Pour visualiser l’impact de la structure industrielle sur l’emploi, on se réfère à l’approche de Birch. Chercheur du M.I.T. dans les années 70, David Birch suggérait de décrire l’industrie comme un nuage. La représentation qu’il proposait était de découper le parc d’entreprises en tranches suivant la taille des effectifs (ou des capitaux propres), les plus petites étant à la base et les grandes au sommet.
Le graphique ci-dessous matérialise les nuages de Birch pour la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne :
Bien qu’enregistrant le volume d’emploi total le plus faible par rapport au Royaume-Uni et l’Allemagne, la France est le pays qui compte le plus d’emplois dans les petites entreprises (< 50 salariés). En revanche, au-delà de cette taille, l’écart s’inverse et se creuse à mesure qu’augmente la taille des entreprises. La part de l’emploi dans les ETI en France est relativement faible, mais elle l’est également dans les très grandes entreprises (au-delà de 5.000 salariés). Ce résultat témoigne de la difficulté des entreprises françaises à grossir et atteindre la taille critique qui leur permettrait d’embaucher à grande échelle.
La question est maintenant de savoir pourquoi en France, les entreprises ne parviennent pas à se développer suffisamment. Il y a certes le poids des prélèvements obligatoires qui pèse sur leur autofinancement, mais il semblerait surtout que le manque de fonds à l’amorçage freine leur croissance potentielle et les cantonne souvent à rester sous un certain seuil.
Cette question sera discutée lors du prochain colloque de l’iFRAP : "Reconstruire notre économie", le 1er juin 2010 au Ministère de l’Economie et des Finances.