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Manque d’ETI ou nanisme de nos entreprises ?


lundi 19 mars 2012, par Nadia Bensaci

Certains économistes ont prétendu que la France manquait d’ETI, les Entreprises de Taille Intermédiaire, de 250 à 5.000 salariés, qui ferait la force de l’Allemagne et de son Mittelstand. En fait, une comparaison par taille montre qu’au-delà de 10 salariés, pour toute classe de taille, la France a moitié moins d’entreprises que l’Allemagne ou le Royaume-Uni, et que le retard est particulièrement critique au-delà de 5.000 salariés.

10 février 2010

Nous manquons d’ETI, entreprises de taille intermédiaire.
Plusieurs études ont voulu expliquer la désindustrialisation croissante qui frappe la France, la faiblesse de l’innovation, et la dégradation du commerce extérieur par le manque d’ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) qui constitueraient une catégorie d’entreprises intermédiaire entre les PME et les grandes entreprises.

Les ETI ont été reconnues officiellement par les pouvoirs publics dans la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 (entreprises de 250 à 5 000 salariés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,5 milliard d’euros et dont le total de bilan n’excède pas 2 milliards d’euros), ouvrant ainsi la voie à une nouvelle politique destinée à favoriser leur croissance.

Par rapport aux PME, les ETI possèdent la « taille critique » qui leur permettrait à la fois de supporter le coût de l’innovation et aussi de conquérir des parts de marché à l’exportation, à l’image du Mittelstand allemand.

Les données chiffrées suivantes montrent que, d’une part, le manque d’ETI n’est pas le seul handicap industriel français, et d’autre part, qu’elles ont un impact limité sur l’emploi marchand.

Nombre d’entreprises par taille
Taille de l’entreprise (en terme de salariés) France Royaume-Uni Allemagne
20-250 82 910 71 398 105 456
250-5000 5 153 10 021 10 428
5000 et+ 202 626 367

Sources : « Etude Ernst & Young, Grandir en Europe : hasard ou état d’esprit ? », 2008 à partir de la base Amadeus

Avec 5 000 ETI, la France en compte deux fois moins que l’Allemagne et le Royaume-Uni. Mais, le décalage ne s’observe pas seulement sur cette classe de taille. La France est encore davantage distancée dans le domaine des très grandes entreprises (> 5 000 salariés), par l’Allemagne certes, mais aussi par le Royaume-Uni [1] dont la population et le PIB sont similaires à ceux de la France.
Cette différence structurelle a une incidence directe sur l’emploi dans les différents pays. D’après une première estimation, le handicap dans les grandes entreprises serait de 4 millions d’emplois marchands par rapport au Royaume-Uni.

Notes

[1L’écart est tellement énorme que l’IRDEME a été examiner les entreprises de plus de 5.000 salariés une par une



 

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