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1.000.000 emplois disparaissent naturellement chaque année


mercredi 14 novembre 2012, par Irina Kalmykova

700.000 emplois disparaissent chaque année dans des entreprises qui restent cependant actives et 300.000 dans les entreprises par cessation d’activité.

Chaque année, de nombreuses entreprises créent des emplois et de nombreuses autres en détruisent. Cela caractérise la fluidité du marché du travail au sens du processus schumpetérien de destruction créatrice. En France, 700.000 emplois disparaissent chaque année dans les entreprises qui restent actives et 300.000 dans les entreprises par cessation d’activité.

Destructions annuelles d’emplois
(En milliers) 1 à 9 salariés 10 salariés ou plus Total
Entreprises actives 228 489 717
Entreprises en cessation d’activité 218 48 266

Source : Picart, C. 2008, « Flux d’emploi et de main-d’œuvre en France : un réexamen », Economie et Statistique N° 412, P. 27-56 .

Faute d’un fichier longitudinal de suivi des entreprises, Picart (2008) [1] utilise dans son étude les Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS) qui permettent d’éliminer des flux fictifs d’emplois, correspondant par exemple à une vente de l’entreprise ou bien à l’externalisation de certaines activités. Cela nous donne un total de près de 1.000.000 d’emplois qui disparaissent chaque année en France.

Plusieurs études antérieures donnent des chiffres du même ordre de grandeur. D’après des données tirées du ficher fiscal des bénéfices réels normaux (BRN), Duhautois (2002) [2] estime à 900.000 les emplois détruits chaque année. Cahuc et Zylberberg (2004) [3] et Cahuc et Kramarz (2004) [4] parlent de 10.000 emplois détruits chaque jour (ce que nous paraît exagéré).

Dans ce contexte, le plan de suppression de 8.000 postes chez PSA Peugeot-Citroën ne représente que 0,8% des disparitions annuelles d’emplois. Cela est très douloureux pour ceux qui en sont les victimes, mais il s’agit d’un processus naturel de renouvellement du marché du travail, de la « destruction créatrice » comme l’a décrit Schumpeter. Ce serait moins douloureux si les licenciés retrouvaient du travail dans des entreprises en expansion. Les débats publics doivent donc s’orienter plutôt vers les créations d’emplois et vers les nouvelles entreprises que de maintenir à tout prix des entreprises périmées. Il nous faut adopter des politiques qui fassent que les créations d’emplois compensent largement les 1.000.000 de disparitions naturelles d’emplois par an et même qu’elles les excèdent le plus possible.

Notes

[1Picart, C., 2008, « Flux d’emploi et de main-d’œuvre en France : un réexamen », Economie et Statistique N° 412

[2Duhautois, R., 2002, « Les réallocations d’emploi en France sont-elles en phase avec le cycle ? », Economie et Statistique, N° 351

[3Cahuc, P. et Zylberberg, A., 2004, « Le chômage, fatalité ou nécessité ? », Flammarion

[4Cahuc, P. et Kramarz, F., 2004, « De la précarité à la mobilité : vers une Sécurité sociale professionnelle », La Documentation Française



 
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