût de l’électricité à cause de son choix nucléaire, va le perdre délibérément au moment précis où il devient indispensable et qu’elle va servir, à bas prix, de régulateur européen des énergies intermittentes subventionnées à tout va.

La faillite de la démographie allemande et les problèmes d’immigration

Concernant l’immigration, Madame Merkel, après un grand moment de solidarité qui a eu du mal à être digéré, est sur une ligne assez similaire à celle de la France. Nous sommes en face d’une néo-colonisation, à l’envers de la précédente et il s’agit de la gérer. L’Allemagne a trois atouts : une origine des immigrés assez largement d’Europe de l’Est ce qui rend leur intégration plus facile, des barrières mieux installées dès le départ et renforcées de facto par la difficulté de l’apprentissage de l’allemand. Mais le vrai problème ne se situe pas là : la pyramide des âges allemande est en train de s’écrouler car chaque femme dans ce pays ne donne plus naissance qu’à 1,5 enfant environ. La population allemande ne se renouvelle plus et peu de choses ont été faites pour y remédier. Contrairement à la France qui avait construit après 1945 une politique soutenant par de multiples biais (parts fiscales, allocations familiales, crèches, etc.) la natalité, l’Allemagne s’est semble-t-il contentée de constater la non-acceptation historique par la population de la simultanéité maternité et travail féminin. Comme le travail féminin s’est développé en Allemagne comme en France, les naissances ont tout simplement baissé. Une politique plus volontariste et globale autour de la famille aurait peut-être eu un meilleur effet qu’une simple compensation par l’immigration. À terme, si les tendances ne changent pas, la population française devrait rejoindre celle de l’Allemagne malgré un détricotage systématique par la France de sa politique familiale depuis la fin du XXème siècle, lequel produit déjà des effets sur la natalité hors immigration.[1]

Une politique de défense parapluie

On comprend aisément que non seulement l’Allemagne, mais encore ses anciens adversaires, à commencer par la France, ait freiné délibérément la reconstitution de ses forces militaires. Elle s’est donc mise délibérément à l’abri du parapluie américain et de l’OTAN, laissant à l’Angleterre et à la France le soin d’entretenir des forces militaires plus significatives et donnant, cumulés, un certain poids à l’Europe en cours de constitution. Malheureusement, le BREXIT, peu prévisible il est vrai, laisse la France seule comme puissance, et encore bien amoindrie, militaire en « Europe ». L’épisode récent du contrat des sous-marins australiens donne une indication claire de ce que nos alliés pensent de la puissance militaire de notre communauté. Elle n’existe pas, même comme alliée. Au demeurant, la France avait développé avec la Grande Bretagne, des coopérations spécifiques en ce domaine : va-t-elle les rediriger directement vers les États-Unis ce qui affaiblirait encore la crédibilité de l’union européenne en matière de défense ?

Vers une Europe Arlequin

L’union européenne commence à ressembler à un Arlequin curieux : une seule langue commune, l’anglais, qui n’est même plus celle d’un des pays membres à l’exception de l’Irlande ; un marché unique basé sur des accords et règlements commerciaux et juridiques de plus en plus souvent contournés par les pays (directive motocyclette par exemple pour la France, règles fiscales pour les Pays-Bas, l’Irlande ou le Luxembourg, déficit public extravagant pour la France et l’Italie au moins, respect des droits de l’homme minimum pour la Hongrie, voire la Pologne, une simple coordination militaire sans réelle capacité d’intervention …) la liste s’allonge dangereusement. L’Allemagne a tenté, sans réel succès, de faire la police dans l’économie et les finances de l’Europe mais a peut-être échoué dans sa responsabilité de fédérateur potentiel.
Alors que Madame Merkel a largement bénéficié, en son temps, du travail antérieur du chancelier Schröder et des lois Harz, elle quitte le pouvoir, sans successeur reconnu et avec de grands points d’interrogation ! La Communauté Européenne , si elle arrive à se maintenir, a du pain sur la planche.

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Vos réactions à cet article (1)

Merci Madame Merkel . . .

le 24 septembre, 14:49 par zelectron

. . . d’avoir annihilé l’excellence de votre travail multisectoriel qui n’est resté que "bon" de par l’appel d’air de migrants (plus d’un million) que vous avez décidé égoïstement toute seule sans consultation de vos partenaires européens

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